Sans-titre-1

Aquaculture : des alternatives aux « poissons fourrages »

En février, la presse nationale s’est largement faite l’écho d’une enquête menée par l’association écologiste Bloom, dénonçant la surexploitation des petits poissons sauvages, transformés en farines et huiles principalement pour les besoins des élevages aquacoles. Du côté des fabricants d’aliments, les initiatives sont nombreuses pour améliorer les pratiques et répondre aux enjeux économiques, nutritionnels et écologiques. Petit tour d’horizon, non exhaustif.

90 % des poissons transformés en farine sont parfaitement comestibles.

90 % des poissons transformés en farine sont parfaitement comestibles.

Bloom est une association loi 1901 à but non lucratif, fondée en 2005 par Claire Nouvian, journaliste, productrice et réalisatrice de documentaires animaliers et scientifiques, dédiée « aux océans et à ceux qui en vivent ». Mi-février, elle a publié les résultats d’une enquête menée sur la pêche minotière. « Un monde opaque, qui cible les poissons situés en bas de la chaîne alimentaire, comme les sardines et les anchois, afin de les réduire en farine et en huile pour alimenter les poissons d’élevage, les porcs et les volailles. » Selon ce rapport, environ 57 % de la production mondiale de farine de poisson approvisionnent le secteur de l’aquaculture, 22 % le secteur porcin et 14 % le secteur avicole. Le reste entre dans l’alimentation d’animaux domestiques ou d’élevage de fourrure, comme les visons.

Une pratique « non durable, contraire au Code de conduite pour une pêche responsable établie par la FAO, qui constitue une grave menace pour la sécurité alimentaire (…) Les poissons pélagiques, appelés poissons fourrage, constituent la clé de voûte de l’alimentation de nombreux prédateurs. Ils forment également une composante essentielle de l’alimentation des pays côtiers en développement. » Le rapport indique que depuis 1950, ce sont 25 % des captures de poissons mondiales qui ont été réduites en farine et en huile, avec 90 % de poissons parfaitement comestibles.

Afin de répondre à cette problématique, les fabricants d’aliments multiplient les initiatives et les recherches pour trouver et développer des substituts à la farine et l’huile de poisson dans les rations. En augmentant par exemple la part de végétaux dans l’alimentation. « Mais ces matières premières végétales n’ont pas les mêmes caractéristiques nutritionnelles que les produits à base de poisson, souligne Techna. La farine et l’huile de poisson sont riches en acides aminés essentiels, à forte teneur en protéines hautement digestibles et contiennent une quantité importante de minéraux.

Ressources renouvelables et apports nutritifs

Quelles sont alors les précautions à observer dans la recherche d’aliments de substitution ? « Il faut réorganiser les apports nutritifs. Le choix de matières premières végétales de substitution doit satisfaire les besoins élevés en protéines de bonnes compositions et facilement digestibles, c’est pourquoi on utilisera souvent des tourteaux ou des concentrés protéiques à base de soja, colza, pois, etc. Un mélange de matières premières végétales peut aussi permettre de retrouver un certain équilibre dans l’apport en acides aminés essentiels. » Mais « attention aux facteurs anti-nutritionnels » présents dans certaines matières premières végétales. « La teneur en mycotoxines est également un risque à contrôlerIl faut aussi penser à réajuster les niveaux de phosphore et calcium dans les formules de substitution ».

La tâche est compliquée car il existe au final peu d’équivalents. Notamment pour l’apport d’acides gras poly-insaturés à chaîne longues. « Le recours aux OGM commence à être exploré, indique Techna, avec un certain succès du point de vue zootechnique. En revanche, l’acceptation de cette solution par la société pose question, notamment en Union Européenne. » Les algues et les farines d’insectes sont plébiscitées.

(…)

E. Mouraud

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 706 – Mai 2017

Inscrivez-vous à la newsletter
gratuite de La Revue de l’Alimentation Animale.