Setalg : les moissons de la mer

Société du groupe Roullier, Setalg développe et commercialise depuis plus de 25 ans des produits issus de la valorisation et de la transformation des algues et ingrédients naturels marins. Elle s’engage depuis peu vers une stratégie de diversification à l’attention de la filière nutrition animale.

Basée à Pleubian, à proximité de Paimpol, dans les Côtes d’Armor, la société Setalg jouit d’un environnement particulièrement riche en ressources maritimes. « Nous exploitons une quinzaine d’espèces d’algues de la biomasse bretonne, précise Daniel Hernandez, directeur général, le tout dans une démarche de développement durable, c’est-à-dire que nous ne prenons que ce qui repousse et pratiquons un système de jachère, certaines algues ayant un cycle annuel, d’autres de trois ans… » La nutrition animale représente l’un des débouchés de l’entreprise depuis sa création, en 1985, mais Setalg consacre par ailleurs 60 % de son activité à l’agroalimentaire et à la cosmétique. La société enregistre un chiffre d’affaires global de 6,5 millions d’euros (exercice 2010).

L’Ascopharm® est largement utilisée en alimentation animale pour son apport en minéraux, vitamines, protéines…

Setalg fournit une palette assez large de matières premières ayant chacune un rôle spécifique : les macro-algues (Algovert, Ascopharm, Haricot de mer, Wakamé…) sont davantage utilisées pour le petfood, avec un rôle dentaire ou des facteurs d’appétence reconnus, précise Daniel Hernandez. Les micro-algues, telles la spiruline, sont quant à elle utilisées pour leur capacité antioxydante et leur teneur intéressante en protéines. « Etant donné que les algues restent une matière première assez chère (il faut notamment passer de 80 % d’humidité à la récolte à 10 % sur le produit fini, ce qui rend le process coûteux), l’utilisation implique une spécificité précise de la part du client, que ce soit pour ses vertus nutritionnelles, immuno-stimulantes, appétantes ou technologique », souligne le directeur général.

Process de transformation

Sur place, le process se concentre sur la transformation des algues, depuis la récolte jusqu’au tamisage, en passant par le lavage, séchage et broyage. La récolte s’effectue sur l’estran (portion du littoral entre les plus hautes et les plus basses mers) à marée basse, sur 9 mois de l’année, par une dizaine de goémoniers des Côtes d’Armor via un système de TESA (Titre Emploi Simplifié Agricole). Setalg envisage d’agrandir ce nombre à une quarantaine de salariés, qu’elle formera aux techniques de récoltes « selon les règles essentielles de préservation de la ressource ».

Avec un arrivage moyen de 3 tonnes/heure une semaine sur deux, le tapis du convoyeur achemine les algues récoltées vers un premier pré-broyage avant de conduire la matière première vers le tunnel de pré-séchage, où les algues seront exposées à une température de plus de 500 °C. Les algues sont ensuite projetées vers un dessableur, où toutes les substances plus lourdes (en particulier le sable) retombent à part et sont donc écartées de la matière première. Celle-ci passe alors sous un aimant qui permet d’enlever toute trace éventuelle de ferraille, puis est soumise à un deuxième broyage qui réduit la matière à 10 mm de diamètre environ. Les algues passent ensuite sur une table vibrante où de l’air pulsé les réchauffe avant de les envoyer jusqu’à un silo d’où elles s’écoulent pour un troisième broyage vers différentes cellules de tamis en fonction de la granulométrie désirée. Le produit fini est conditionné en big bag ou en sacs de 25 kg. La ligne de traitement des algues vient d’être renouvelée en bonne partie à la fin de l’année 2010 (broyeurs et cellules de tamis). « Toute la gamme proposée par Setalg est certifiée Ecocert® et GMP », précise Daniel Hernandez. Le directeur général se dit conscient de l’enjeu que constitue le besoin de protéines pour la sécurité alimentaire mondiale, et voit dans les algues une ressource d’avenir précieuse. Même les vertes ? Là-dessus la société ne souhaite pas s’exprimer ni dévoiler ses projets.

Sarah Le Blé

 … Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 649 – Septembre 2011

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