Huiles essentielles et extraits de plantes : Phytosynthèse explore le monde végétal

Depuis 1996, Phytosynthèse produit et commercialise des phytogéniques, associations d’extraits de plantes destinées aux animaux d’élevage via l’aliment ou l’eau de boisseau. Forte d’une offre riche et structurée, l’entreprise auvergnate, qui vient d’investir pour automatiser son process de production, explore désormais le microbiote pour tenter d’expliciter le mode de fonctionnement de ses principes actifs.

« Phytosynthèse, créé en 1996, est une entreprise qui fabrique des phytogéniques titrés pour la nutrition animale, résume Nathalie Granger-Bonal, responsable marketing et support technique de l’entreprise basée à côté de Clermont-Ferrand. Les phytogéniques sont des produits formulés à base d’extraits de végétaux sous la forme sèche et/ou d’huiles essentielles. Ils sont classés en additifs sensoriels d’un point de vue réglementaire. Ils répondent à de nombreuses problématiques d’élevage et apportent une réponse à la demande d’alternatives aux antibiotiques dans le cadre du plan Ecoantibio qui vise à réduire de 25 % l’utilisation des antibiotiques en élevage entre 2012 et 2017. » Phytosynthèse travaille exclusivement avec des extraits végétaux naturels : « Nous ne faisons pas appel à des produits de synthèse. »

Phytosynthèse a étoffé ses équipes et réorganisé sa R&D pour se lancer dans un ambitieux programme de recherche fondamentale afin de mieux comprendre le mode d’action des principes actifs végétaux.

Phytosynthèse a étoffé ses équipes et réorganisé sa R&D pour se lancer dans un ambitieux programme de recherche fondamentale afin de mieux comprendre le mode d’action des principes actifs végétaux.

« Phytosynthèse représente 60 % des extraits secs de plantes défendus au consortium européen pour la mise à jour de la future liste européenne d’extraits végétaux autorisés en Europe, présente Sylvain Kerros, responsable de l’innovation chez Phytosynthèse. Cela illustre notre différenciation : nous ne maîtrisons pas que les huiles essentielles mais sommes bel et bien des acteurs de la phytogénique dans son ensemble. » « Les mélanges présentent l’intérêt de permettre une synergie au niveau des molécules, souligne Nathalie Grange-Bonal. Contrairement aux huiles essentielles de synthèse qui ne présentent qu’un seul type de molécules, les essentielles naturelles et les extraits comportent toute une famille de molécules en plus de celle titrée, offrant large spectre d’activités : antibactérienne, anti-inflammatoire, antioxydantes, etc. »

Explorer la black-box

Phytosynthèse a été racheté en 2012 par le Groupe Lehning, groupe pharmaceutique qui développe des solutions de santé naturelles, phytothérapie, aromathérapie et homéopathie. « Phytosynthèse permet à Lehning de devenir un acteur complet de la santé naturelle, explique Nathalie Granger-Bonal. Basé à Sainte-Barbe à côté de Metz, Lehning existe depuis 81 ans, c’est un laboratoire familial, dont les produits sont, comme Phytosynthèse, entièrement produits en France. » Si des synergies commencent à se mettre en place sur les fonctions support, la R&D, le sourcing et le marketing demeurent propres à chaque marque.

Forte de son expérience, Phytosynthèse met aujourd’hui en avant sa forte expertise au niveau R&D, mais aussi terrain : « Nous maîtrisons notre chaîne depuis le sourcing jusqu’aux applications terrain. »

Première étape : l’approvisionnement. « Sa maîtrise est essentielle car il nous permet de garantir la teneur titrée des principes actifs de nos produits, explique Sylvain Kerros. Nous fabriquons des gammes standardisées dont nous garantissons les effets en élevage. » Phytosynthèse travaille à partir de trois types de matières premières : des plantes sèches broyées, des huiles essentielles et des plantes fraîches. « Nos principales zones d’approvisionnement sont le bassin méditerranéen, l’Amérique du Sud, central et du Nord, et l’Asie », présente Nicolas Kairet, le responsable de production. Phytosynthèse est également son propre fournisseur de matière première : « Nous disposons d’une filiale de production de plantes médicinales au Sri Lanka, PhytoLanka, depuis 2006, explique Sylvain Kerros, où nous réalisons nos propres cultures. Nos relations avec nos fournisseurs sont de véritables partenariats : sur certaines plantes, nous utilisons 1/3 du sourcing mondial, nous avons intérêt à construire des échanges fiables. Il ne s’agit pas seulement de trouver une plante mais de s’assurer de la quantité disponible, développer des méthodologies d’analyse des principes actifs, de les standardiser, etc. Nous faisons du transfert de technologie analytique pour que nos fournisseurs soient capables de répondre à nos cahiers des charges. Notre spécificité est de nouer des relations avec nos producteurs pour comprendre jusqu’aux conditions de culture et de récolte qui affectent la composition des plantes. Cela nécessite de respecter des quotas de cueillette parfois… Le sourcing recouvre une réalité très complexe. »

À l’autre bout de la chaîne, les effets des matières premières et produits sont validés par des essais, d’abord in vitro en laboratoire, puis en ferme expérimentale. Phytosynthèse dispose d’une ferme expérimentale en Auvergne, un élevage de poulets labels, sous contrat.

Pour l’heure, la production est essentiellement manuelle.

Pour l’heure, la production est essentiellement manuelle.

Outre des investissements sur le site de production, le rachat par Lehning s’est traduit par une réorganisation et un renforcement du pôle innovation qui regroupe désormais la R&D, la qualité et les fonctions du laboratoire. L’équipe R&D s’est vue renouvelée et renforcée et attribuée pour mission l’exploration de nouvelles pistes de recherche, selon le concept de la black box. Sylvain Kerros en explique le concept : « Nos additifs ont fait leur preuve mais il est toujours difficile d’expliquer leur mode d’action. Un antibiotique répond à un mode d’action simple avec une molécule et une cible bien définie. Avec un phytogénique, c’est plus compliqué et sous le coût d’une communication contrainte à des allégations très strictes. » À travers son concept de la black box, Phytosynthèse cherche à révéler les différents modes d’action de ses produits, notamment au niveau du microbiote afin d’observer les impacts sur la flore et leurs effets indirects. « Nos produits agissent comme des aides de la solution nutritionnelle, illustre Thibaut Chabriat, responsable produits. Aujourd’hui, nous avons besoin d’avancer dans la maîtrise et la connaissance de nos produits plutôt que de développer une nouvelle offre. Nous ne cherchons pas des arguments de vente mais un approfondissement de nos connaissances pour expliquer les effets indirects de nos produits. Nos gammes sont déjà bien étoffées, les expliquer permet de leur redonner de la visibilité. »

(…)

F. Foucher

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 702 – Décembre 2016

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