Aliouest : 615 000 t d'aliment pour la première année

Né du rapprochement des unités de fabrication d’aliments de la Coop de Broons (Côtes d’Armor) et de la Cecab (Morbihan), Aliouest a une capacité totale de production de 650 000 t par an pour 5 000 éleveurs en Bretagne et Loire-Atlantique.

Trois structures détiennent le capital social de l’union de coopératives agricoles Aliouest, née le 1er juillet 2010 : la Cecab, la Coop de Broons et Bernard Agri-services (société de négoce Appro basée près de Nantes et appartenant au groupe Cecab). « Cette union est née après une année de rapprochement et de partage de la fonction achat de matières premières », rappelle Hervé Vasseur, ex-directeur de Cecaliment devenu le directeur d’Aliouest.

Quels sont les ressorts de la création d’Aliouest ? « La coopérative Cecab, dont l’image était liée au sud Bretagne, souhaitait trouver un partenaire coopératif partageant ses valeurs et situé au nord de la région », explique Hervé Vasseur. La Coop de Broons, ayant une sensibilité filières (en productions animales et en céréales), est donc apparue comme un partenaire naturel et complémentaire de la Cecab, notamment sur le plan géographique. Avec comme avantage pour la Coop de Broons le fait de pouvoir s’appuyer sur un groupe solide (le groupe Cecab) avec de nombreux outils de transformation (voir encadré) qui lui assurent une sécurité des débouchés.

Avec une capacité totale de 650 000 t d’aliments, Aliouest a produit 615 000 t d’aliments en 2010, soit une hausse de 1 % par rapport à 2009. L’aliment porc représente la moitié des fabrications, les pondeuses 20 %, les bovins et les dindes représentant chacun 15 % du total. « Si l’aliment porc a baissé en 2010 du fait de la conjoncture, les aliments bovins et volailles bondissent chacun d’environ 10 % », commente Hervé Vasseur. Chaque structure garde son siège et ses salariés (à Broons pour la Coop de Broons et à Saint-Allouestre pour la Cecab), mais les sacs d’aliments portent dorénavant la marque commune Aliouest, avec en compléments les trois logos des structures détentrices du capital social.

Deux sites complémentaires

L’usine de Saint-Allouestre produit près de 70 % du tonnage total d’Aliouest (425 000 t en 2009), avec trois fabrications principales : l’aliment porc (40 %), l’aliment volailles (40 %) et l’aliment bovins (20 %). Cette usine, qui fêtait ses vingt ans en 2010, a vu sa capacité doubler en dix ans, passant de 230 000 t à 450-500 000 t, d’où des investissements permanents réalisés sur le site. L’un des investissements majeurs a été la construction en 2002 d’une vraie usine mash, unique en Bretagne et destinée aux élevages bovins. Cette usine mash utilise une trentaine de matières premières, stockées en silos verticaux et dosées par gravité. Les principales matières utilisées sont différents types de luzerne, des betteraves, des tourteaux de tournesol et de colza, des drêches de blé et de maïs coproduits des usines de production de bioéthanol. L’installation prévoit l’incorporation de tout type d’additifs (mélasse, levures…) selon les besoins des éleveurs. « Un tiers du tonnage bovin, soit plus de 30 000 t sur un total de 90 000 t d’aliment bovin, est aujourd’hui du mash », explique Hervé Vasseur, qui précise que les éleveurs intéressés par cette présentation d’aliments sont à la recherche de davantage de transparence, de qualité et de sécurité. Plus fibreuses, les rations comportant du mash ont l’avantage de stimuler la rumination, d’où une amélioration des taux et de la qualité du lait.

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Hervé Vasseur, directeur d’Aliouest : « Nous allons accompagner les éleveurs et continuer à nous battre sur l'amélioration des résultats techniques des élevages ».

« Nous travaillons sur les mêmes thèmes dans l’usine de Broons », précise Hervé Vasseur. Cette usine est davantage spécialisée sur l’aliment porc, qui représente 70 % de son tonnage total. Les autres fabrications concernent l’aliment bovins (20 %) et volailles (10 %). Les investissements à venir portent sur l’amélioration du broyage en l’adaptant davantage à chaque espèce (investissements dans des nouveaux broyeurs et améliorations des broyeurs existants). En période d’aliments chers, il est également pertinent d’inciter les éleveurs porcs à passer de la farine (les éleveurs des Côtes d’Armor ont une prédilection pour cette présentation) à la miette, cette présentation améliorant l’indice de consommation. L’usine de Broons verra par ailleurs l’installation d’ici l’hiver 2011 d’une station mash simplifiée (correcteurs azotés uniquement).

Synergie

La création d’Aliouest a permis une optimisation des moyens techniques et la création de synergies dans de nombreux métiers, grâce à une gestion industrielle centralisée. Au niveau des achats tout d’abord, il est devenu plus facile de faire appel à des caboteurs complets arrivant sur le port du Légué, à Saint-Brieuc, d’où la Coop de Broons est très proche. « Le service achat est plus actif, et dorénavant plus présent sur les marchés à terme », ajoute Hervé Vasseur. En 2010, une grosse part de la collecte bretonne est partie à l’export en panifiable, du fait de sa très bonne qualité, et Aliouest a dû faire appel à davantage d’importations d’Europe du nord en colza, céréales fourragères ou coproduits.

Le service qualité, qui occupe trois personnes, s’est vu également dopé par la création d’Aliouest, tant au niveau du contrôle des matières premières que des produits finis. « À effectif égal, on a spécialisé nos équipes existantes », résume Hervé Vasseur. L’optimisation des moyens techniques touchera la logistique en 2011, avec l’utilisation prochaine d’un programme commun d’optimisation des tournées. À cette meilleure cartographie des commandes d’aliments, il faut ajouter un logo commun qui sera apposé sur l’ensemble de la flotte des camions courant 2011. « Un tiers des livraisons sont réalisées avec nos propres camions, le reste étant sous-traité », précise Hervé Vasseur. Enfin, la création d’Aliouest a permis de renforcer l’encadrement technique des éleveurs, avec pour conséquence une meilleure proximité et un meilleur accompagnement économique de ces derniers…

Philippe Caldier

… Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 644 – mars 2011

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