AG de l’Afab : Comment présenter la nutrition animale au grand public ?

L’Association des Fabricants d’Aliments du Bétail a tenu son assemblée générale le 19 juin dernier à Pontivy, avec comme ordre du jour principal la valorisation du secteur de l’alimentation animale via une communication positive. Une démarche qui rejoint celle du monde agricole et qui peut trouver une source d’inspiration dans l’action entreprise par l’artisanat.

Comment valoriser l’image de la filière nutrition animale en général et les atouts bretons en particulier ? Ce sont, en résumé, les questions de fond qui ont orienté la 21e assemblée générale de l’Association des Fabricants d’Aliments du Bétail (Afab), qui se réunissait le 19 juin dernier à Pontivy (Côtes d’Armor). « C’est une conjoncture difficile pour les productions animales », a lancé Hervé Vasseur, président de l’Afab, dans son discours d’introduction. Enregistrant une production en baisse constante depuis le début des années 2000, la France perd en compétitivité par rapport à ses voisins, notamment l’Allemagne, qui continue d’augmenter sa croissance et ses volumes.(…)

Pascal Pellan, ex-secrétaire général de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat des Côtes d’Armor, est venu témoigner du travail de communication effectué pour valoriser l’image de l’artisanat.

Citant la filière volaille, le président de l’Afab fait remarquer que la France est devenue importateur net de viande de volaille. (…) Attendant un signal fort de soutien à la filière, la profession se dit pour l’instant plutôt inquiète face à certaines positions de l’administration, comme la demande récente du CGAAER (Conseil Général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Espaces Ruraux) de faire le lien au sol : « Si cette mesure s’applique, c’est la moitié de la production porcine bretonne qui s’arrête », prévient Hervé Vasseur.

Après avoir dressé un état des lieux de la production d’aliment pour bétail en Bretagne et en France (lire encadré), le président de l’Afab a insisté sur le rôle d’accompagnement des fabricants auprès des éleveurs, que ce soit dans le lissage des prix ou dans l’amélioration de la compétitivité permise par des échanges facilités. (…) Concernant la logistique portuaire, l’Afab estime avoir mené un combat collectif avec les fournisseurs ; leurs efforts ont débouché sur une amélioration des cadences de déchargement en réduisant le temps à quai, et pourtant l’association a été perçue comme « briseur de grève » lors des conflits sociaux qui ont gagné les ports à l’automne dernier. Une erreur d’interprétation qui fait prendre conscience à la profession de son manque de savoir-faire en matière de communication.

L’exemple de l’artisanat

La communication constituait justement le thème majeur de la journée, et l’Afab a tenu à cet égard à inviter Pascal Pellan, secrétaire général de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat des Côtes d’Armor, afin de venir témoigner sur la valorisation des métiers de l’artisanat grâce à une bonne communication et une « technologie de l’enthousiasme ». Le jeune retraité, œil vif et optimisme communicatif, a ainsi raconté comment l’image de l’artisanat avait évolué depuis les Trente Glorieuses, où le secteur était déclaré « condamné », jusqu’à devenir aujourd’hui la « première entreprise de France ». (…)

Le futur ex-dirigeant de la Chambre des Métiers insiste sur le besoin de se recentrer sur l’économie réelle, prenant en compte la dimension humaine : « L’économie comporte une part sociologique et psychologique importante ; ce ne sont pas que des algorithmes ! » Avec toute la modestie qui le caractérise, Pascal Pellan a fait partager aux dirigeants et acteurs de la nutrition animale son talent de visionnaire et donné une vraie leçon de communication d’entreprise. « Il est important d’être capable de regarder ses chaussures tout en regardant l’horizon ; les micro-vécus sont souvent annonciateurs des macro-tendances. »

Revaloriser le monde agricole

Jacques Jaouen, président de la Chambre d’agriculture de Bretagne, est venu présenter le réseau Adonis, illustrant la mobilisation du monde agricole pour travailler sur son image auprès du grand public. « Ce réseau d’agriculteurs et éleveurs bretons est né d’une prise de conscience de la mauvaise image véhiculée par le monde agricole, explique Jacques Jaouen. Un sondage TMO a néanmoins révélé que la société bretonne avait une meilleure image des agriculteurs que ceux-ci ne le pensaient. La société conçoit le partage des responsabilités, elle ne condamne pas les agriculteurs. » Le travail de revalorisation de l’image du monde agricole serait-il à réaliser d’abord auprès des intéressés eux-mêmes ? Le réseau s’attache en tout cas à faire ressortir les valeurs du modèle agricole breton, qui reste « atypique » souligne Jacques Jaouen. (…) Le réseau Adonis, animé par la volonté de tirer la profession vers le haut et de créer un élan de solidarité, compte aussi peser un peu plus auprès des politiques. (…)

Sarah Le Blé

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 658 – Juillet-Août 2012

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