Mycotoxines : il n'est "pas prévu d'aller vers une réglementation"

L’Institut du végétal (Arvalis) organisait, le 25 mars à Paris, un séminaire consacré aux mycotoxines des céréales. La prévention et la gestion des risques associés ont été analysées sous l’angle réglementaire mais aussi pratique. Les recommandations mises en place dans l’alimentation animale donnant globalement satisfaction aux Etats-membres de l’UE, il n’est pas envisagé de les bouleverser dans l’immédiat ni, a fortiori, d’aller vers une réglementation analogue à celle déployée en alimentation humaine.

Frans Verstraet (DG Sanco) : "Dans l'idéal, les bonnes pratiques doivent permettre de rester dans les clous de la réglementation".

Si, depuis 2006, les denrées alimentaires sont encadrées par une véritable réglementation, les aliments pour animaux ne sont soumis qu’à une recommandation de la Commission européenne, bien moins contraignante – sauf en ce qui concerne aflatoxines et ergot. Cette situation donne globalement satisfaction aux Etats-membres de l’UE, constate Frans Verstraet, en charge de la réglementation des contaminants à la DG Sanco (Direction générale Santé et Consommateurs de la Commission européenne). À telle enseigne qu’il n’est « pas prévu d’aller vers une réglementation », a-t-il précisé. Sauf si un « accident » sanitaire majeur devait intervenir.

Pour l’heure, Frans Verstraet envisage simplement que de nouvelles mycotoxines puissent être prises en considération à l’avenir : enniatines, toxines de l’Alternaria (diacetoxyscirpenol, sterigmatocystin). Par ailleurs, des critères sont en cours de définition pour les procédures de détoxification, par des moyens chimiques, des aliments pour animaux (une possibilité offerte par la directive 2002/32/CE). À cet égard, le représentant de la Commission a rappelé qu’un nouveau groupe fonctionnel – les « substances destinées à réduire la contamination des aliments pour animaux par les mycotoxines » – avait été créé, l’an passé, au sein de la catégorie des additifs technologiques.

Pourquoi avoir réglementé le food et pas le feed ? Si « les opinions scientifiques concluent que la présence de déoxynivalénol, zéaralénone, fumonisines et ochratoxine A dans les aliments pour animaux peut avoir des effets négatifs sur la santé animale et la productivité », en revanche cette présence est « d’importance limitée (ochratoxine A) ou pas (déoxynivalénol, zéaralénone et fumonisines) pour la santé publique », observe Frans Verstraet. La seconde explication est plus simple encore. Comme près des deux tiers des céréales finissent dans l’auge des animaux dans l’UE (voir tableau page suivante), et qu’elles ne disposent que de rares usages alternatifs, il faudrait redouter un « impact économique très sérieux » quand l’année se révèle à risque sur le plan mycotoxique…

… Retrouvez l’intégralité de l’article dans La Revue de l’Alimentation Animale – Mai 2010 – N° 636

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