NutrEvent : Un rendez-vous européen

La 8a édition de NutrEvent, « le rendez-vous européen de l’innovation dans l’alimentation humaine et animale, la nutrition et la santé », a eu lieu les 4 et 5 octobre à la Cité des Congrès de Nantes (44). Plus de 50 exposants et 60 conférenciers internationaux ont présenté leurs innovations et leurs connaissances.

Table ronde sur le sujet « alimentation animale et microbiome ».

Pour sa 8e édition, NutrEvent s ’est tenu à la Cité des Congrès de Nantes (44) les 4 et 5 octobre. 550 personnes de 25 pays se sont réunies pour ce « rendez-vous européen de l’innovation dans l’alimentation humaine et animale, la nutrition et la santé ». Plus de 50 exposants et 60 conférenciers internationaux ont présenté leurs innovations et leurs connaissances ainsi que 15 projets sélectionnés pour pitcher. Lors de ces deux jours, deux sessions ont été dédiées à l’alimentation animale.

La première, « alimentation animale et microbiome » a permis à six scientifiques d’intervenir sur le sujet lors d’une table ronde. Soumya Kanti Kar, scientifique à Wageningen Livestock Research, questionne les professionnels sur le challenge des anticoccidiens. « L’été dernier, de nombreuses poules et de nombreux producteurs n’étaient pas préparés au choc des anticoccidiens. Le challenge a été de garder les animaux en assez bonne santé. Il est temps pour nous d’agir et de trouver des alternatives », commente Erik Eckhardt, directeur R&D chez Adare Biome. Anirikh Chakrabarti, scientifique en sciences de la nutrition chez Cargill, confirme ces propos : « d’un point de vue purement scientifique, il faut comprendre sur quel segment nous devons essayer de nous concentrer. Il y a énormément d’études qui ont été publiées sur les micro-organismes, leurs quantifications et comment ils contribuent à l’aspect santé. Il faut travailler sur les anticoccidiens, par exemple les solutions de prébiotiques ou probiotiques émergent sur le marché. On peut essayer de promouvoir la santé par le microbiome, de tuer le micro-organisme qui pose problème. Pour moi, il y a de nombreuses manières de remplacer les anticoccidiens et chaque entreprise a sa solution et il n’y a pas une solution meilleure qu’une autre ».

Le souhait de maintenir la santé intestinale par des ingrédients naturels, des coproduits ou sous-produits de la meilleure manière possible est un défi sur lequel travaille Valentin Nenov, responsable ruminants chez Phileo. Avec la hausse des coûts des matières premières et l’augmentation de la population mondiale, il faut trouver des alternatives de sources nutritionnelles non consommables par l’Homme (les sous-produits ou les aliments à haute teneur en fibres par exemple). « Les ruminants peuvent digérer des aliments à haute teneur en fibres comme la paille. Pour cela, nous avons besoin de l’évolution génétique et de beaucoup travailler sur le microbiome ruminal. 70 % de l’énergie des ruminants provient des bactéries du rumen qui ont digéré ces aliments. Pour moi, optimiser l’environnement du rumen et augmenter l’efficience peut permettre aux vaches d’obtenir plus de nutriments ou plus d’énergie à partir de matériaux faiblement digestibles comme la paille, le maïs, l’herbe, pour produire de la protéine animale de haute qualité. Phileo développe des probiotiques pour le microbiote du rumen. » Pour remplacer les anticoccidiens, chaque entreprise propose ses innovations. Stafford Vigors, professeur assistant à l’université de Dublin : « je pense qu’il est important de comprendre, en premier lieu, l’impact de la génétique, de la conduite d’élevage sur le microbiome. Pour trouver une solution il faut comprendre le mécanisme ». Du côté d’Adare Biome, des postbiotiques qui réduisent l a fixation des pathogènes de l’épithélium intestinal (y compris E. coli), sont proposés.

Emma Hernandez-Sanabria, cheffe de produit Santé et performance animales BaseClear, associe santé intestinale et microbiome ainsi qu’émissions de méthane et d’azote. Les nutriments à inclure sont « importants » d ans l a production de méthane et la digestion de l’azote, « il ne faut pas seulement se concentrer sur un gène en particulier avec lequel les bactéries interagissent. Je pense donc qu’il est bon de commencer à collaborer avec le monde de la recherche pour obtenir plus d’informations. » Les modèles in vitro sont de plus en plus importants, pour le bien-être animal et permettent de prélever des échantillons plus souvent, de changer les doses, de voir des changements plus courts, etc. Mais selon Emma Hernandez- Sanabria, « il est également important de considérer les données collectées dans les élevages pour les intégrer dans le modèle ». Les professionnels souhaitent une mise en commun mondiale des données obtenues sur le microbiote afin de réaliser une « immense » base de données collaborative.

Éva Marivain

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