Sanders-Euralis : l'ensachage à grande échelle !

Le fabricant d’aliments, né en 2013 du rapprochement entre Sanders-Adour et la coopérative Euralis, a développé son activité d’ensachage. Un circuit bâti en partie grâce à son travail en étroite collaboration avec le réseau de magasins Point Vert.

Le coup d’œil au magasin de stockage vaut le détour. Au sein de son usine de Lons, en périphérie de Pau, le groupe Sanders-Euralis s’est doté d’un outil de production de sacs de grande envergure. Les dimensions du site ont de quoi surprendre. D’immenses racks abritent plus de 1 700 emplacements pouvant accueillir chacun une palette de 1,25 tonne d’aliments en sacs. L’an dernier, près de 22 000 tonnes d’aliments conditionnés sont sorties de ces murs.

Pour mémoire, la société Sanders-Euralis a vu le jour en septembre 2013 du rapprochement entre Sanders-Adour et Actalim, filiale du groupe coopératif Euralis et de Fipso. Il est doté de deux sites de production dans les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées. La nouvelle structure est désormais solidement implantée sur plusieurs débouchés à forts potentiels. Elle dispose notamment d’un accès privilégié aux filières animales organisées de la coopérative Euralis et de Fipso.

Un réseau de 70 magasins

Michel Vernet a été nommé directeur général de Sanders-Euralis à sa création en 2013. Il est l'ancien directeur de Sanders Adour.

Michel Vernet a été nommé directeur général de Sanders-Euralis à sa création en 2013. Il est l’ancien directeur de Sanders Adour.

Dans le cadre de son déploiement, Sanders-Euralis s’est aussi vu octroyer l’approvisionnement des rayons alimentation animale des 70 magasins Point Vert appartenant à la coopérative et répartis dans six départements, ainsi que de sa quinzaine de silos spécialisés (silos dotés d’un point de vente). « Si cette démarche correspondait à une demande de notre actionnaire, elle nous a aussi challengés et nous a permis de développer notre activité », explique le directeur général, Michel Vernet.

Pour le fabricant d’aliments, le renforcement de sa présence sur le segment du sac a constitué un moyen d’accroître la visibilité de sa marque et augmenter sa pénétration sur certains marchés. Par exemple, il touche désormais directement le grand public, au travers de ses gammes basse-cour ou équine notamment. Il s’adresse aussi à une frange de producteurs, encore nombreux, qui a pour habitude de s’approvisionner en magasins. Il faut avoir à l’esprit que dans le Sud-Ouest, les ventes d’aliments en sacs restent à des niveaux soutenus. Au fil du temps, les fournisseurs observent un maintien de leurs tonnages. Une situation sans doute liée en grande partie au maintien d’un important tissu d’élevages de taille réduite et à la présence de vastes secteurs périurbains.

500 000 euros investis

Pour relever le challenge, Sanders-Euralis n’a rien laissé au hasard. « Du jour au lendemain, on a dû se substituer à l’ancien fournisseur. C’était d’abord une grosse responsabilité, commente Michel Vernet. Au-delà de notre partenariat, on s’inscrit bel et bien dans l’optique d’une relation client/fournisseur ».

Un profond travail a été mené en amont pour moderniser l’outil de production et préparer les gammes. « On est vraiment sur un métier spécifique au niveau commercial ou en terme de marketing. Le groupe a fait en sorte de mettre les moyens nécessaires pour réussir », note Philippe Lapierre, responsable chargé de l’activité sacs et des relations avec les magasins. En 2013, 500 000 euros d’investissement ont été réalisés au sein de l’usine. Un programme qui a englobé le renouvellement de la ligne d’ensachage et des équipements de stockage. Dans la continuité de la fabrication, le site est désormais doté d’une ensacheuse automatique pour sacs ouverts, du modèle Payper CSA-95. Une machine capable d’atteindre un débit de 20 tonnes par heure, soit un sac produit toutes les quatre secondes. Elle permet aussi une vérification du poids tout au long du processus d’ensachage.

Une gestion des stocks informatisée

Sanders-Euralis a fait le choix d'un système informatisé de gestion des stocks, développé par le groupe OET. En pratique, la gestion des flux entrants comme sortants est réalisée de manière instantanée.

Sanders-Euralis a fait le choix d’un système informatisé de gestion des stocks, développé par le groupe OET. En pratique, la gestion des flux entrants comme sortants est réalisée de manière instantanée.

Sanders-Euralis s’est ensuite doté d’un système informatisé de gestion des stocks (WMS). Le choix s’est porté vers les solutions ProdAlia (gestion de production) et MagAlia (gestion d’entrepôts), développés par le groupe OET. En pratique, la gestion des flux entrants comme sortants est réalisée de manière instantanée. Une fois disposé dans les emplacements de stockage, chaque lot est associé à un code-barres. Chaque opérateur chargé de la constitution des commandes est ensuite équipé de scanners.

Afin d’optimiser les conditions de travail et les déplacements des opérateurs, le site s’appuie également sur la méthode 5S. Cette technique de management issue du Lean Management (approche de management développée au Japon par Toyota) permet notamment d’optimiser la production, les coûts en travaillant les flux, l’organisation, la propreté et la sécurité de l’espace de travail. Quelques autres détails ont également été imaginés, toujours dans l’optique d’améliorer la qualité du service. Par exemple, chaque palette est désormais couverte d’un film antidérapant en polyuréthane. Cette jupe de protection a surtout la faculté de protéger les sacs contre l’humidité du bois.

Aujourd’hui, une équipe de 8 salariés a été déployée pour travailler spécifiquement à cette activité d’ensachage. Au niveau du personnel encore, Sanders-Euralis a déployé une autre technique issue du Lean management pour mener à bien une amélioration continue du travail. Celle-ci s’appuie sur la méthode d’animation à intervalle court (AIC). Un système qui repose sur de courtes réunions quotidiennes, réunissant l’équipe, et qui permettent de faire le point sur les réussites et problèmes rencontrés lors de la journée écoulée. Des indicateurs de performances ont préalablement été enregistrés et illustrés à l’aide de tableaux. « Une telle démarche permet de corriger rapidement les problèmes, explique le directeur de l’usine. Elle permet aussi d’impliquer individuellement tous les opérateurs, qui l’ont parfaitement intégré… Depuis sa mise en œuvre, cette méthode s’est traduite par une amélioration sensible de notre processus, par exemple au niveau des stocks ou des délais d’attente. »

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Fabien Brèthes

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 685 avril 2015

 

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