Journées techniques MiXscience : la R&D au cœur de la stratégie de développement

Quelques mois seulement après sa création (voir RAA 680), MiXcience invitait déjà ses clients à la Chapelle-sur-Erdre (Loire-Atlantique), pour deux demi-journées dédiées aux espèces porcs et volailles. Une première pour la nouvelle société d’expertises et d’innovations du pôle animal du groupe Avril (anciennement Sofiprotéol), qui réaffirme ainsi ses ambitions de développement sur le marché français. Au programme : santé digestive, évolution des itinéraires nutritionnels et des stratégies alimentaires.

« Il faut se montrer réactif face aux problèmes posés en production animale. Dans un contexte parfois compliqué, nous devons proposer des solutions pour produire au meilleur prix, en respectant le bien-être de l’animal, en limitant les rejets et les gaz à effets de serre, tout en limitant l’usage des antibiotiques en élevage », résume Géry Brussart, directeur commercial et du développement international de MiXscience, en guise de mot d’accueil aux participants. Un challenge que MiXscience se propose de relever et qui a constitué le fil rouge de la demi-journée technique volaille, puis de la journée technique porc.

1re journée technique volailles

Intégrité digestive en volaille, quelles solutions ?

« La démédication est une question d’actualité brûlante pour la filière volaille française », introduit Adeline Mathiaud, chercheuse volaille. « Les hauts niveaux d’oxydes de zinc sont progressivement interdits et les autorités publiques de tous les pays européens prennent des mesures de réductions de la consommation d’antibiotiques par les animaux d’élevage. » Ces réglementations, portées par des attentes sociétales nouvelles, poussent les acteurs de la nutrition animale à développer des alternatives à l’utilisation d’antibiotiques.

Stéphanie Klein et Adeline Mathiaud ont fait le point sur quelques alternatives aux antibiotiques en volaille.

Stéphanie Klein et Adeline Mathiaud ont fait le point sur quelques alternatives aux antibiotiques en volaille.

« L’intestin de l’animal constitue l’interface la plus exposée au retrait progressif des antibiotiques », explique-t-elle. « Il faut réduire la pression microbienne dans le tube digestif par des solutions nouvelles, et ainsi favoriser l’utilisation des nutriments pour la croissance. » Michel Magnin place la coccidiose au premier rang des pathologies qui altère le bon fonctionnement du système intestinal. « Les lésions générées par cette pathologie sont bien connues : destruction des cellules épithéliales, inflammations, inhibition enzymatique, dégradation des performances, etc. » Les anticoccidiens sont encore majoritairement utilisés en élevage pour contrer l’apparition de coccidies. Mais pour combien de temps encore la réglementation l’autorisera-elle ? Dans le cadre de la lutte contre l’antibiorésistance, l’utilisation des anticoccidiens est dans le viseur des pouvoirs publics. Certains standards de production interdisent déjà leur utilisation.

Du côté des stratégies alternatives, Stéphanie Klein, chercheuse volaille, évoque l’utilisation de vaccins vivants atténués, dont les effets ont été testés en 2014 en station expérimentale (Euronutrition). « Les vaccins diminuent les effets négatifs des coccidies, mais ne réparent pas les lésions. La vaccination a par ailleurs un « coût immunitaire » pour l’animal qui présente des performances dégradées les 10 premiers jours. » Autre alternative de plus en plus souvent utilisée : les solutions à base de plantes. MiXscience a ainsi développé le Luminat, constitué d’extraits végétaux « sélectionnés pour agir sur différents stades de développement des coccidies et pour protéger la muqueuse intestinale. » D’après Adeline Mathiaud, les résultats d’essais, menés par MiXscience sur le terrain, montrent que les performances ainsi que la protection contre la coccidiose (évaluée par les scores lésionnels) du groupe bénéficiant du Luminat sont améliorées par rapport au groupe recevant un produit concurrent, et proche du groupe avec anticoccidien. « De quoi rendre toujours plus crédibles les solutions dites alternatives. »

Une question d’équilibre

Anne Mahieu, chef de produit volaille, a présenté le programme alimentaire OBAO développé par MiXscience.

Anne Mahieu, chef de produit volaille, a présenté le programme alimentaire OBAO développé par MiXscience.

« La phase de démarrage et de croissance représente aujourd’hui les 2/3 de la vie du poulet. L’animal atteint 2 kg en 33 jours environ. Un poids qui était atteint en plus de 43 jours dans les années 2000. Dans ce contexte, ne doit-on pas faire évoluer les recommandations ? », interroge Anne Mahieu, chef de produits volailles de MiXscience. Elle s’est en particulier penchée sur les niveaux d’énergie et de lysine digestible, « en gardant à l’esprit la nécessité d’atteindre un optimum technique mais aussi économique ». Au travers du programme OBAO, MiXscience propose de « retravailler » les formulations, à partir d’un travail de compilation des données existantes, de méta-analyses et d’essais terrains. « Il faut investir en énergie sur les phases de démarrage et de croissance pour favoriser le GMQ, l’indice de consommation et le rendement. Sur les phases de finition et de retrait, il semble que l’apport d’énergie au-delà de 3 100 Kcal continue d’améliorer les résultats techniques mais pas forcément les résultats économiques. Du côté de la lysine digestible, des niveaux élevés en démarrage, en croissance, mais aussi en phase de finition/retrait permettent d’optimiser tant les performances techniques qu’économiques, ainsi que les rendements. » Ces résultats ont été confirmés par un essai mené en 2013 sur une souche Ross PM3. Les équipes de MiXscience ont voulu aller plus loin, en contrôlant l’adéquation de ce programme alimentaire OBAO avec des souches génétiques différentes (R308, R99, Cobb 500). « L’essai mené en 2014 a montré que les différentes souches ne réagissent pas de la même manière à la baisse d’énergie métabolisable en finition/retrait », explique Anne Mahieu, qui questionne l’intérêt de maintenir une gamme de quatre aliments (démarrage, croissance, finition, retrait) en toutes situations. « S’il est essentiel de sécuriser le démarrage et d’assurer une bonne croissance, les niveaux d’EM et lysine digestible pourraient varier selon la souche génétique, l’âge d’abattage et l’objectif de l’organisation de production : privilégier le rendement filet ou le poids vif. »

(…)

O. W.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 683 janvier-février 2015

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