Enquête Biomin/DSM mycotoxines : Un risque global sévère pour 2022 au niveau mondial

L’enquête Biomin/DSM, qui observe la prévalence des mycotoxines dans le monde, met en évidence un risque élevé cette année : jugé sévère pour l’Asie du Sud-Est, il demeure haut pour l’Europe. La France n’est pas exempte de risque, comme l’explique Laure Roussel.

Anneliese Müller, responsable de l’analyse du risque mycotoxines chez DSM

Pour la première fois, l’enquête Biomin sur l’état des mycotoxines dans le monde a été présentée sous la bannière DSM, puisque Biomin a rejoint le groupe en fin d’année 2020. Elle était présentée à l’occasion d’un webinaire, avec possibilité de suivre une version adaptée à chaque zone du monde_: Europe, Asie- Pacifique et Amérique. Anneliese Müller, responsable de l’analyse du risque mycotoxines chez DSM, présente le rapport : « En 2021, nous avons réalisé 112 634 analyses sur 24 069 échantillons provenant de 75 pays.» C es é chantillons sont pour 90% des blés, orges, maïs et aliments finis, mais aussi des sojas et coproduits. Les analyses portent sur six mycotoxines : aflatoxines, zéaralénone, déoxynivalénol, T-2, fumonisine et ochratoxine A. « Le risque de toxicité attribué aux échantillons contaminés est basé sur notre expérience et nos essais », explique Laure Rouxel, spécialiste mycotoxines DSM. « Dès lors qu’apparaît un impact sur les performances ou la santé des animaux, le niveau de risque minimal est attribué. Si 25% des échantillons contaminés sont au dessus du premier seuil d’impact, le risque est considéré comme faible. Mais si plus de 75% des échantillons contiennent des mycotoxines au-delà de ce même seuil, le risque est jugé extrême et apparaît en rouge.»

Un risque global élevé, voire sévère

Ainsi en 2021, c’est en Asie du Sud et en Chine que le risque est le plus important, jugé comme sévère. Mais l’Europe s’affiche en orange foncé à un niveau de risque élevé. «_À l’échelle mondiale, 61% des échantillons sont contaminés par des mycotoxines à des niveaux qui peuvent  affecter la santé et les performances », commente Anneliese Müller. «_C’est pourquoi DSM considère le risque global comme sévère pour cette année. Le niveau de co-contamination est, lui aussi, élevé car 64% des échantillons présentent plus d’une mycotoxine. » Wolfgang Markert, responsable produits risque mycotoxine pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique (EMEA), estime le niveau de risque moyen pour cette zone à 44_%. « Mais la moyenne n’est pas forcément la valeur la plus représentative car les situations sont diverses.» En Europe, ce sont 7054 échantillons qui ont été intégrés à cette enquête. «_Pour la partie Europe de l’Ouest, 52% des échantillons ont présenté une contamination au-dessus du premier seuil de risque de toxicité pour les animaux, pour au moins une mycotoxine, précise Laure Rouxel. Et les mycotoxines les plus prévalentes sont celles produites au champ par les champignons de type Fusarium : DON (64%) et zéaralénone (50%).» Wolfgang Markert présente le résultat des analyses menées sur les ensilages de maïs en Europe : 80% sont contaminés par le DON et 75% par la zéaralénone.

60 % d’échantillons contaminés en France

Laure Rouxel, spécialiste mycotoxines DSM fait le point sur la situation française.

Pour la France, les résultats des analyses de 549 échantillons ont été enregistrés. « 60 % de ces échantillons présentent une contamination au-dessus du premier seuil de risque de toxicité pour les animaux, pour au moins une mycotoxine, affirme Laure Rouxel. Ce qui est en hausse marquée par rapport à 2020, où 48% des échantillons dépassaient ce même seuil. » Le DON est la mycotoxine la plus prévalente, détectée dans 91% des échantillons, dont 57% à des niveaux de contamination au-dessus du premier seuil de toxicité pour les animaux. Ces niveaux sont en hausse par rapport à 2020, tout comme ceux de la zéaralénone, avec 68% des échantillons contaminés, dont 23% au-dessus du seuil de risque. Laure Rouxel insiste sur le phénomène de multi-contamination : « Il est important de noter que 72% des échantillons analysés présentent une multicontamination : plusieurs mycotoxines retrouvées au sein du même échantillon. Ces multi-contaminations sont quasi-systématiquement mises en évidence sur les échantillons de maïs et d’aliments finis, respectivement, 86% et 93% des échantillons analysés et également fréquentes sur le blé pour 66% des échantillons analysés. Or, des synergies existent entre mycotoxines et ces multi-contaminations et constituent un facteur supplémentaire d’aggravation du risque pour les animaux. » (…)

 

Françoise Foucher

Retrouver l’intégralité de l’article dans notre numéro 755.

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