Co-produits laitiers : Caractériser les ingrédients laitiers pour l’alimentation porcine

Après avoir mené une vaste enquête auprès des laiteries et agro-industries fromagères, la firme-services Wisium a élaboré un protocole d’échantillonnage et analyses qui lui permet aujourd’hui de disposer d’une base matricielle robuste pour décrire les produits laitiers et bien les valoriser en nutrition porcine.

Opération de décaillage d’un fromage à pâte molle : la France et ses industries fromagères variées sont une source d’ingrédients laitiers intéressants pour la nutrition animale.
© Françoise Foucher

«  La France a une tradition d’utilisation des ingrédients laitiers en élevage liée à l’importance du secteur agro-industriel laitier, présente Eric Schetelat, responsable porc de la firme-services Wisium. Les co-produits laitiers liquides, sont particulièrement bien adaptés aux systèmes de distribution en soupe des exploitations porcines. Certains terroirs ont même développé une connexion traditionnelle entre les productions laitière et porcine, qui s’illustre par exemple dans le cahier des charges de la production des saucisses de Morteau. L’intégration des ingrédients laitiers dans l’alimentation animale participe de l’économie circulaire car elle permet de valoriser des co-produits sans entrer en compétition avec l’alimentation humaine». Si les utilisateurs de ces co-produits sont majoritairement des fafeurs, ils ont recours à un fabricant d’aliment pour la fourniture du complémentaire, noyau vitaminique ou aliment minéral : « Notre rôle de firme-services est d’aider le fabricant à se positionner comme spécialiste de la nutrition auprès de ces fafeurs et de lui donner toutes les cartes pour pouvoir apporter le service attendu par l’éleveur ».

Le pays aux 1 000 fromages

Mais dans le pays aux 1 000 fromages, il existe une très grande variété de co-produits laitiers, dépendant de la nature du lait et du type de procédé et de produits laitiers obtenus, ce qui complexifie leur recommandation d’utilisation en élevage : «  Dans les grandes lignes, résume Eric Schetelat, une fermentation lente avec un caillage lactique donnera un lactosérum acide avec un pH final inférieur à cinq. Tandis qu’une pâte pressée et/ou cuite donnera un lactosérum doux, avec un caillé de type phospho-caséinate c’est-à-dire pauvre en calcium et phosphore ». Wisium a donc effectué une enquête auprès des sites de production de fromage français afin d’identifier les co-produits laitiers en qualifiant les process pour mieux recouper les informations avec les résultats d’analyse. Une campagne d’échantillonnage a été réalisée selon un protocole développé spécialement : « En fonction du taux de matière sèche, la taille de l’échantillon diffère, explique Eric Schetelat. La prise d’échantillon est déterminée à partir d’un arbre décisionnel qui considère la capacité de certains co-produits laitiers à sédimenter, indépendamment de la teneur en matière sèche. De même, la présence d’un système de brassage dans la cuve de stockage et la durée d’utilisation d’une livraison sont des paramètres très importants à relever ».

Concentration préalable de l’échantillon

Des analyses chimiques et microbiologiques ont été menées pour caractériser les co-produits laitiers : «  Sur ce dossier, nous avons travaillé avec UpScience, le laboratoire du groupe, afin de développer un protocole spécifique de concentration préalable de l’échantillon par un séchage doux qui ne dénature pas la protéine et évite les réactions de Maillard ». Enfin Wisium applique son savoir-faire à la sélection des éléments à analyser selon la nature du co-produit : « Les lactos érums acides sont pauvres en matière grasse ; leur analyse n’ est donc pas nécessaire. L’azote non protéique n’est nécessaire à analyser que sur les perméats du fait des process d’ extraction des protéines à haute valeur ajoutées mis en œuvre », illustre Eric Schetelat. Paradoxalement, plus un produit est appauvri, plus son analyse est coûteuse car les composants, notamment minéraux, y sont concentrés, et donc source de risques pour la nutrition. Wisium a défini trois types d’analyses en fonction du type de lactosérum plus une analyse microbiologique : «  Les bulletins d’analyse préremplis rendent la demande d’analyse très simple pour le technicien. C’est l’assurance de ne rien oublier et la garantie d’y consacrer le juste budget  ».

Au vu de ces résultats d’analyse chimique et bactériologique, Wisium a élaboré des descriptifs matriciels robustes et dispose d’éléments pour sensibiliser l’éleveur à l’utilisation du co-produit laitier dans sa ration selon les stades physiologiques de ses animaux.

Françoise Foucher

 Article à lire dans la RAA n°753, janvier-février 2022.

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