Harmonie Nutrition équine : « Nous fabriquons des compléments alimentaires »

Harmonie Nutrition équine fabrique des compléments en minéraux et vitamines pour les chevaux. Dans un entretien Audrey Delong, fondatrice de l’entreprise ornaise, créée en 2017, nous en dit plus.

Les trois chevilles ouvrières de l’entreprise : de gauche à droite, Audrey Delong, Mathilde Bremer et Marylou Fougeray, en compagnie de Pinouche, cheval âgé de 32 ans.

La Revue de l’Alimentation animaleComment votre entreprise a-t-elle vu le jour ?

Audrey Delong : Il y a plus de vingt ans, mon cheval Pinouche fut victime d’une fourbure avec désabotage dont il faillit mourir. Par la suite, il connut d’autres problèmes de santé : dermite, fourbures chroniques, sensibilité des pieds, teigne, etc. Un jour, j’ai appelé une podologue. Elle m’a fait réaliser des exercices avec mon cheval et l’a très bien paré. Cependant, je constatais peu d’améliorations sur lui. J’ai donc cherché d’où venaient ses soucis alimentaires. Biologiste de formation, j’ai repris des études avec une vétérinaire spécialisée en nutrition équine. Après analyses, j’ai compris ce qui n’allait pas dans le fourrage. J’ai donc fabriqué des compléments alimentaires sur mesure en commandant, y compris à l’étranger, les matières premières dont j’avais besoin. À la suite de cela, les pieds de Pinouche, aujourd’hui âgé de 32 ans, se sont bien remis. En outre, il n’a plus connu de problème de santé.

R.A.A : Quel a été votre parcours professionnel ?

A. D. : Après avoir obtenu un master de biologie à l’Agrocampus de Rennes, j’ai été hydrobiologiste pendant dix ans. J’ai démarré comme technicienne chargée d’études et j’ai terminé comme cheffe de projet.

R.A.A : Lancer votre entreprise a-t-il été difficile ?

A. D. : Oui ! J’ai assuré des formations tout en restant salariée à temps complet. Je travaillais les week-ends et les jours fériés : facturation, comptabilité, site Internet et production. Jusqu’à l’arrivée de Mathilde, le volume de travail était conséquent.

R.A.A : Quelles sont les activités de votre entreprise ?

A. D. : Via un laboratoire, nous analysons des fourrages et nous formons les particuliers et les professionnels. Mais notre principale activité concerne la fabrication, la distribution et la commercialisation de compléments alimentaires pour les chevaux.

R.A.A : Vous partez du postulat que le fourrage n’est pas suffisant pour l’équilibre alimentaire d’un cheval.

A. D. :Effectivement. Les analyses de fourrages constituent notre point fort. Nous disposons de milliers d’entrées. Elles nous ont permis d’établir des statistiques sur les apports du fourrage et sur ce qu’il fallait complémenter avec les chevaux. Sur ces bases, nous avons élaboré plusieurs produits.

R.A.A : Quels sont les atouts et les limites du fourrage ?

A. D. : Herbivore, le cheval a besoin de fibres pour assurer un fonctionnement correct de son système digestif. Malheureusement, en raison du changement climatique, les fourrages sont de moins bonne qualité. La dégradation des sols impacte également les fourrages. Ceux-ci sont carencés en cuivre, en zinc, en iode, en sélénium, etc. Ils manquent également d’oligoéléments et de minéraux (magnésium, phosphore et, parfois, calcium). On différencie l’apport d’un aliment de celui d’un complément en minéraux et vitamines (CMV). Via des doses d’une centaine de grammes, nos solutions apportent des minéraux, des oligoéléments et des vitamines. Avec un aliment, les quantités sont plus importantes : on parle de kilogrammes. Les protéines complémentent les fourrages pauvres. Mais les concentrés d’oligoéléments, de minéraux et de vitamines sont limités.

Propos recueillis par Gilles Hardy

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