Le Gouessant aquaculture : savoir-faire et durabilité

Le Gouessant Aquaculture produit, sur son site de Saint-Aaron, près de Lamballe, 22 000 tonnes d’aliments extrudés à destination des poissons d’élevage et d’ornement. Des aliments à forte valeur ajoutée, grâce à une conduite de process spécifique et un engagement marqué pour la durabilité.

Le site de production d’aliments aquacoles est installé à Saint-Aaron, près de Lamballe, dans les Côtes d’Armor. Il emploie une trentaine de personnes.

Le site de production d’aliments aquacoles est installé à Saint-Aaron, près de Lamballe, dans les Côtes d’Armor. Il emploie une trentaine de personnes.

Cœur de métier du Gouessant, l’alimentation animale constitue la principale activité de la « Coopérative par nature », avec une production de 838 000 tonnes en 2018. « Nos trois axes majeurs de diversification sont le bio, la nutrition-santé et l’aquaculture », indique Rémi Cristoforetti, le directeur général. Lancée en 1988, la fabrication d’aliments aquacoles pèse aujourd’hui 22 000 t, sur les 55 000 t produites au niveau national. À destination des poissons d’élevage et d’ornement. « Nous nous développons non pas en tilapia, panga ou crevettes, mais en truite, bar, daurade, turbo, esturgeon et visons les marchés de niche », précise Rémi Cristoforetti.

Les deux tiers de la production sont exportés. « À l’international, c’est un marché qui se développe très fortement en valeur. Pour être présent à l’étranger, il faut impérativement apporter une valeur ajoutéeCe qui est notre cas, assure le dirigeant. En trente ans, nous avons bâti une filière d’excellence certifiée », grâce, notamment, à la sélection des matières premières entrant dans la fabrication des aliments. « Il s’agit de matières premières 100 % non OGM, biologiques à 50 %, avec une part réduite de farines et huiles de poissons. Nous favorisons les protéines et matières grasses d’origine végétale comme le blé, la féverole, différents glutens », explique Hervé Arondel, responsable du site de production de Saint Aaron, certifié Iso 9001:2000 et sur lequel travaillent une trentaine de personnes.

Le Gouessant Aquaculture s’appuie aussi sur des sourcing plus originaux, comme les protéines marines hydrolysées, les algues ou encore les insectes. L’entreprise expérimente ainsi, depuis quelques mois, l’introduction de farine de mouche soldat noir et de ténébrion meunier dans les aliments pour truites arc-en-ciel, comme alternative pour diversifier les sources de protéines. « Nous avons engagé des tests pour voir de quelle manière les farines d’insectes peuvent s’intégrer dans nos process et être valorisées en formulation, tout en mesurant leurs incidences sur les performances des poissons. » Des alternatives permettant de « limiter les intrants non renouvelables et leurs impacts sur l’environnement ». Le Gouessant Aquaculture est, « depuis de nombreuses années engagé pour une aquaculture durable », à travers la mise en place d’un programme dédié, une certification pêche durable Friend of the Sea et le respect de cahiers des charges spécifiques.

Couple technologie et formulation

Le Gouessant Aquaculture compte au total 250 formules de base et 800 produits.

Le Gouessant Aquaculture compte au total 250 formules de base et 800 produits.

Des démarches dans lesquelles sont engagés l’ensemble des acteurs de la chaîne de production du Gouessant Aquaculture. « C’est un vrai travail d’équipe ! » explique Hervé Arondel, qui tient à souligner « le lien fort qui existe entre la formulation et l’industriel. Il y a un vrai couple technologie et formulation ». L’enjeu est de taille avec la substitution des matières premières dans les formules : « Il faut que ces dernières puissent être extrudées et que le produit soit le plus qualitatif possible, avec des résultats zootechniques optimums. » Avec une augmentation du taux de matière grasse, « nous proposons des produits lipidiques à 25-26 %, avec des niveaux d’enrobage très fort, c’est un vrai enjeu » et la réduction de la taille des pellets : « Ils mesurent de 0,8 mm à 25 mm percés. »

« Les petits diamètres sont adaptés pour les phases de transition et très techniques en élevage, comme l’alevinage, au cours de laquelle quelques grammes par jour seulement sont consommés », explique Hervé Arondel. Le Gouessant Aquaculture compte au total 250 formules de base et 800 produits. « Un travail important est mené sur la densité. Nous proposons des produits qui coulent, qui flottent, semi-flottants, etc. Le comportement de l’aliment est dans le mimétisme du comportement alimentaire du poisson. » L’approche est différenciée en fonction de l’espèce. « Il y a des différences entre la truite arc-en-ciel et la truite saumonée. Pour une crevette, il faut dix à douze aliments différents en trois mois environ, etc. » Pour les poissons d’ornement, les aliments sont colorés, de formes différentes, mais « ils correspondent à des codes par rapport aux marchés, sans forcément un rationnel zootechnique derrière ».

Le couple espèce et lieu d’élevage est également à prendre en compte : « L’aliment ne se comportera pas de la même manière en milieu marin qu’en eau douce. Le courant a aussi des incidences. De même que la température (les poissons mangent moins l’hiver). » L’enjeu environnemental est également prédominant : « Les lipides ne doivent pas sortir des granulés pour garder l’eau propre. Cela est vrai aussi bien lors de prélèvement d’eau qu’en circuit fermé. C’est un vrai défi. » Sans oublier la dimension santé et démédication. « Nous menons un travail d’approche nutritionnelle pour certaines pathologies, comme l’entérite de la truite. Chez le poisson, le système digestif représente entre 5 et 30 % de son poids total, nous menons une vraie réflexion de fond sur le modèle digestif. »

« L’aquaculture est un secteur intellectuellement très intéressant où la recherche est essentielle », résume Rémi Cristoforetti. « S’il y a un gros travail en R&D, en usine il ne s’agit pas juste d’un assemblage, il y a une vraie transformation de l’aliment durant le procédé, ajoute Hervé Arondel. En traditionnel (animaux de rente), le process est plus facile à maîtriser. En aquaculture, nous avons un mode de conduite particulier, avec énormément de paramètres : pression, diamètre, profil de température, etc. et un savoir-faire en extrusion pour arriver à faire le produit le plus innovant. L’opérateur à un véritable apport qualité sur le produit. » Jusqu’au conditionnement : « En sac de 20 kg avec une gaine plastique adaptée aux produits, pour la juste longueur. Si le produit est très flottant, il est plus grand, le sac s’adapte donc à la densité. C’est le dernier rempart, nous avons un attachement à la qualité du produit jusqu’au dernier moment avant la livraison aux clients. »

E. Mouraud

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