Poulets de chair : des phytogéniques encapsulés pour améliorer l’efficacité alimentaire

Agrimprove s’est associé à PMI Nutritional Additives pour lancer une solution à base d’ingrédients phytogéniques encapsulés destinée à réduire les coûts d’alimentation tout en augmentant l’efficience de la production en élevage de volailles. Said Radwan, chef produit volaille chez Agrimprove et Stacie Crowder, chef produit monogastriques chez PMI, ont présenté ce nouveau produit et son efficacité lors d’un webinaire.

Said Radwan, chef produit volaille chez Agrimprove et Stacie Crowder, chef produit monogastriques chez PMI

Différents objectifs animent les éleveurs : réduire les coûts de l’alimentation, augmenter l’efficience tout en respectant les nouvelles règlementations, etc. Said Radwan, chef produit volaille chez Agrimprove (division additifs et ingrédients fonctionnels du Royal Agrifirm Group), a exposé ces différents challenges, les classant en quatre groupes : le comportement du marché et du consommateur (bien-être animal, durabilité ), génétique de la volaille (changements immunitaires ), législation (antibiotiques ) et la gestion des processus de production de volailles (climat…). Afin de contribuer à l’amélioration de la rentabilité des productions animales, mise à rude épreuve du fait de l’augmentation majeure du coût des matières premières, Agrimprove s’est associée à PMI Nutritional Additives (groupe Land O’Lakes) pour développer une solution destinée à réduire les coûts d’alimentation tout en augmentant l’efficience de la production en élevage de volailles. Ce nouveau produit, Supplant D, a été officiellement lancé en décembre dernier, à l’échelle mondiale, lors d’un webinaire. Ce produit, à base de phytogènes encapsulés est un additif alimentaire qui contient des terpènes (le carvacrol), des composés phénoliques (le cinnamaldéhyde) et des alkaloïdes (la capsaïcine). Ces phytogènes « permettent de réduire le stress oxydatif et le processus de l’inflammation intestinale tout en augmentant la digestibilité des aliments », présente Said Radwan. Pour élaborer ce nouveau produit, une liste de cibles a été établie : des cibles visibles comme le bien-être, les maladies, l’environnement… et des cibles moins visibles comme le stress oxydatif, le fonctionnement de l’intestin…. Objectif : augmenter les performances de production, c’est-à-dire l’efficience alimentaire, le taux de croissance et l’énergie. La cible principale est la réponse de l’hôte directement et non plus les bactéries présentes dans l’intestin de l’hôte. Les phytogènes vont se fixer sur les microvillosités de l’intestin de l’animal. « L’inflammation intestinale est induite par un enchaînement de réactions engendrées par des tissus endommagés. Ces tissus sains à l’origine, sont endommagés par le stress oxydatif causé par les radicaux libres normalement présents lors d’une réaction avec un pathogène. Les phytogènes, qui sont des antioxydants, en léguant leurs électrons aux radicaux libres vont diminuer le stress oxydatif et restaurer la balance pro-oxydant et anti-oxydant. »

Des résultats d’essais significatifs

Les phytogènes ont été testés encapsulés et montrent « une meilleure stabilité lors du stockage » et « une meilleure résistance à la chaleur et à l’acidité (lors de la granulation et dans l’estomac) ». Quatre traitements ont été testés pour définir la quantité fonctionnelle. « C’est entre 125 grammes et 250 grammes de produit phytogène par tonne que l’on retrouve la meilleure énergie métabolisable », indique Said Radwan. Les quatre mêmes traitements ont été testés pour la digestibilité des acides aminés dans l’iléon : les meilleurs résultats sont observés à entre 100 et 150 grammes de phytogènes par tonne d’aliment. Des résultats d’essais en Espagne ont montré que le poids moyen par mètre carré augmente de 0,4 kg avec les phytogènes. La marge brute calculée est la même et apparaît comme étant meilleure, avec une augmentation de 0,3 € par mètre carré, pour un prix de 0,75 € par kilogramme et de 0,90 € par kilogramme. La supplémentation permet un meilleur retour sur investissement : de 3,9 pour un prix de 0,75€/kg et de 4,4 pour un prix de 0,90€/kg. Stacie Crowder, chef produit monogastriques chez PMI, a également évoqué les expériences des États-Unis, où trois études ont été réalisées sur des volailles de zéro à 42 jours. Elles ont démontré un meilleur gain moyen quotidien avec les phytogènes sur toute la durée de l’essai, avec des gains supérieurs de 0,08 kilogramme pour la première étude et 0,1 kilogramme pour les deux dernières. Concernant l’indice de consommation, il a été diminué significativement de 0,03 et 0,05 pour les deux premières études et de 0,01 pour la dernière (non significatif ici). « Les phytogènes présents dans le Supplant D ont permis de réduire les coûts de production de 1,6 % et la croissance des animaux a été plus rapide de 3,73%. Ils permettent de réduire le stress oxydatif, de moduler les réponses pro-inflammatoires, d’augmenter la digestibilité des aliments et d’optimiser les retours sur investissement des éleveurs. »

 

Eva Marivain

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