Région Centre : le soja bio part en conquête

Développer le soja bio est l’un des défis lancés par des acteurs de la bio en région Centre et départements limitrophes. Axéréal Bio, Coop de France Centre et Bio Centre ont initié un programme régional de développement et de structuration de la filière, pour tenter de réduire le déficit chronique de soja bio, alors que les besoins français, notamment en alimentation animale, grimpent en flèche. (Article paru dans Biofil N°96)

Gilles Renart, directeur d’Axéréal Bio.

Gilles Renart, directeur d’Axéréal Bio.

« Certes, l’application du règlement qui prévoit une ration 100 % bio dans l’alimentation des monogastriques est reportée à 2017, mais cela ne résout pas tout. À l’heure actuelle, 80 % du soja bio est importé, majoritairement du Brésil », précise Gilles Renart, directeur d’Axéréal Bio, lors d’une conférence sur le sujet organisée dans le cadre d’Innov-Agri, début septembre dans le Loiret.

Le soja bio français provient surtout des régions méridionales qui bénéficient de conditions favorables. Pourtant, il est nécessaire d’étendre sa production, afin de réduire le déficit national. Au niveau régional, un approvisionnement local de soja bio pourrait encourager la création d’ateliers porcins et avicoles dans les exploitations bio, « insuffisants en région Centre », rappelle Christophe Vaurs, directeur de Coop de France Centre.

Une culture délicate ici

Le point délicat demeure les contraintes techniques. « Nous devons utiliser des variétés ayant un cycle court adapté à nos conditions climatiques, explique Gilles Renart. De plus, la plante n’est pas couvrante et craint l’enherbement. » C’est pourquoi un accompagnement technique est proposé aux producteurs qui se lancent, avec suivi des parcelles aux moments cruciaux : semis, périodes d’enherbement et récolte. De plus, des expérimentations sont en cours à base de semences triple zéro, voire quadruple zéro qui peuvent répondre à l’exigence de précocité dans les zones concernées par le programme, du nord du Massif Central aux portes de la Normandie, et du Mans à Troyes et Reims. Par ailleurs, diverses pistes d’innovation sont étudiées, notamment « les cultures associées et la succession des cultures », pour trouver les assolements les plus favorables.

Concernant la question des cultures en mélange, Gilles Renart précise qu’à l’heure actuelle, le coût de séparation des graines est très important, même si un premier tri est effectué à la ferme. « Il ne faut fermer aucune piste, et pour cela, sans aucun doute, revenir à des bases agronomiques ».

Une collecte difficile

Outre les questions techniques, la collecte pose aussi problème à la structuration de cette filière. Elle est un vrai casse-tête en raison de la faible densité de producteurs bio dans la zone concernée. « La distance moyenne de collecte est de 140 km là où elle est de 15 à 20 km en conventionnel, avec de petits volumes qui ne remplissent pas le camion », explique Gilles Renart. Augmenter le nombre de producteurs devrait limiter l’impact des coûts de transport. Si le programme n’a pas fixé d’objectifs quantitatifs précis, pour l’instant la priorité est donnée à la qualité, il n’en demeure pas moins que les besoins, à moyen terme, seront importants, évalués à 3 000 t par Axéréal bio.

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Annie Rigault

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 682 décembre 2014

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