Vaches laitières : regards croisés sur l’alimentation

À l’occasion du Space, l’Institut de l’Élevage a organisé différentes conférences dont une s’intitulant « Regards croisés sur l’alimentation des vaches laitières ». Avec la volonté de dresser un tableau de la diversité des systèmes d’alimentation bovins laitiers, les premiers résultats d’une étude mondiale menée par la Fil, le Cniel et la FAO ont été présentés. Aperçu des résultats.

Une cartographie des systèmes d’alimentation bovins laitiers dans le Monde a été élaborée grâce à une enquête mondiale réalisée entre 2010 et 2011 dans une vingtaine de pays. Cette enquête avait trois objectifs au niveau de la Fil : avoir une vision plus large des différents systèmes d’alimentation bovins lait dans le monde, travailler avec des données standardisées entre pays, et servir de base de données à de futurs travaux. (…). Ainsi, un à cinq systèmes d’alimentation représentatifs ont été retenus par pays.

Le territoire français très diversifié

Il ressort des premiers résultats partiels que la France fait partie des pays où la diversité des systèmes d’alimentation est la plus grande, même si seulement cinq systèmes représentatifs ont été retenus dans le cadre de cette étude. De plus, ils sont bien répartis sur l’ensemble du territoire. « En France, nous produisons du lait d’abord en consommant des fourrages et notamment de l’herbe, analyse Benoît Rouillé, de l’Institut de l’Élevage. (…) »

les vaches laitières au coeur d'une conférence au SpaceEn effet, les fourrages représentent au minimum 75 % de la ration, contre 11 % au maximum pour les aliments composés. La complémentation en aliments composés et en coproduits dépasse rarement 25 % de la ration dans les systèmes identifiés. (…) Les résultats définitifs de l’enquête seront dévoilés par la Fil à l’occasion de son prochain sommet mondial, en novembre 2012. (…)

Observer l’alimentation des vaches laitières

Après ce premier état des lieux, Cécile Le Doaré, du Cniel, a présenté l’Observatoire de l’alimentation des vaches laitières, créé en 2010 par l’Institut de l’Élevage en partenariat avec le Cniel, le Snia et Coop de France. Cet observatoire a trois objectifs : quantifier, caractériser et suivre les évolutions des pratiques d’alimentation ; déterminer l’origine des matières premières utilisées en France ; et exercer une veille et une expertise sur les pratiques émergentes. (…)

Il a ainsi été défini une typologie des 15 systèmes bovins laitiers français en fonction de leur orientation technico-économique, de la zone de production et de leur spécialisation laitière. L’analyse de ces résultats met en avant une prédominance des systèmes laitiers de plaine (77 % des élevages) par rapport à ceux de Montagne-Piémont (23 %). La présence de prairies naturelles sur l’exploitation incite à leur utilisation au pâturage ou sous forme de fourrages conservés. En contrepartie, la présence de terres labourables favorise la mise en place de prairies temporaires et de cultures fourragères annuelles (maïs, betterave…). (…)

Pour faciliter l’analyse des résultats et pouvoir les comparer avec d’autres pays, les élevages laitiers français ont été regroupés en cinq grandes catégories fondées sur la spécialisation vis-à-vis de la production laitière. (…) Les différents systèmes se répartissent de manière variable sur le territoire national. Sans surprise, plus on se dirige vers les plaines de l’est et la montagne, plus les systèmes herbagers sont présents. (…)

S’il a été observé que la présence d’autres bovins ne modifie par l’alimentation des vaches laitières, l’utilisation et la part des concentrés dépendent du système concerné et de la politique appliquée par l’éleveur. Ainsi, les aliments composés « type VL » représentent de 24 % (système Montagne et Piémont spécialisé maïs) à 84 % (système plaine en polyculture spécialisé herbe) des concentrés distribués. En contrepartie, les matières premières produites sur l’exploitation représentent 12 à 46 % des concentrés distribués. De même, les correcteurs azotés « 25-40 % MAT » varient entre 36 % (système montagne herbager) et 81 % (système plaine en polyculture spécialisé herbe) des concentrés distribués. (…)

Émilie Auvray

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 660 – Octobre 2012

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