Transférabilité des SSAP américains : Un pas de plus vers l’emploi du soja durable

L’incorporation de soja durable dans l’alimentation des animaux d’élevage est en passe de devenir une nécessité. L’Europe vient en effet de légiférer pour interdire les importations de produits qui pourraient être liés à la déforestation. Les modalités de définition et de contrôle d’un soja durable et « non déforestant » sont loin d’être définies, mais de nombreuses parties prenantes de l’alimentation animale les anticipent. C’est le cas du conseil américain pour l’exportation du soja (Ussec) qui vient rendre transférables ses certificats de durabilité (SSAP).

En annonçant la transférabilité jusqu’à quatre fois de ses certificats de durabilité, le conseil américain pour l’exportation du soja (Ussec) peut espérer augmenter ses parts de marché en Europe et en France. © Ussec

Incorporer du soja durable dans l’alimentation animale en France et en Europe est de moins en moins une utopie, de plus en plus une réalité. Déjà depuis 2013, la Fefac (Fédération européenne des fabricants d’aliments composés pour animaux) s’engage dans ce sens. En 2015, elle a établi un guide de bonnes pratiques pour l’approvisionnement en soja de ses adhérents, qu’elle a fait évoluer en 2021. Le principe est celui « d’un engagement volontaire de la part des acteurs de l’alimentation animale européenne », décrit Nicolas Coudry-Mesny vice-président de la Fefac et président d’Eurofac (organisation qui regroupe toute la nutrition animale française).

Un guide commun à tous les acteurs européens

Ce guide comporte 73 critères, 54 essentiels et 19 désirés, qui définissent la notion de durabilité du soja. Établis en concertation par les représentants de l’industrie de l’alimentation animale et les partenaires de la chaîne d’approvisionnement, ces critères correspondent à cinq grands principes de la durabilité : le respect des lois, des conditions de travail décentes, le respect de l’environnement, des bonnes pratiques agricoles et des droits fonciers. Parmi ces critères figure le très emblématique critère « ne pas avoir été produit sur des terres issues de milieu naturel récemment convertis, c’est-à-dire d’anciennes forêts, milieux humides, marais, tourbières… » (1).

Le guide des bonnes pratiques de la Fefac est géré par une organisation indépendante, l’ITC (International trade center), qui détermine si une démarche ou une certification proposée par un opérateur est conforme aux critères. Le nombre de démarches référencées comme conformes augmente régulièrement. À ce jour, 21 sont jugées conformes, dont 20 qui intègrent le critère de non-conversion (2).

Catherine Perrot

(1) La Fefac a choisi de faire de la « non-conversion des milieux naturels » un critère « désiré » et non « essentiel », arguant qu’il serait ainsi plus facile de le faire évoluer avec l’avancement de la législation et des connaissances.
(2) Ces démarches conformes sont référencées sur le site de l’ITC : https://www.standardsmap.org/en/identify?client=FEFAC

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