Moulin Marion : miser sur la proximité

Le fabricant rhônalpin produit des aliments bio toutes espèces depuis les années 1980. L’entreprise entretient des liens forts avec les producteurs et utilise une grande variété de matières premières.

Julien-Boris Pelletier, directeur technique et commercial d’Aliments Marion et Maria Pelletier, présidente des Moulin Marion. À leurs côtés, François-Christian Cholat, directeur de Maison François Cholat, en charge de la nutrition animale. « La bio chez Cholat, c’est la gamme Marion », assure-t-il.

Julien-Boris Pelletier, directeur technique et commercial d’Aliments Marion et Maria Pelletier, présidente des Moulin Marion. À leurs côtés, François-Christian Cholat, directeur de Maison François Cholat, en charge de la nutrition animale. « La bio chez Cholat, c’est la gamme Marion », assure-t-il.

Ils sont entre 800 et 1 000 producteurs clients de l’entreprise, dont plusieurs centaines sont aussi fournisseurs de matières premières. « Nous assurons un suivi technique et nous nous engageons auprès de nos producteurs, avec lesquels nous avons créé des relations de confiance de très longue date, à acheter leurs productions au prix que nous fixons ensemble », explique Julien-Boris Pelletier, directeur technique et commercial de la fabrique d’aliments. Depuis 1984, Moulin Marion a noué progressivement des partenariats avec des producteurs bio. Très vite la nutrition animale s’est avérée une activité complémentaire à celle de la meunerie, afin d’assurer aux agriculteurs des débouchés pour les productions non valorisables dans cette filière mais indispensables à une bonne gestion des rotations culturales. 12 000 tonnes d’aliments sont produites aujourd’hui. L’agriculture biologique est un choix historique qui n’a cessé de faire progresser l’entreprise. Elle a fait de sa priorité l’approvisionnement en France, et au mieux en Rhône-Alpes et pour l’optimiser, elle s’est rapprochée d’un autre acteur de sa région, la Maison Cholat. Qualité, traçabilité et proximité restent les maîtres mots en toutes circonstances (lire aussi RAA n° 700). Moulin Marion valorise une grande variété de matières premières pour lesquelles l’adaptation des « recettes » aux besoins physiologiques des animaux est un enjeu majeur.

Maximiser l’origine France

Pour y parvenir, l’entreprise multiplie les moyens de collecte. Dans les zones proches des outils de production, elle peut faire poser des bennes au moment des récoltes. Et sur le reste du territoire français, elle collecte auprès des producteurs qui font du stockage tampon. « Cela nous permet de récupérer même de petits volumes sur les zones où nous livrons des aliments », souligne Julien-Boris Pelletier. Lorsque nécessaire, des camions sillonnent les régions avec l’objectif de maximiser l’origine France. « Des agriculteurs nous ont contactés dans le Nord, en Charente, dans les Bouches-du-Rhône, dans le Gers ou encore en Haute-Garonne, et les collecter c’est aussi pour nous un moyen de soutenir le développement de la filière en France ». Des achats à l’extérieur sont aussi nécessaires. « Pour certaines matières premières transformées ou des céréales seulement disponibles à l’étranger, nos principaux partenaires sont aussi des producteurs que nous sommes allés visiter directement, précise Julien-Boris Pelletier. Pour sécuriser les filières, il faut connaître les acteurs et faire des audits. »

Moulin Marion, une histoire familiale depuis 1897.

Moulin Marion, une histoire familiale depuis 1897.

Valoriser jusqu’aux petits lots

En bio, il faut aussi savoir valoriser beaucoup de petits volumes. « Un certain nombre d’agriculteurs nous proposent des petites quantités, 2 t, 8 t, 10 t, 30 t, 50 t, et pour des productions très variées, céréales, protéagineux, etc. », explique Julien-Boris Pelletier. Nous les collectons grâce notamment à un système logistique que nous avons mis en place. Les aliments sont livrés avec des camions équipés de cuves compartimentées ce qui permet, au retour de tournées, de récupérer les productions et qui plus est de ne pas faire rouler des camions à vide ». Cette logique se poursuit au stockage. L’entreprise possède de nombreux silos de capacités variables, de 30 à 500 t qui, d’une part, permettent de stocker les volumes certifiés bio mais aussi, les lots de matières premières issus de 2e année de conversion. Celles-ci, dites C2, sont utilisables à hauteur de 30 % maximum en formulation. « Nous atteignons ce niveau à certains moments mais sur l’année nous sommes toujours bien plus bas », souligne le responsable. Au total, une quarantaine de matières premières d’origine agricole sont utilisées en formulation.

Adapter les recettes

« Nous optimisons sans cesse nos recettes en fonction des disponibilités, explique à son tour Maria Pelletier, présidente des Moulins Marion. Dans la filière agroalimentaire bio, un certain nombre de transformateurs nous proposent aussi de petites quantités de divers produits. À titre d’exemple, cela peut être des tourteaux de courge. Après analyses et étude de formulations, nous les valorisons en les incorporant à des pourcentages parfois infimes, en respectant les équilibres nutritionnels suivant les élevages concernés ». Cette démarche de valorisation, pour profiter des atouts d’un grand nombre de matières premières, soutenir les producteurs partenaires dans leurs débouchés et ainsi éviter le gaspillage au sein de la filière et s’adapter dans un contexte d’approvisionnements tendus, n’est pas sans efforts. Chaque modification de formule doit être contrôlée. « On doit la faire certifier par notre organisme de contrôle, précise Julien-Boris Pelletier. La reformulation et le suivi de certification représentent un travail important. Si je rentre un maïs C2 par exemple, je dois le redéfinir au sein de la formule, le faire contrôler et faire modifier les étiquettes. »

(…)

F. Ripoche

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 702 – Décembre 2016

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