Une filière « relativement pessimiste »

Étude FranceAgriMer Enjeux et stratégies des fabricants d’aliments pour animaux

Étude FranceAgriMer Enjeux et stratégies des fabricants d’aliments pour animaux

En réponse aux préoccupations de Coop de France Nutrition Animale et du Snia, FranceAgriMer a réalisé une étude sur les stratégies mises en place par les fabricants d’aliments pour animaux, sur la compétitivité de ce maillon et son positionnement au sein des filières animales. L’étude a été conduite en deux temps en 2013 : une enquête téléphonique auprès de 26 directeurs d’usine d’aliments pour animaux et des entretiens complémentaires auprès de 19 acteurs en relation avec ce maillon, en amont et en aval.

Les résultats traduisent un partage des mêmes constats et préoccupations autour de trois axes majeurs :

– les cahiers des charges et la question du non-OGM. L’opinion des acteurs de filières animales varie principalement selon les filières dans lesquelles ils sont engagés. Les filières de proximité sont plutôt favorables à la non-utilisation de matières premières contenant des OGM, au maintien des cahiers des charges pour se démarquer et tenter de valoriser les surcoûts qui en résultent. Les autres, fournisseurs d’aliments pour des filières standards, sont soucieux de maintenir le niveau de compétitivité prix de la filière face à la concurrence européenne voire mondiale et veulent pouvoir bénéficier des matières premières aux meilleurs coûts.

– le rôle dans la filière. Que ce soit des fabricants d’aliment à dimension régionale ou nationale, tous s’accordent sur la nécessité de renforcer le dialogue entre les différents acteurs pour une plus grande synergie de filière et pour développer de nouveaux modèles de production. Cela passe par une plus grande transparence et une valorisation des savoir-faire de chaque maillon.

– la communication vers le grand public. Tous les acteurs ne s’accordent pas sur la nécessité d’une plus grande communication sur les pratiques actuelles. Pour certains, renforcer la communication vers le grand public risque de renforcer leur méfiance envers l’agroalimentaire, ils prônent d’axer la communication d’abord sur les produits à forte image positive, issus de cahiers des charges reconnus.

L’étude révèle par ailleurs que les fabricants d’aliments pour animaux sont « relativement pessimistes quant à leur avenir ». Avec des marges de manœuvre réduites et le peu de visibilité à court terme, ils se sentent « pris dans une éternelle course en avant : la diminution de leur coût de revient ». Pour eux, la restructuration déjà engagée au sein du secteur va s’accentuer. Au vu des difficultés actuelles, l’augmentation des volumes d’aliments produits s’accompagnera d’une réduction du nombre d’usines inévitable et souhaitable, d’un redéploiement géographique des usines avec une augmentation du rayon de livraison dans certains cas et de plus de partenariats entre fabricants afin de maîtriser au mieux les coûts de production.

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