Aliments jeunes animaux : l’aliment solide grève les performances des veaux de boucherie

L’essentiel des volumes d’aliments pour veaux fabriqués en France est destiné aux ateliers veaux de boucherie. Ils intègrent de moins en moins de poudre de lait écrémé, au profit d’ingrédients laitiers technologiques. Ils sont accompagnés d’aliments solides qui prennent de plus en plus de place dans le régime des veaux.

À l’occasion du Space, le réseau Veau de boucherie du GIE lait-viande de Bretagne livrait la synthèse de ses résultats collectés entre septembre 2008 et décembre 2010. Les élevages de ce réseau représentent 10 000 places de veaux, liés à 9 intégrateurs et groupements de production. Les relevés concernent 38 000 veaux produits sur la période. Ils reflètent l’état de la filière veaux d’élevage et sont riches d’enseignements.

Du point de vue des performances zootechniques, les résultats montrent que la durée d’élevage a tendance à augmenter : 158 jours en moyenne contre 150 en 2007. « Malgré cette augmentation, le poids de carcasse n’augmente que très légèrement, il est de 131 kg contre 128,4 kg lors de la synthèse précédente », constate Christophe Martineau, l’animateur du réseau, chercheur à l’Institut de l’élevage. Les régimes alimentaires ont, eux, sensiblement évolué : « La consommation d’aliments lactés est stable avec 298 kg en 2010 contre 300 en 2007, mais le pourcentage de poudre de lait écrémé dans les aliments lactés ne représente plus que 16 % contre 19 % en 2007. Il demeure que les formules contiennent toujours près de 65 % d’ingrédients laitiers mais ce sont des matières premières de plus en plus technologiques. »

L’évolution la plus notable concerne la consommation d’aliments solides : elle passe de 34,1 kg par veau en 2007 à 60,4 kg en 2010. « Et encore cette moyenne révèle des pratiques d’élevage très disparates : le 1/4 supérieur de l’échantillon consomme 72 kg d’aliments solides. Le minimum s’élevant à 6 kg, respectant tout juste les recommandations des normes bien-être, le maximum atteignant 144 kg. » Compte tenu de ces consommations, l’indice de consommation calculé sur l’aliment d’allaitement n’est plus guère représentatif. Cette part croissante d’aliment solide a contribué à dégrader l’indice global de consommation. « On aurait pu s’attendre à un taux de substitution plus important et un impact sur la consommation d’aliment lacté, reconnaît Christophe Martineau. Mais dans la dernière année, la situation a tout de même évolué, les structures de production se sont rendu compte du gaspillage que représentait cette distribution massive d’aliments solides. » Pourtant, il semblerait qu’un intégrateur ait proposé à des éleveurs un programme à base de 300 kg d’aliments solides !

Françoise Foucher

 … Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 650 – Octobre 2011

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