InVivo NSA : protéines tannées 3P : une alternative au formol

La protection des protéines végétales par tannage, contre leur dégradation dans le rumen, est un atout reconnu. Il permet d’améliorer l’état nutritionnel notamment des vaches hautes productrices. Le tannage par traitement chimique au formol existe depuis les années 1970 et a fait l’objet de brevets Inra. Son efficacité est reconnue mais depuis quelques années son innocuité est remise en cause. Des effets cancérigènes sont suspectés pour les manipulateurs en industrie. InVivo a mis au point un Procédé de protection naturelle et directe de la protéine, la technologie 3P, sans utilisation de formol. Explications.

Depuis 2007, InVivo Nutrition et santé animales (NSA) a décidé d’arrêter le tannage au formol afin d’améliorer de l’éco-compatibilité de ses activités. Le projet « 3P » a débuté il y a un peu plus d’an et le produit est déjà prêt à être commercialisé. Cette rapidité s’explique par une collaboration efficace avec une des filiales du groupe en Hongrie. « Des tests avaient déjà pu être effectués dans notre usine hongroise sur une des lignes de fabrication », explique Christophe Blondet, directeur technique. Les six premiers mois ont permis d’étudier la faisabilité du projet et les 6 mois suivants ont été consacrés aux essais. « Environ 25 personnes ont travaillé à ce développement, poursuit-il. Nous étions en mode projet pluridisciplinaire, vraiment enrichissant pour innover rapidement. » L’entreprise a investi 1 million d’euros sur le site de Vertou en Loire-Atlantique.

 

Une partie de l’équipe projet 3P InVivo NSA : (de g. à dr.) Christophe Blondet, directeur technique, Gonzalo Rodriguez, directeur marketing corporate, Jean-François Travers, directeur du site industriel de Vertou, Anne Drakeford, chef du projet 3P et Sébastien Bigot, Chef de marché ruminant Prisma (SFPS).

Une partie de l’équipe projet 3P InVivo NSA : (de g. à dr.) Christophe Blondet, directeur technique, Gonzalo Rodriguez, directeur marketing corporate, Jean-François Travers, directeur du site industriel de Vertou, Anne Drakeford, chef du projet 3P et Sébastien Bigot, Chef de marché ruminant Prisma (SFPS).

Un procédé naturel

Cet investissement a permis de doter le site industriel du groupe InVivo NSA de Vertou d’une nouvelle ligne de fabrication destinée au tannage. « Depuis le mois de juin 2013, nous avons mené différents essais technologiques affinant le procédé de tannage que nous souhaitions, explique Jean-François Travers, directeur du site de Vertou. Nous avons obtenu un produit fiable et conforme. Notre proximité avec le port de Nantes est également un atout pour la réception des matières premières. »

Le tourteau de soja passe par une étape de cuisson qui permet de le « caraméliser ».

Le tourteau de soja passe par une étape de cuisson qui permet de le « caraméliser ».

« Notre procédé est basé sur la réaction de Maillard. Le tourteau de soja passe par une étape de cuisson qui permet de le « caraméliser ». Une liaison sucre-protéine est ainsi créée, détaille Christophe Blondet. La technique, le temps de cuisson et les différents contrôles restent bien évidemment secrets. C’est le savoir-faire InVivo NSA. » Il en résulte une protéine protégée et insoluble dans le rumen. Les liaisons chimiques obtenues ne peuvent pas être rompues par les bactéries présentes dans le rumen. En revanche, afin d’assurer un apport suffisant en acides aminés, les liaisons sont détruites dans la caillette. Le pH acide (2-3) de celle-ci permet une libération des protéines et ainsi une bonne disponibilité et absorption dans l’intestin. Le tannage ne modifie pas les valeurs énergétiques des aliments traités. Cette technologie répond donc aux attentes en matière de nutrition des animaux mais également en alternative, naturelle, sans utilisation de produit chimique comme le formol.

Des essais et analyses ont pu être effectués au sein du laboratoire d’InVivo NSA à Saint-Nolff, dans le Morbihan et dans une des fermes expérimentales à Château Thierry dans l’Aisne. Les résultats sont conformes à leurs attentes : des protéines de qualité et faiblement dégradables dans le rumen, qui permettent d’augmenter le flux intestinal en acides aminés. Le niveau de protection retrouvé indique : DT MAT de 32 % et une DE1 inférieure à 15. Dans un contexte de prix des matières premières instable et élevé, la préservation et la garantie d’un apport suffisant sont un atout économique et écologique pour les éleveurs.

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Caroline Morice

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 674 mars 2014

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