Journée volailles BNA : examen réussi pour les poulets

BNA Nutrition Animale organisait à la mi-octobre sa 6e journée technique consacrée aux volailles et aux programmes alimentaires « gagnants » pour cette espèce. Si l’étude des interactions optimales entre phosphore, calcium et phytase d’une part, et l’optimisation des programmes alimentaires et la sécurité digestive d’autre part, apparaissent comme une constante parmi les thèmes de recherche de la firme-services, BNA oriente aussi de plus en plus ses études sur le rôle des fibres.

Michel Magnin, directeur technique de BNA, a introduit la journée technique consacrée aux volailles en présentant les quatre matières « diplômantes » que sont le Bien-être, l’Economie, la Performance et la Contribution environnementale (BEPC), sur lesquelles la firme-services proposait son expertise.

Filant la métaphore autour de la formation diplômante des poulets, Michel Magnin, directeur technique de BNA, a insisté sur l’importance pour les volailles d’obtenir leur « BEPC », pour Bien-être, Economie, Performance et Contribution environnementale. « Les contraintes techniques ne cessent d’augmenter ; aussi les capacités de réponse des poulets doivent-elles s’élever, note le directeur en préambule de la journée. Parmi ces quatre critères (ou « matières diplômantes »), le bien-être découle en partie de la directive bien-être, via les notations portant sur la réduction du taux de mortalité à 10 jours, les lésions cutanées, la qualité des litières ou le taux de mortalité journalier cumulé. BNA a complété ces critères par la matière sèche des fientes et la capacité de rétention en eau (CRE) des fientes. »

Calcium / Phosphore / Phytase

Agnès Narcy et Xavière Rousseau, chercheuses à l’Inra, se sont penchées sur l’interaction phytase/phosphore en vue d’une bonne assimilation de ce dernier, en privilégiant une approche intégrée : « Il s’agit d’optimiser l’utilisation du phosphore selon plusieurs critères, indique Agnès Narcy : la maîtrise des apports et des rejets, le maintien des performances et les interactions entre phosphore et phytase au niveau de l’organisme. » L’étude menée par l’Inra sur l’assimilation du phosphore portait sur une approche comparée entre le porc et la volaille, ce qui a permis d’observer l’influence du pH, du temps de transit et de la morphologie sur l’assimilation du phosphore chez les deux espèces, et ainsi comprendre de façon plus fine les différences de modalités d’actions de la phytase sur ce point. « Plus le temps de rétention dans l’estomac est long, plus on favorise l’utilisation digestive du phosphore, souligne Agnès Narcy, qui en profite pour rappeler le rôle clé des fibres sur ce critère et combien les facteurs propres à l’aliment jouent sur l’utilisation du phosphore. « Le calcium a par exemple une capacité d’insolubiliser les phosphates et apparaît indispensable à la fixation du phosphore au niveau de l’os. Mais les réponses à l’apport de calcium diffèrent selon le critère choisi, GMQ ou cendres tibiales. »

Détaillant alors le rôle bénéfique de la phytase sur la libération du phosphore, Agnès Narcy explique que l’ajout de phytase augmente la marge de réponse optimale. Par ailleurs, l’augmentation du calcium ayant un effet délétère sur les performances du poulet, « la phytase permet de contrecarrer l’effet négatif du calcium ».

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Les poulets ont la fibre

Claire Le Dain, BNA : « Les fibres agissent sur le pH, la qualité des fientes et donc des litières. Leurs critères sont néanmoins très variables, tout se joue dans la finesse de formulation. »

Gaëtan Legrand et Claire Le Dain ont ensuite évalué le caractère « diplômant » des fibres dans l’alimentation des poulets. BNA travaille en effet depuis deux ans sur les propriétés fibreuses des matières premières, en prenant en compte les trois critères de description physico-chimiques des aliments qui permettent de mieux valoriser ces derniers : l’encombrement, le gonflement et la capacité de rétention en eau. Les essais, portant sur 1 624 Ross mâles (croissance et finition) soumis à 15 traitements alimentaires différents, ont permis de mettre en valeur « une amélioration de l’IC avec certains régimes « fibres », un effet des fibres sur le développement, sur  le pH du gésier et sur la qualité des fientes », résume Claire Le Dain, qui met également en avant l’intérêt des trois prédicteurs en formulation.

Les travaux de BNA ont aussi porté sur l’effet de la granulométrie de 32 matières premières, et il a été établi qu’il existait une très bonne corrélation entre celle-ci et la CRE et l’encombrement, tandis que la corrélation s’avère moins bonne avec le gonflement. « Les projets d’étude vont concerner l’analyse de l’effet de la variabilité du process usine ainsi que l’effet de l’incorporation d’enzyme sur ces trois critères que sont l’encombrement, le gonflement et la capacité de rétention en eau. Nous recherchons actuellement des partenariats pour réaliser ces études », annonce Gaëtan Legrand.

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Marché du prémix

Pascal Jeanmichel a conclu la journée par un état des lieux du marché des prémix et additifs en analysant l’évolution des prix des vitamines et oligo-éléments, des pigments et des prémix : « De plus en plus  de vitamines sont produites par la Chine, dans des conditions parfois incertaines, avance le technicien. Les variations de prix des vitamines B6 et B9 ont une explication purement chinoise par exemple. Les variations des prix des oligo-éléments s’expliquent quant à elles en bonne partie par la forte spéculation existant autour du cuivre, ce qui a eu une incidence majeure sur le prix du sulfate de cuivre, et plus mineure sur le cobalt, le sélénium. Parmi les autres éléments haussiers, on compte évidemment les variations de la parité euro/dollar, mais aussi le manque de planification de l’activité industrielle chinoise, avec des arrêts fréquents de production. »…

Sarah Le Blé

… Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 652 – décembre 2011

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