Trafic portuaire : des importations en recul pour la majorité des ports

Le recul de l’activité de fabrication d’aliments pour animaux en 2016 se traduit par des baisses d’importation de matières premières dans les ports français. Selon leurs hinterlands, les places portuaires sont diversement impactées. Chacune cherche des solutions pour maintenir ses parts dans un marché désormais durablement en baisse.

Pour l’année 2016, Nantes Saint-Nazaire Port enregistre un trafic de 25,5 millions de tonnes, supérieur à l’an passé. Mais la catégorie des vracs solides destinés à l’alimentation animale accuse une baisse de -16 % par rapport à 2015. Les importations de graines et tourteaux ont été de 1,8 million de tonnes. Un volume qui place toujours la place portuaire en tête des points d’entrée de matières premières pour l’industrie des fabricants d’aliments.

« La fabrication d’aliments a une nouvelle fois baissé en Bretagne, première région productrice française, de -3,7 % à 6,8 MT, après une baisse de -2,5 % en 2015, commente Raoul Laurent, directeur des équipements de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) Métropolitaine Bretagne Ouest, concessionnaire du port de Brest. Malgré cet environnement défavorable, le trafic total des matières premières agricoles et des huiles agroalimentaires du port de Brest s’élève à 1 037 653 t contre 919 181 t en 2015, en progression de près de +13 %. Ce résultat est essentiellement porté par les entrées de graines de soja pour l’usine de trituration ainsi que par les expéditions d’huile de soja qui résulte de cette activité. »

Le trafic total des matières premières agricoles et des huiles agroalimentaires du port de Brest s’élève à 1 037 653 t en 2016 contre 919 181 t en 2015, en progression de près de +13 %. (Crédit photo : Port de Brest)

Le trafic total des matières premières agricoles et des huiles agroalimentaires du port de Brest s’élève à 1 037 653 t en 2016 contre 919 181 t en 2015, en progression de près de +13 %. (Crédit photo : Port de Brest)

Brest, les yeux rivés sur son usine de trituration

L’importation de graines de soja passe de 619 120 t en 2015 à 768 866 t en 2016 soit une progression de +24 %. L’usine de trituration implantée sur les quais brestois génère plus des deux tiers de l’activité du port. Ce qui explique que toute l’attention de la CCI gestionnaire du port, soit tournée vers le transfert de propriété de l’usine. En effet, annoncée depuis l’été dernier, la cession de l’outil de Cargill à Brest est devenue effective en ce début mars 2017, une fois l’accord obtenu des autorités européennes de la concurrence. Les deux parties concernées présentaient ainsi les choses dans un communiqué commun annonçant leur intention de conclure un accord : « Cargill cèderait à Bunge les sites et les activités de deux usines de transformation de graines oléagineuses situées aux Pays-Bas et en France. Aux Pays-Bas, cette transaction porterait sur le site de trituration de soja et de colza et sur la raffinerie d’huile de soja situés sur le port d’Amsterdam. Elle comprendrait également une partie des actifs du terminal de transbordement en vrac du port, nécessaires au déchargement et au stockage des matières premières destinées à l’usine de trituration. En France, elle inclurait le site de trituration de soja et de colza situé sur le port de Brest. Cumulées, les capacités annuelles de transformation des deux sites sont approximativement de deux millions de tonnes. »

Bunge considère ces actifs comme « parfaitement complémentaires avec les installations de transformation de soja détenues par le groupe en Europe. Ils lui permettront d’étendre sa présence mondiale dans la transformation des graines oléagineuses vers des pays clés d’Europe du Nord, de consolider sa présence sur le marché européen de la protéine et d’optimiser ses flux mondiaux et sa logistique au service de ses clients ». De son côté Cargill conserve ses deux autres installations de transformation de soja en Europe de l’Ouest, localisées sur les ports de Barcelone, en Espagne, et de Liverpool, au Royaume-Uni. Cette année 2017 s’annonce donc comme une année d’observation, mais le port de Brest est attentif aux décisions prises par ce nouveau partenaire industriel.

Le port annonce par ailleurs un plan d’investissements 2017 de 3,8 millions d’euros destiné au terminal multivrac. Il vise la refonte électrique de la grue RK, le refit de la grue Reggiane MHC R1, la refonte des transporteurs à chaîne au terminal multivracs, un aménagement de la plateforme multimodale, un réaménagement d’entrepôts portuaires (remplacement toiture du magasin T, reprise des sols du magasin R, etc.), la réhabilitation de friches portuaires, l’achat d’un grappin, etc. Dans le cadre de l’amélioration de la performance environnementale, le port revoit les installations de traitement des eaux sur le terminal multivracs.

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F. Foucher

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 705 – Avril 2017

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