Borregaard : cap sur la dureté du granulé

Borregaard se fixe comme stratégie d’être « leader sur des niches choisies », et se présente comme le producteur n° 1 mondial de lignine, une matière issue du bois permettant de valoriser les produits de l’alimentation animale. Le groupe norvégien présente aujourd’hui sur le marché européen une innovation dans les liants de granulation. Rencontre avec Mathieu Calmont, responsable nutrition animale sur l’Europe de l’Ouest.

Le site de Sarpsborg, en Norvège, concentre 90 % de la production Borregaard dédiée à la nutrition animale, dont en particulier les liants de granulation.

Chimiste du bois depuis plus de 120 ans, Borregaard a depuis le milieu du XXe siècle élargi sa production de papier et de cellulose à d’autres produits issus du traitement du bois comme la lignine ou l’éthanol, le tout dans un souci de développement durable que la société tient à mettre en avant. Le groupe norvégien affiche aujourd’hui, à travers sa filiale LignoTech, une stratégie renforcée sur le marché de la nutrition animale, avec l’introduction en Europe d’un nouveau liant de granulation. « Les liants de granulation restent les produits majoritaires de notre activité en nutrition animale, précise Mathieu Calmont, responsable des ventes NA en Europe. Bien qu’étant sur des produits de commodités pour l’alimentation de base, nous avons cherché à innover dans les lignosulfonates et notamment sur ce qui concerne leur critère de dureté. Les clients portent une attention particulière sur ce dernier aspect, non seulement d’un point de vue technologique mais aussi pour des questions de consommation et zootechniques, notamment dans l’aliment volaille, où nous souhaitons nous développer. » Et Mathieu Calmont de citer des études observant une consommation accrue avec la dureté de l’aliment (J. Quentin et al, Application 2004).

« Liant de durabilité et de dureté »

Les lignosulfonates, issus de la lignine extraite du bois, offrent une solution pour améliorer le passage de l’aliment en filière tout en maintenant la qualité nutritionnelle de celui-ci : « Les matières grasses peuvent contribuer à améliorer ce passage en filière mais elles font perdre la durabilité au produit, note Mathieu Calmont. Borregaard a donc mis en valeur une partie lubrifiante qui n’affecte pas la durabilité de l’aliment grâce à sa base minérale qui maintient la qualité nutritionnelle. Cette solution, PellTech, convient en particulier aux minéraliers et aux fabricants d’aliment porcelet, c’est-à-dire des produits très délicats. »

Mathieu Calmont, responsable nutrition animale pour l’Europe de l’Ouest.

Les lignosulfonates liquides peuvent se présenter comme des produits de substitution à la mélasse, dont le prix subit des variations importantes, ajoute Mathieu Calmont. Borregaard a donc choisi d’innover dans les lignosulfonates avec le lancement du PressTech sur le marché européen (le produit est en effet déjà présent sur les marchés américain et norvégien). Enregistré comme additif technologique, le PressTech apparaît comme un « mix entre le liant de durabilité et de dureté » et vise en particulier deux applications, pour l’aliment volaille et les seaux et blocs à lécher.

En nutrition animale, Borregaard oriente également sa stratégie sur un autre produit concernant cette fois les protéines by-pass, un sujet de recherche et développement sur lequel se penche la société depuis bientôt 30 ans, avec notamment le SoyPass (commercialisé en France par le Belge Danis). (…)

Acidifiant bactériostatique

Borregaard commercialise enfin une gamme d’acidifiants principalement à destination des monogastriques (90 % de la production). « SoftAcid est un mélange d’acidifiants que nous vendions jusqu’à présent comme un produit non corrosif (voir RAA 619, p. 24) ; nous réorientons aujourd’hui notre stratégie marketing en mettant en valeur l’aspect nutritionnel de ce produit », souligne Mathieu Calmont, responsable monde pour cette gamme. Une étude menée en octobre 2011 par l’Institut de recherche d’Oslo a en effet permis à Borregaard de mettre en avant les propriétés bactériostatiques du produit : « Le SoftAcid fait chuter la communication entre les bactéries, qui du coup développent une résistance individuelle plutôt que collective », autrement dit une défense bien moins efficace, qui limite sérieusement leurs moyens d’action. « Des essais sont actuellement en cours pour étudier l’efficacité du produit sur les salmonelles », précise Mathieu Calmont. La production du SoftAcid se répartit selon des accords de licence qui permettent à des partenaires français, espagnols et allemands de le fabriquer. Une stratégie qui correspond à la philosophie du groupe, préférant nouer des partenariats forts avec des fournisseurs locaux.

Sarah Le Blé

… Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 654 – Mars 2012

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