Assemblée générale Nutrinoë

Réunis en assemblée générale en juillet dernier, les fabricants d’aliments bretons de l’association Nutrinoë ont tiré le bilan d’une année 2016 chaotique. Ils avaient invité des homologues européens à réfléchir sur les réponses à apporter aux attentes des consommateurs : Français, Belges, Italiens et Espagnols ont partagé leurs points de vue.

Hervé Vasseur, président de Nutrinoë, et Laurent Morin, directeur de l’association, ont animé l’assemblée générale.

Hervé Vasseur, président de Nutrinoë, et Laurent Morin, directeur de l’association, ont animé l’assemblée générale.

Nutrinoë, l’association des fabricants bretons d’aliments pour animaux, a tenu son assemblée générale en juillet dernier. Hervé Vasseur, président de Nutrinoë et par ailleurs directeur d’Aliouest, a commencé par rappeler les chiffres clés du marché européen : « Le tonnage au niveau européen progresse légèrement : 154,2 millions de tonnes (Mt) fabriquées en 2016, +0,4 % par rapport en 2015, soit une hausse de 0,6 million de tonnes. Le numéro 1 est l’Allemagne qui pèse 15,2 % du marché européen avec 23,6 Mt, en recul de -0,1 %, soit une perte de 0,02 Mt. En deuxième position vient l’Espagne qui représente 14,2 % avec 22 Mt, en hausse de +1,6 %, soit une croissance de 0,35 Mt. La France est troisième sur le podium avec 12,9 % du marché européen soit 20,1 Mt, en recul de -3,5 %, ce qui représente une perte de 0,73 Mt. » Les chiffres montrent que c’est l’aliment pour volaille qui tire les volumes européens à la hausse : +1,9 %. La France perd des positions particulièrement en volaille où la Pologne gagne +5,8 %. La France recule également en porc de -3,4 %, face à l’Espagne en hausse de +0,6 %. En ruminant, elle perd -4,4 %.

Hervé Vasseur livre son analyse du marché français : « La France a globalement perdu -12 % de sa production en 14 ans. Le marché national connaissait une certaine reprise en volailles depuis 2006 qui est effacée par la crise en 2016. Sur cette espèce, il a perdu 1,2 Mt depuis 2001, soit un recul de -12 % depuis 2001. En porc, la baisse est continue depuis 2001 avec un recul global sur cette période de 2,1 Mt, soit -30 %. Quant au secteur bovin en crise depuis 3 ans, les fabrications sont proches du niveau de celles de 2007. »

Pour Hervé Vasseur, les deux tiers de la baisse observée en porc sont imputables à la Faf. Le reste est lié aux améliorations des indices de consommation et à la baisse du nombre de charcutiers élevés. En volailles, il précise que « le recul est lié cette année à la chute des volumes en palmipèdes (-17 %) et en poulets (- 2,1 %) et à la pause observée dans la croissance des aliments pondeuses (- 0,5 %) ».

369 000 tonnes envolées en 2016

La région Ouest incluant Bretagne, Basse-Normandie et Pays de la Loire représente 12,1 Mt en 2016 soit 60 % des fabrications françaises. Ces régions regroupant les deux tiers des productions animales françaises. Cette zone a perdu 2 millions de tonnes en dix ans. Elle recule de -3 % en 2016 par rapport à 2015 soit un recul de 369 000 t. Hervé Vasseur observe « la poursuite de la baisse en porc : -3,2 %, -133 Mt dont -110 Mt en Bretagne ». Il souligne une « baisse de la volaille en Bretagne (-3,5 % soit -105 Mt) tandis que les Pays de la Loire résistent (+0,3 %) ». Il note enfin « une chute de l’aliment vache laitière (-9,9 %, soit -166 Mt). Elle est de -8 % en Bretagne et -11 % en Normandie. Sur l’ensemble de la zone le mash est en progression de +18 % ».

Selon les données de Nutrinoë, « la baisse d’1,5 million de tonnes des volumes en porcs entre 2001 et 2016 dans l’ouest est imputable à 63 % à la Faf, qui explique la disparition de 945 000 t. Les progrès de l’IC expliquent le recul de 503 000 t et la baisse de production porcine de 53 000 t. »

Il cite quelques tendances observées en ce début d’année 2017 en Bretagne : « La chute des fabrications cumulées d’aliments sur les cinq premiers mois de 2017 est de -2,5 %. L’analyse des évolutions à la fin du mois de mai 2017, par espèce, montre un recul de -2,6 % en volailles (-14,3 % en dindes, +2,9 % en poulet, -0,6 % en ponte), un recul de -4,4 % en porcs (dont -6,2 % en charcutier complet), une croissance de +5 % en bovins et un spectaculaire -23 % en lapin, dont la production souffre d’une double crise sanitaire et de consommation. »

Selon les simulations réalisées par Nutrinoë et Feedsim, les besoins en aliments à la ferme sont de 4,2 Mt en France pour 2017. Ils représentent désormais 49 % des besoins en aliments porc. Le besoin pour l’ouest est de 2,8 Mt d’aliment ce qui représente 43 % des besoins totaux en aliment porcs. « Pourtant, plaide-t-il, le prix de l’aliment complet est relativement compétitif par rapport à celui de la Faf. 80 % de ce coût est imputable aux matières premières et 6 % aux coûts logistiques sur lesquels un fabricant d’aliment, en vue son volume d’activité mieux placé qu’un éleveur-fafeur, fut-il intégré à un groupement d’achat. Sur les huit dernières années, en moyenne, il n’y a pas de différence significative entre les aliments composés et les aliments fabriqués à la ferme. La guerre stérile qui oppose les deux modèles est dépassée. »

Concernant les besoins en matières premières du marché breton, Hervé vasseur rappelle que le soja demeure en 2016 la première protéine végétale incorporée : il est importé à hauteur de 1,16 Mt. « La Bretagne importe 57 % de ses besoins en protéines (fourrages compris) soit 5,7 Mt de matières premières. »

(…)

F. Foucher

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 709 – Septembre 2017

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