Ynsect : la filière insecte se concrétise

Début juillet, la société Ynsect a inauguré son nouveau siège et son centre de R&D, Ynstitute à Évry (91). L’occasion de faire le point sur ses premières années et projets à venir avec Antoine Hubert, président d’Ynsect.

De gauche à droite : Nathalie Berezina, directrice technique aval, Jean-Gabriel Levon, vice-président et directeur de l’exploitation, Antoine Hubert, président, Benjamin Armenjon, directeur business développement, Alexis Angot, directeur financier et juridique et Fabrice Berro, directeur technique amont.

De gauche à droite : Nathalie Berezina, directrice technique aval, Jean-Gabriel Levon, vice-président et directeur de l’exploitation, Antoine Hubert, président, Benjamin Armenjon, directeur business développement, Alexis Angot, directeur financier et juridique et Fabrice Berro, directeur technique amont.

La Revue de l’Alimentation Animale : Depuis 2011, Ynsect évolue à grande vitesse. Pourriez-vous rappeler les moments forts de ces premières années pour l’entreprise ?
Antoine Hubert : Depuis la création d’Ynsect par quatre cofondateurs aux profils complémentaires, Antoine Hubert, Jean-Gabriel Levon, Alexis Angot et Fabrice Berro, l’entreprise a beaucoup évolué grâce à de nombreux partenariats avec le CNRS, CEA, IRSTEA, AgroParisTech, notamment dans le cadre du projet Desirable lancé début 2013. En 2014, nous avons mis en place notre pilote de production et nous avons également effectué cette même année deux levées de fond successives : 1,8 million d’euros auprès d’Emertec Gestion et Demeter Partners puis une deuxième de 5,5 millions d’euros auprès des deux premiers investisseurs rejoint par la société singapourienne New Protein Capital. Et enfin début 2015, nous avons emménagé dans un bâtiment de plus de 1 700 m² au Genopole d’Évry pour accueillir toute l’activité de recherche et développement et notre siège social. Pour autant, si l’entreprise a rapidement grandi, la vision est demeurée la même : produire à grande échelle des insectes et les transformer en produits d’intérêt pour la nutrition animale et végétale, voire humaine et pour la chimie verte.

RAA : Les insectes sont une source potentielle d’alternative pour l’apport de protéines en nutrition animale. De quels types d’insectes parle-t-on et quels sont leurs atouts ?
A. H. : Aujourd’hui l’espèce la plus avancée, et que nos équipes R&D étudient plus particulièrement, est le scarabée Tenebrio molitor. Les raisons sont tout d’abord techniques, car l’espèce est grégaire (les larves de cet insecte vivent naturellement à de hautes densités) et nocturne (pas besoin de dépenser d’énergie pour éclairer l’élevage). Elle contient de hautes teneurs en protéines (près de 55 % en matière sèche). Elle connaît déjà un historique important d’élevage dans le monde du fait de son usage en alimentation pour les Nouveaux animaux de compagnie (NAC), et il n’y a pas de maladie connue. Elle est aussi déjà consommée directement par l’homme dans certaines contrées.
L’alimentation animale est un domaine d’application naturel pour les insectes. En effet, certains poissons mais aussi les volailles, les porcs et certains animaux de compagnies intègrent déjà les insectes dans leur alimentation à l’état naturel.
Nous développons des farines protéiques pouvant être intégrées dans l’alimentation des animaux d’élevage et de compagnie. Ces farines ont une haute teneur en protéines (70 %), faible en matière grasse (13 %), pauvres en cendre (2 %) et sont très digestibles. La farine protéique issue du ténébrion est un ingrédient de choix pour l’alimentation animale.

Début juillet 2015, Ynsect a inauguré son nouveau siège et son centre de R&D, Ynstitute.

Début juillet 2015, Ynsect a inauguré son nouveau siège et son centre de R&D, Ynstitute.

RAA : Début juillet, Ynsect a inauguré son nouveau siège et son centre de R&D, Ynstitute. Comment est organisée votre R&D et que va vous apporter ce nouveau centre ?
A. H. : Notre R&D est organisée en deux pôles. Les process amont qui regroupent toutes les activités de bioconversion par les insectes, de coproduits organiques, principalement céréaliers, d’élevage et de reproduction. Et dans un deuxième temps, les process aval, c’est-à-dire la transformation des insectes en molécules d’intérêt que sont les lipides, les protéines et la chitine destinés à la nutrition animale et à la production de produits non alimentaires (cosmétique, fertilisants, chimie verte, etc.). Ce centre de R&D est à notre connaissance le plus grand centre de recherche privé au monde sur le sujet.

RAA : Collaborez-vous avec des partenaires ? En attendant de pouvoir commercialiser vos produits, comment est financé l’ensemble de votre activité ?
A. H. : Nous collaborons avec de très nombreux partenaires de recherche publics. On retrouve ceux du programme Desirable, cités ci-dessus, mais aussi d’autres comme l’université de Wageningen, aux Pays-Bas. Nous collaborons également avec plusieurs industriels de l’alimentation animale, principalement l’aquafeed et le petfood. Pour déployer et financer ces programmes de recherche et ces partenariats, nous avons réalisé deux levées de fonds en 2014. Nous sommes également soutenus financièrement par la BPI.

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Propos recueillis par Caroline Morice

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 688 juillet-août 2015

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