Le technicien augmenté d’Adventiel permet d’être joint en toutes circonstances.

Automatisme et informatique : l’usine connectée offre de nouvelles possibilités

Les outils connectés font leur entrée massive dans les usines de fabrication d’aliment. Dans les allées du Space, les technologies IIOT (internet industriel des objets) sont sur toutes les lèvres, même si le traitement des données reste le point clé nécessitant un important travail de défrichage et d’optimisation. Certaines entreprises innovantes, à l’instar de CaptaPlus, se sont emparées du sujet à bras-le-corps pour fournir aux fabricants des solutions clés en main qui soient en phase avec les fermes connectées.

Le technicien augmenté d’Adventiel permet d’être joint en toutes circonstances.

Le technicien augmenté d’Adventiel permet d’être joint en toutes circonstances.

La télésurveillance des silos peut désormais se faire depuis l’usine, grâce à des capteurs (de type A) installés au niveau des silos et qui transmettent les informations par un réseau basse consommation et longue portée (le réseau LoRaWAN). Les capteurs des silos, disséminés un peu partout dans l’usine, sont connectés à une antenne « Gateway ». Ils donnent les informations concernant le niveau de cuves à fioul, les détecteurs de fumées, les compteurs d’eau, etc. OET va encore plus loin en installant des capteurs (de type C) capables de déclencher des ordres de commandes (comme actionner un ventilateur si la température observée est trop élevée).

OET a par ailleurs élargi sa solution progicielle Alia en s’adressant au responsable d’usine qui a besoin de l’information en temps réel avec Alia Board. Celui-ci dispose sur toutes les applications mobiles d’indicateurs de tendance qui l’alertent sur les choses anormales (un débit ralenti, trop de dosage, etc.). « Ces tableaux de bord en ligne, qui visent d’abord à renforcer la surveillance et l’optimisation de l’usine, sont également utilisés par nos clients comme outils d’animation managériale », indique Eric Taburet, directeur R&D du groupe Altenov dont dépend OET.

Chargement vrac autonome

La société spécialisée dans les automatismes a présenté également au Space sa solution numérique Easyvrac, assistant le chauffeur dans le chargement de son camion. « Après un travail en collaboration avec un client (Etablissement Michel), nous avons mis au point un système de chargement rendant le chauffeur autonome, y compris hors pont. Celui-ci positionne précisément son camion sous les cases à l’aide de caméras, d’un télémètre laser et d’une tablette, et il peut également imprimer son bon de livraison depuis sa cabine. La seconde étape du projet, encore en phase de finition à ce jour, consiste à faire remonter toutes les informations de suivi de livraison grâce à la tablette embarquée. Tout le flux peut ensuite être optimisé par ce système. »

Actemium a présenté sur le salon une autre solution de chargement vrac autonome, où le chauffeur scanne la tablette après avoir calibré son plan de chargement. Répondant à une demande de ses clients, « cette solution permet d’optimiser les coûts tout en valorisant le chauffeur », précise Rodolphe Rabecq, qui indique que la société a mis en ligne la base de données Nutriciel, recensant tous les articles et références en lien avec des problématiques précises et mis à jour régulièrement.

Réalité augmentée

A l’aide d’un smartphone ou d’une tablette équipés d’une application de réalité augmentée, l’opérateur d’usine peut désormais recueillir toutes les informations souhaitées en se plaçant face à l’équipement sur lequel sont placés des tags permettant de l’identifier. OET travaille en ce moment sur deux prototypes de salles de commandes dématérialisées, qui reçoivent d’ores et déjà un bon accueil de la part de ses clients : « L’ergonomie est simple et correspond à l’utilisation attendue », résume Eric Taburet. Adventiel a présenté pour sa part sur le Space un « technicien augmenté » à même d’être guidé dans toutes sortes d’actions, lesquelles sont intégralement tracées. Le groupe a par ailleurs reçu un Innov’Space pour son interface Voixeo conçue pour travailler en conversationnel dans différentes situations. « Cette solution permet de simplifier et planifier les commandes, tout en fidélisant les clients », présente Benoît Coudreau, en charge du conseil et des solutions spécifiques.

Actemium a mis en avant également le fruit de ses recherches en matière de réalité augmentée : après les lunettes connectées en 2016, la société a fait cette année la promotion du casque virtuel. Utilisé dans le cadre de formation, celui-ci offre, dans un décor virtuel et néanmoins très réaliste (par définition), une assistance technique d’aide à la décision pour les opérateurs. « Il permet par exemple de valider une implantation d’usine », indique le dirigeant en précisant que la société développe beaucoup de projets à l’export.

Valoriser les données d’élevage

Plusieurs entreprises emblématiques de la nutrition animale (groupe CCPA, Terrena, Triskalia, le groupe Avril, Unéal, etc.) se sont rassemblées autour du projet collaboratif innovant de la société CaptaPlus proposé par Franck Bitar et son équipe pour collecter, transmettre et valoriser en temps réel les données d’élevage de toute sorte (structurées, brutes ou relationnelles en provenance d’APIs, d’appareils ou d’équipements d’élevage, de capteurs et de bases de données). « Ce service est né en réponse à la demande des clients d’Ogarit Solutions (société spécialisée dans le Big data), qui avaient besoin de données en temps réel pour eux-mêmes améliorer leurs services auprès de l’éleveur. Ce dernier reste au cœur du système CaptaPlus, car c’est lui qui gère l’accès aux données via le portail », explique Franck Bitar.

Le dispositif se compose d’une plateforme Cloud et de boitiers intelligents répartis dans les élevages, ceux-ci recevant un ordre du Cloud pour collecter des données spécifiques stockées et/ou qui circulent dans l’élevage. « Au final, ce service unique permet aux clients de CaptaPlus d’analyser et d’interpréter ces données afin de proposer à leurs clients éleveurs de nouveaux services d’accompagnement encore plus précis, réactifs et adaptés à leurs problématiques, comme le suivi et le pilotage de leurs performances, le confort de travail, le bien-être des animaux, etc. », résume Franck Bitar, qui annonce de nouveaux partenariats en France, en Europe et à l’international.

Sarah Le Blé

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