Extraction de produit vrac : Morillon, 150 ans d'expertise et d'innovation

Fondée en 1865, l’entreprise Morillon, basée à Andrezé, dans le Maine-et-Loire, s’est spécialisée dans la vidange de silos à fond plat. Elle conçoit et fabrique, à l’unité, des systèmes d’extraction adaptés aux produits et matières premières possédant une mauvaise aptitude à l’écoulement. Retour sur 150 ans d’expérience et de savoir-faire avec l’actuel président, Laurent Morillon.

Laurent Morillon, directeur de l’entreprise.

Laurent Morillon, directeur de l’entreprise.

L’entreprise Morillon, installée à Andrezé, dans le Maine-et-Loire, est aujourd’hui l’un des spécialistes européens de l’extraction, la manutention et le stockage de produits en vrac. Une entreprise familiale, transmise de pères en fils depuis sa création, en 1865. « Mon trisaïeul, c’est-à-dire le grand-père de mon grand-père, était charpentier-amoulageur. Il construisait des moulins à eau, à vent… Une profession assez répandue à cette époque-là », raconte Laurent Morillon, actuel directeur de l’entreprise. « Ses fils sont restés dans la meunerie en suivant les évolutions mécaniques, l’automatisation. » Au fil du temps, les énergies naturelles ont été abandonnées au profit de l’électricité. « La société a ensuite accompagné, après la guerre, le boom du marché des céréales, l’augmentation des rendements et le développement de l’alimentation animale, principalement en Bretagne. »
Le père de Laurent Morillon, Théodore Morillon, se spécialise alors dans le stockage de produits en vrac, parmi lesquels les céréales et autres produits liés à l’alimentation animale. « Il a vécu le passage du sac au silo. Les besoins étaient de plus en plus importants, et les silos de plus en plus grands. » Théodore Morillon a donc décidé de développer des machines capables de vider des silos à fond plat : « Les vis balayeuses et les extracteurs hydrauliques Morillon datent du début des années 1980. » Lorsque Laurent Morillon reprend l’entreprise familiale, à la fin des années 1990, « la 5e génération », il s’impose à l’international sur ce marché de niche, faisant de Morillon le spécialiste européen de la vidange des silos.

Vis balayeuse et système hydraulique

Plusieurs centaines de vis balayeuses et d’extracteurs sortent des ateliers Morillon chaque année.

Plusieurs centaines de vis balayeuses et d’extracteurs sortent des ateliers Morillon chaque année.

Morillon conçoit et fabrique deux types de machines. L’une, la vis balayeuse électrique Spirogyre, adaptée aux stockages des céréales dans des silos à fond plat de grandes tailles et dédiée à la reprise du talus résiduel des céréales ou autres produits ayant un bon écoulement naturel (blé, maïs, orge, graines d’oléagineux et quelques applications en granulés de bois). L’autre, un système d’extraction hydraulique baptisé Hydraugyre, pour des produits difficiles, lourds ou légers, secs ou humides, et possédant une très mauvaise aptitude à l’écoulement. « En alimentation animale, cela concerne par exemple les tourteaux d’oléagineux. Il n’y a pas de gravité, et il y a une prise de masse. Il faut donc une aide à l’écoulement. Dans un premier temps, nous avons développé ces machines pour l’agroalimentaire, puis nous nous sommes également tournés vers les industries du bois, du charbon, le recyclage des déchets,… Tous les produits stockés en silos et qui ne coulent pas. »
Le système Spirogyre balaye le fond du silo sur 360°. Il se met en route une fois l’écoulement gravitaire naturel du produit entièrement effectué, et termine la vidange du silo. Le système Hydraugire se compose quant à lui d’une vis d’Archimède entraînée par un moteur hydraulique directement couplé, et assure également l’extraction du produit selon le principe Fifo (First in, first out), premier entré premier sorti. Une option « green system » est proposée, avec l’utilisation de lubrifiants biodégradables.

80 % à l’export
Plusieurs centaines de modèles sortent des ateliers chaque année. Les vis balayeuses sont plébiscitées par les coopératives ou les grandes fermes d’Europe centrale et orientale, alors que les extracteurs sont destinés le plus souvent à de grandes entreprises de transformation internationale, comme Cargill. Les débouchés sont les huileries : « Les résidus issus de la trituration, en amont des tourteaux de soja, sont stockés humides et chauds, il y a donc une très grande prise en masse. » Les moulins : « Le son est une substance hygroscopique qui créé des bouchons dans le silo, d’où le besoin d’un extracteur. » Les industries du bois : fabricants de meubles, scieries,… « Nos machines sont également utilisées pour l’alimentation des chaudières, dans les cimenteries par exemple, pour stocker de la biomasse, des combustibles de substitution. » Les minéraux également, avec des produits issus de carrière dont la densité est supérieure à 1. « Le stockage revêt des formes très diverses, et on en tire toujours des connaissances supplémentaires. C’est aussi tout ce qui fait l’intérêt de Morillon : une grande expérience, basée sur du concret, du solide. »
Au total, Morillon compte 2 000 extracteurs hydrauliques et 10 000 spirogyres dans le monde entier. « L’entreprise est structurée à l’export, cela représente 80 % de notre chiffre d’affaires. » Morillon réalise 60 % de ses ventes en zone euro et est également présente en Asie, Amérique du Sud et Moyen Orient. « Nous travaillons actuellement uniquement avec des revendeurs. Mais, dans les années à venir, nous espérons ouvrir des structures Morillon délocalisées, en Asie, en Amérique du Sud et en Europe centrale. »

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Ermeline Mouraud

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 690 – octobre 2015

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