Altilis Nutrition Animale – Ajinomoto Eurolysine : les charmes de la variabilité

La réunion traditionnelle organisée conjointement par Altilis Nutrition Animale et Ajinomoto Eurolysine, la première matinée du Space le 13 septembre à Rennes, a invité les nombreux participants à mieux tirer parti de la variabilité qui existe tant au sein des variétés végétales que dans la réponse animale.

Gilles Tran, AFZ : « Notre savoir-faire a une renommée mondiale. »

Gilles Tran, AFZ : « Notre savoir-faire a une renommée mondiale. »

Dans une première intervention, Gilles Tran, de l’Association française de zootechnie (AFZ), a fait le point sur les nouvelles tables Inra-Cirad-AFZ de compositions et de valeurs nutritionnelles des aliments pour animaux d’élevage, avec de nouveaux systèmes de calcul et une interactivité accrue. Avec deux éditions françaises (en 2002 et 2004), des traductions en anglais, espagnol et chinois, et 14 000 exemplaires vendus en quatorze ans, les dernières tables d’alimentation Inra-AFZ ont été un véritable succès d’édition. Une globalisation de la demande ainsi qu’une demande répétée des professionnels ont amené les chercheurs et les ingénieurs de l’Inra, de l’AFZ et du Cirad à développer de nouvelles tables dès 2015. Cette mise à jour était nécessaire du fait de nombreuses avancées techniques et scientifiques : nouveaux concepts nutritionnels pour les ruminants, nouvelles matières premières, évolution des matières premières existantes, nouveaux types de données (impact environnemental). « On assiste par ailleurs à une augmentation considérable des données disponibles, la Banque de données de l’alimentation animale de l’AFZ contenant deux fois plus d’informations qu’en 2002 », affirme Gilles Tran qui ajoute que la base de données sous-jacente contient 2,6 millions de données, 550 000 échantillons et la mise à jour de 300 équations de prédiction entre composants chimiques. Les nouvelles tables comporteront par ailleurs de nouveaux produits (coproduits des carburants, tourteaux gras, insectes, concentrés protéiques végétaux), avec un total de 180 matières premières et une centaine de minéraux.

Enfin, on assiste à une globalisation de la demande en informations sur les aliments, avec d’une part un besoin d’harmonisation des systèmes d’unité en Europe et d’autre part un besoin des pays émergents et des régions ultrapériphériques à l’Union européenne ou situées outre-mer. Ce qui explique l’arrivée du Cirad, un nouveau partenaire ayant des compétences en élevage des pays chauds. Les nouvelles tables seront disponibles gratuitement sur internet d’ici fin 2016, dans la lignée du succès de Feedipedia, l’encyclopédie en ligne gérée par l’Inra, le Cirad, l’AFZ et la FAO, avec 1,6 million de visiteurs et 5,5 millions de pages vues en quatre ans.

Gary Partridge, Dupont Danisco Animal Nutrition : « Les carbohydrases maximisent l'ingéré alimentaire et l'utilisation des nutriments. »

Gary Partridge, Dupont Danisco Animal Nutrition : « Les carbohydrases maximisent l’ingéré alimentaire et l’utilisation des nutriments. »

Maximiser l’ingéré alimentaire

La deuxième intervention, réalisée par le Dr Gary Partridge de Dupont Danisco Animal Nutrition (Royaume-Uni), a porté sur l’intérêt de l’utilisation des carbohydrases durant les différentes phases du cycle de production du porc. Le conférencier a rappelé tout d’abord quelles étaient les cibles principales des carbohydrases (xylanases, bêta-glucanases) : elles suppriment ou réduisent des facteurs anti-nutritionnels pour maximiser l’ingéré alimentaire et l’utilisation des nutriments, elles influent positivement sur la microflore digestive et les fermentations dans le gros intestin, réduisent le coût alimentaire par kg de croît et maximisent la performance économique durant les phases d’élevage. La fraction fibre de l’aliment contient des hydrates de carbone digestibles et des hydrates de carbone fermentescibles. Parmi ces derniers existent des non starch polysaccharides (NSP) solubles dans l’eau et des NSP insolubles (parois cellulaires). Par exemple, des arabinoxylanes solubles augmentent la viscosité dans l’intestin, tandis que les arabinoxylanes insolubles peuvent envelopper des nutriments et les rendre indisponibles pour l’animal. Ainsi, la teneur et la solubilité des araboxylanes varient selon les matières premières. Certaines d’entre elles contiennent plus d’araboxylanes solubles que d’autres, comme le blé, ou les tourteaux de soja ou de colza. De même, selon Gary Partridge, la teneur en béta-glucanes des céréales est variable, plus élevée pour l’orge (3,8 %) que pour le blé (0,7 %). Ainsi, la variabilité de la valeur nutritive des matières premières peut avoir un impact considérable sur le coût de production du porc. Puis le conférencier démontre que les xylanases et les bêta-glucanases ont un intérêt certain en porcelet, en engraissement et pour la truie allaitante. Enfin, Gary Partridge estime que pour comparer l’efficacité de différentes enzymes, il est préférable de rechercher des données issues d’opérateurs indépendants.

Besoins en valine

Dans l’intervention suivante, William Lambert d’Ajinomoto Eurolysine s’intéresse à la valine, le quatrième acide aminé limitant dans les aliments poulet de chair. « De plus en plus de données sont disponibles pour affiner le besoin en valine », affirme en préambule M. Lambert. Selon les recommandations nationales (Inra, Fedna, Rostagno, etc.) et une méta-analyse basée sur 28 essais (mise à jour en 2016), le besoin est au moins de 80 % DS Val:Lys pour une croissance et une efficacité alimentaire maximales. Il y a une réponse forte à la valine (-5 % de gain moyen quotidien (GMQ) et -5 % d’indice de consommation (IC) en moyenne quand le ratio de 75 % DS Val:Lys est utilisé dans les formules), et d’autres effets de la valine au-delà du besoin sont rapportés dans la littérature (Bhargava et al., 1971 ; Farran and Thomas, 1992 ; Foroudi and Rezamand, 2014) : amélioration de la réponse immunitaire en réponse au virus de la maladie de Newcastle ou amélioration de la minéralisation osseuse. Après avoir mis à jour la protéine idéale du poulet de chair en précisant le besoin en arginine (105 % DS Arg:Lys suite à 23 essais conduits en conditions normales) et en isoleucine (67 % DS Ile:Lys), William Lambert indique qu’il est ainsi possible de formuler sur les acides aminés digestibles pour baisser la MAT, sans affecter négativement les performances de croissance, tout en améliorant le rendement filet. La réduction des niveaux de MAT a de multiples avantages car elle permet de diminuer les coûts d’aliment et les inclusions de tourteau de soja dans les formules, d’améliorer la santé des poulets de chair et enfin d’améliorer l’efficacité azotée et donc de réduire les rejets.

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P. Caldier

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 701 – Novembre 2016

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