Fusion de Copam, Cadsar et Nestal : le groupe Nestal conjugue les talents

Après un rapprochement stratégique en 2008, les sociétés Copam et Cadsar entament une fusion au sein du groupe Nestal. Basé en Champagne-Ardenne, le groupe se restructure pour réaliser des économies d’échelle et mieux répondre à la demande des éleveurs. Visite.

Au 1er juillet 2008, les sociétés Copam et Cadsar avaient effectué un rapprochement via la création d’une société-mère, Nestal. En 2009, l’arrivée de l’entreprise vosgienne Étienne positionne le groupe en tant que leader de la nutrition animale sur le quart nord-est de la France. La zone d’activité de Nestal couvre alors l’Aisne, la Seine-et-Marne, la région Champagne-Ardenne, la Lorraine et l’Yonne. Quatre ans plus tard, Copam, Cadsar et Nestal fusionnent avec effet rétroactif au 1er juillet 2011. Étienne, SA filiale de Nestal, conserve pour l’instant son autonomie du fait de sa localisation géographique dans les Vosges, qui la rend moins interconnectée avec les sociétés du groupe.

Meilleur fonctionnement

Le site de Pauvres, dans les Ardennes, offre la particularité de produire des aliments composés semi-humides (54 000 tonnes produites en 2011).

Trois motivations animent la fusion de Copam et de Cadsar, nous explique Philippe Determ, directeur général de Nestal. Tout d’abord, l’envie de simplifier le fonctionnement des différentes usines. Auparavant, 60 000 tonnes de produits étaient transférées entre les sociétés, impliquant des refacturations lourdes à gérer. Maintenant, les marques ne sont plus liées aux usines, ce qui fluidifie les échanges internes. Ensuite, l’optimisation logistique permise par la fusion – livrer le client à partir de l’usine la plus proche – permet d’économiser entre 250 000 et 300 000 € par an. (…)

Enfin, avec la fusion « le management est plus clair car tout le monde appartient à la même entreprise ». Cette opération n’avait pas été réalisée dès 2008 car Philippe Determ a préféré des modifications lentes, afin qu’elles soient mieux accueillies par les employés : « Je crois que pour faire les choses, il faut les faire dans un timing respectant l’appropriation du changement afin qu’il y ait une acceptation en amont. Ainsi, les équipes retrouvent plus rapidement de nouveaux points de repères. »

Malgré un groupe unique, chaque marque conserve sa stratégie propre, son positionnement et son identité grâce à une gamme de produits et des services spécifiques en adéquation avec son marché. Chacun des technico-commerciaux est alors spécialisé sur une seule marque. Les deux marques historiques, Copam et Cadsar, sont particulièrement concurrentes sur les marchés des ruminants. Copam, la marque des coopératives, propose des aliments pour toutes les espèces formulés par Inzo° et CCPA, tandis que Cadsar propose des aliments ruminants et chevaux avec l’appui de Provimi et Techna. (…)

Un catalogue de services

Philippe Determ, directeur général du groupe Nestal, sur le site de Saint-Martin-sur-le-Pré.

« Les attentes techniques sont identiques, qu’elles proviennent d’éleveurs adhérents à des coopératives ou pas. En revanche, ils veulent plus de services ; c’est pourquoi nous avons développé une gamme structurée de services via un catalogue », indique Philippe Determ. L’offre de services se développe sur le terrain avec la formation et le management des technico-commerciaux qui doivent pouvoir faire face aux demandes de services de la part des éleveurs. Nestal propose ainsi divers services à ses clients tournant exclusivement autour de l’alimentation « Nous devons nous attacher à bien faire notre métier de base, l’alimentation, en assurant ces services avec beaucoup de professionnalisme. Nous évitons ce qui sort de notre métier », précise Philippe Determ. (…) « Nos outils d’aide à la décision sont orientés vers la performance de façon à habituer les éleveurs à raisonner sur une ou deux clés de réussite afin d’appréhender les conséquences économiques et sanitaires ». (…)

Aliments composés humides

La particularité de Nestal réside dans sa plate-forme de mélanges semi-humides à Pauvres, dans les Ardennes. Créée en 2010, cette plate-forme a produit 54 000 tonnes de produits humides (50 % de MS) en 2011. Le sourcing est réalisé à une échelle régionale avec des industries agroalimentaires dont les coproduits représentent une valeur alimentaire intéressante. Il s’agit de coproduits de la pomme de terre, de la betterave, des drèches de blé humide, de pois et de luzerne humide. En l’état, ces coproduits ne sont pas toujours bien valorisés auprès des éleveurs à cause de leur hétérogénéité et du risque d’inconstance des approvisionnements. « Nous avons créé un partenariat avec nos fournisseurs sur la base du donnant-donnant. Nous nous engageons ainsi à prendre tout et à tout moment. Cela représente un métier de logisticien. » (…) La plate-forme a actuellement une capacité de production de 6 000 tonnes par mois, qui pourrait être doublée en cas de besoin grâce à une surface disponible.

Émilie Auvray

… Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 653 – janvier-février 2012

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