Zéro déforestation importée : Un Manifeste pour les fabricants d’aliments

La Coopération agricole Nutrition animale et le Snia ont présenté, mercredi 2 mars, lors du Salon de l’agriculture, un Manifeste destiné à garantir, au plus tard en 2025, un approvisionnement non-déforestant en protéines végétales dans l’alimentation des animaux d’élevage.

« L’importation de protéines végétales et plus particulièrement de soja reste nécessaire et utile pour bien nourrir les animaux d’élevage et pour assurer la compétitivité économique des filières animales françaises », a rappelé François Cholat, président du Syndicat national des industriels de la nutrition animale (Snia), lors de sa prise de parole au Salon de l’agriculture. Avec la Coopération agricole Nutrition animale, ils ont profité de l’événement parisien pour dévoiler un Manifeste d’engagement des fabricants d’aliments pour animaux contre la déforestation, car la durabilité de ces importations est un enjeu majeur.

Les acteurs français de la nutrition animale s’engagent en ce sens depuis 2016, pour des solutions « pertinentes, viables, vérifiables, opérationnelles, économiquement performantes et partagées ». La profession a ainsi créé la plateforme Duralim, afin de fédérer tous les acteurs de la chaîne alimentaire en France, « pour contribuer ensemble à une alimentation durable des animaux d’élevage qui réponde aux attentes sociétales et aux exigences du marché ». La plateforme collaborative porte notamment un engagement 100 % durable avec un objectif zéro déforestation à horizon 2025. Le pilotage de cet engagement a conduit à la création, l’an dernier, de l’Observatoire du risque de déforestation importée. Le Manifeste souligne que « Duralim a permis des avancées majeures dans la compréhension du dossier et dans l’identification des solutions au service des opérateurs, grâce à une concertation large dans un cadre apaisé et constructif ». Le secteur emploie aujourd’hui 38 % de soja garanti durable et « nous voulons que le soja non déforesté ne constitue pas l’exception mais l’intégralité du marché », souligne François Cholat.

Le secteur attend aujourd’hui une solution réglementaire européenne, « applicable à tous, pour traduire et concrétiser les politiques publiques et définir des règles à l’importation de produits sur le marché européen vis-à-vis du critère risque de déforestation, conversion ». Dans l’attente de cette solution, la Coopération agricole nutrition animale et le Snia ont décidé de lancer un Manifeste pour garantir, au plus tard en 2025, un approvisionnement non-déforestant en protéines végétales. « C’est une étape importante car ce Manifeste vient concrétiser et rendre opérationnel l’engagement pris par le secteur en 2018 avec Duralim », précisent les deux présidents.

Ermeline Mouraud

Retrouver l’intégralité de l’article dans notre numéro 755.

Inscrivez-vous à la newsletter
gratuite de La Revue de l’Alimentation Animale.