Débat sur les filières bio : que disent les organisations laitières ?

Face au contexte inflationniste et de moindre consommation, les structures bio n’ont d’autre choix que celui de s’adapter. Mais si la filière est chahutée, elle garde le cap d’un avenir plus serein. En toile de fond, des enjeux forts pour pérenniser la bio, le renouvellement des générations et la relance de la consommation.

La conférence « Où en sont les filières bio ? » organisée par Initiative Bio Bretagne (IBB) invitait différents acteurs du Grand Ouest à donner leurs points de vue sur l’avenir. De g. à dr. Loïc Guines, président de l’Agence Bio, Arnaud Ménard (Olga), Julien Sauvé , président de la Fédération régionale des agrobiologistes de Bretagne (Frab), Daniel Haener (Eureden, filière œuf), Jérôme Jacob, président de Bretagne Viande Bio (BVB), Pascal Ballé (Terrena).

Au Space, certains représentants se sont exprimés lors de la conférence d’Initiative Bio Bretagne « Où en sont les filières Bio ? ». C’est le cas de Olga (ex- Triballat) et Terrena. Nous interrogeons également Agrial en marge de la conférence sur la filière lait bio du Cniel. Nous rencontrons Biolait, présent comme chaque année sur le stand Bio Grand Ouest du salon. Si tous accusent une part de déclassement du lait bio, ils confirment un impact atténué par le prix du lait conventionnel. Et si globalement les ventes de produits bio s’étiolent, moins 8,3 % en GMS, au 1er semestre 2022, moins 15 % en magasins spécialisés, pas question de renoncer à l’avenir, bien au contraire.

L’entreprise bretonne Olga (ex-Triballat) compte 330 producteurs, 19 marques et 10 sites de transformation. Arnaud Ménard, responsable filière et relation agricole, pointe le déséquilibre entre matières grasse et protéique. « Le développement du fromage bio ne prend pas et la poudre de lait est un marché d’export. Les espoirs pour consommer cette matière protéique ne décollent pas, donc nous en déclassons en conventionnel, sans dépasser un pourcentage pour ne pas mettre l’entreprise en danger », explique-t-il. Pour contrebalancer le déséquilibre, la collecte est lissée sur l’année grâce à un peu plus de vêlage à l’automne, « démarche entendue avec les producteurs ». Le responsable observe une dé-consommation en ultra-frais de l’ordre de 8 à 9 %, une situation « en décalage avec nos préoccupations agricoles ». L’entreprise honore les conversions en cours, mais n’en prend pas de nouvelles. En revanche elle travaille sur « les transitions », entendez le renouvellement des générations. « Je crois que nous ne sommes pas au fond de cette décroissance, mais elle repartira et il faut s’y préparer, estime-t-il. Quatre producteurs chez Olga ont trouvé repreneurs. » La moitié du chiffre d’affaires de l’entreprise concerne la bio et cette part sera plus importante demain. « Nos efforts sont plus portés sur la bio », soutient le responsable.

Frédéric Ripoche

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