Conférence Feed Akademie Fresenius : l'alimentation animale à l'heure européenne

Les 9 et 10 octobre derniers se tenait à Cologne, en Allemagne, la conférence internationale « feed » organisée par l’ Akademie Fresenius. Cet événement bisannuel rassemble les meilleurs experts européens pour deux riches journées d’échanges et d’information autour de la nutrition animale. La Réévaluation des additifs, la problématique des allégations et les aliments diététiques étaient au programme de cette 4e édition. Morceaux choisis.

Il y avait du beau monde pour assister à cette conférence organisée par l’Akademie Fresenius. Plus d’une centaine de personnes avaient fait le déplacement, dont quelques représentants des autorités européennes généralement discrets et peu accessibles. « C’est l’un des objectifs de cette conférence dédiée à l’alimentation animale : mettre autour d’une même table les industriels confrontés aux textes réglementaires et les personnes responsables de la bonne application de ces textes au sein des instances européennes », lance en ouverture Sabine Mummenbrauer, responsable de l’organisation de l’événement.

De gauche à droite : Jurgen Zentek (Université libre de Berlin), Josef Kamphues (Université de médecine vétérinaire de Hanovre), Robin Balas (Royal Canin France), Sabine Kruse (ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture, Allemagne).

De gauche à droite : Jurgen Zentek (Université libre de Berlin), Josef Kamphues (Université de médecine vétérinaire de Hanovre), Robin Balas (Royal Canin France), Sabine Kruse (ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture, Allemagne).

Réévaluation des additifs par l’Efsa, où en sommes-nous ?

Claudia Roncancio Peña, responsable de l’unité en charge de l’alimentation animale à l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), a fait le point sur l’avancement du dossier « réévaluation des additifs ». « Le chantier de réévaluation a été lancé en 2010. Au total, 407 dossiers nous ont été soumis, couvrant approximativement 1 200 produits et substances différentes. Même si l’on parle de réévaluation, la plupart des additifs présents sur le marché n’ont jamais fait l’objet d’une évaluation pour leur sécurité ou leur efficacité. Par conséquent, un examen complet doit être mené », explique la responsable qui souligne d’emblée la coopération entre la Commission européenne, le laboratoire de référence de l’Union européenne et l’Efsa sur ce sujet. À ce jour, 521 substances ont été évaluées. « Même si les conclusions sont positives dans la plupart des cas, il faut souligner l’hétérogénéité extrême dans la qualité et le contenu des dossiers. 70 % d’entre eux ont obtenu un avis favorable et 24 % ont reçu un avis favorable mais avec des limitations concernant les taux d’incorporation, les espèces cibles, ou des restrictions pour l’utilisation dans l’eau de boisson. » Tout en reconnaissant qu’il reste « beaucoup de travail » sur le dossier des réévaluations (seuls 25 % des demandes enregistrées ont été traitées), Claudia Roncancio Peña a évoqué l’arrivée imminente des premiers dossiers de renouvellement sur les bureaux de l’Efsa. « Conformément au règlement EC 1831/2003, dix ans après la première autorisation, les entreprises doivent envoyer un nouveau dossier à la Commission européenne, qui le soumet pour avis à l’Efsa. Contrairement à ce que l’on entend encore, il s’agira de dossiers allégés en comparaison des dossiers de réévaluation. Nous avons d’ailleurs publié en 2013 nos orientations dans un document de huit pages concernant le renouvellement des autorisations, pour informer et laisser aux industriels le temps de constituer les dossiers. »

Les premiers dossiers devront être soumis dès 2015. De quoi susciter les interrogations de la salle concernant le contenu précis de ces nouveaux dossiers et la capacité de l’Efsa à traiter en temps et en heure un tel volume (dossier de réévaluation et dossiers de renouvellement).

La Commission européenne : garante de la réglementation des additifs

En charge de la nutrition animale à la Commission européenne (DG Sanco), Wolgang Trunk était lui aussi invité à s’exprimer sur l’avancement du processus de réévaluation et sur les futurs renouvellements d’autorisation. À quelques détails près, les chiffres de la Commission se confondent avec ceux communiqués par la représentante de l’Efsa.

L’intervention du responsable a tout de même permis d’en savoir davantage sur le déroulement du processus. « La commission travaille à plein régime sur ce chantier. Mais vu l’ampleur de la tâche, il a fallu établir des priorités. Sur le cobalt par exemple, le travail est déjà terminé puisqu’il nous a semblé important de traiter rapidement cet élément trace métallique. D’autres dossiers et en particulier ceux qui concernent les additifs aromatisants sont, en comparaison, bien moins pressant », explique-t-il. Parfois, la rédaction des règlements autorisant l’utilisation d’une substance est retardée pour des raisons politiques. « C’est le cas du zinc, pour lequel nous avons déjà l’avis de l’Efsa. Il reste à négocier avec les États la façon de traduire cet avis en règlement. »

Wolgang Trunk n’a pas caché l’intention de la Commission européenne d’adopter des règlements d’autorisation plus prescriptifs, qui fixent des niveaux maximums d’incorporation ou des mesures de protection pour les personnes susceptibles d’être en contact avec les produits. « Pour l’urée, par exemple, nous avons fixé un maximum d’incorporation. En ce qui concerne la DL-sélénométhionine, nous imposons aux producteurs des limites de pulvérulence et aux utilisateurs l’utilisation d’équipements de protection individuelle », détaille-t-il, bien conscient que ce degré de précision des règlements d’autorisation n’est pas pour plaire à tous les industriels présents dans la salle.

Autre information distillée par le responsable de la nutrition animale à la Commission européenne : l’ouverture prochaine de deux nouveaux groupes fonctionnels d’additifs. « Il s’agirait d’un groupe « hygiène », réclamé par les acteurs de la nutrition animale depuis plusieurs années déjà, ainsi que d’un groupe « substitut aux antibiotiques « . Les discussions sont déjà bien avancées. »

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O. W.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 681 novembre 2014

 

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