Jean-François Lefebvre, directeur de l’usine : « Nous allons nous tourner vers des ingrédients plus naturels. »

Affinity Petcare : vingt millions d’euros d’investissements en cinq ans

Implantée à La Chapelle-Vendômoise (Loir-et-Cher), Affinity Petcare fabrique des aliments secs pour chiens et chats. Coup de projecteur sur une entreprise en pleine croissance.

Début avril, La Revue de l’alimentation animale a visité l’usine Affinity Petcare de La Chapelle-Vendômoise (Loir-et-Cher). Jean-François Lefebvre, directeur du site, répond à nos questions.

Jean-François Lefebvre, directeur de l’usine : « Nous allons nous tourner vers des ingrédients plus naturels. »

Jean-François Lefebvre, directeur de l’usine : « Nous allons nous tourner vers des ingrédients plus naturels. »

La Revue de l’Alimentation animale : Que produisez-vous ?

Jean-François Lefebvre : Nous produisons des aliments secs pour chiens et chats selon un process de cuisson-extrusion. Celui-ci est utilisé pour fabriquer des snacks apéritifs expansés, des croquettes, des « cracottes », etc. En moins de trois minutes, l’équipement transforme un mélange d’ingrédients dans lequel il y a de l’amidon en un produit fini qui est cuit et qui a sa forme définitive.

RAA : Combien de recettes proposez-vous ?

J.-F.L. : Quatre-vingt-dix. Et en tenant compte du mode de conditionnement, nous avons deux cent cinquante références.

RAA : De quelle manière vos recettes sont-elles élaborées ?

J.-F.L. : Une équipe de vétérinaires-nutritionnistes basée au siège du groupe à Barcelone (Espagne) détermine ce qu’il faut pour chaque produit en fonction du type d’animal, de son âge, etc. Nous nous appuyons sur le code de nutrition de la Fédération européenne des fabricants d’aliments pour animaux familiers (Fediaf). Celui-ci est validé par les autorités européennes et définit ce qu’est un bon aliment.

RAA : Comment se répartit votre production entre aliments pour chiens et aliments pour chats ?

J.-F.L. : Chacune des deux activités représente environ 50 % de notre production, sachant que les aliments pour chiens ont tendance à diminuer car la population canine baisse alors que celle des chats augmente. Nous suivons la tendance naturelle du marché.

RAA : Qu’est-ce qui différencient vos deux gammes ?

J.-F.L. : Les chats sont plutôt des carnivores. Les rations comportent donc plus d’aliments d’origine animale. Quant aux chiens, ils sont davantage omnivores. Les supplémentations sont également différentes. Par exemple, on supplémente les produits destinés aux chats avec de la taurine car les félins ne savent pas synthétiser cette dernière.

RAA : Au fil du temps, la taille des chiens a diminué : quelles sont les conséquences pour votre usine ?

J.-F.L. : Les petits chiens étant plus difficiles, l’appétence doit être irréprochable. En termes de composition, on se rapproche des aliments pour chats. D’autre part, avec des grands chiens, vous pouvez vendre des sacs de quinze kilogrammes. Avec des animaux de petite taille, les sacs pèsent quatre cents grammes : cela change l’organisation de l’entreprise !

RAA : Quelles sont vos sources d’approvisionnements ?

J.-F.L. : Toutes les céréales que nous introduisons dans nos aliments sont locales. Même chose pour les viandes fraîches. Certes, l’élevage est peu présent en Beauce. Par conséquent, nous élargissons notre cercle vers la Bretagne, l’est de la France et le nord de l’Europe. Nous utilisons beaucoup de coproduits. Ces derniers sont des produits initialement destinés à l’alimentation humaine mais qu’on valorise en alimentation animale.

RAA : Quels sont vos débouchés ?

J.-F.L. : Nous livrons l’essentiel de notre production en France. C’est la stratégie d’Affinity Petcare d’avoir des centres de production au plus près des marchés. Ainsi, le groupe possède une usine en Espagne et une autre en Italie.

RAA : Qu’est-ce qui caractérise le marché français des aliments pour chiens et chats ?

J.-F.L. : La concurrence est forte. Nous sommes trois grands acteurs, dont deux multinationales que sont Nestlé Purina et Mars avec leurs différentes marques. Nous sommes un petit Poucet. Mais sur le segment de l’aliment sec pour chiens et chats, nous réussissons bien. Le marché continue à croître en valeur car le consommateur est prêt à mettre un peu plus d’argent pour une meilleure nutrition de son animal.

RAA : Qu’est-ce que cette évolution entraîne en termes d’innovations produits ?

J.-F.L. : La marque Ultima, qui était à zéro il y a quinze ans, représente aujourd’hui la moitié de notre production. Il y a plus d’ingrédients et de supplémentations. Ce qui nécessite d’avoir plus de silos et une gestion rigoureuse. Nous avons introduit de la viande fraîche dans nos produits. Nos concurrents ne le font pas forcément. Or cela apporte une digestibilité optimale des protéines.

RAA : Ces dernières années, votre usine a réalisé de gros investissements et d’autres opérations sont prévues !

J.-F.L. : En cinq ans, nous avons procédé à trois étapes d’agrandissement. La première visait à avoir plus de silos pour nos ingrédients. Dans un second temps, nous nous sommes dotés d’un atelier pour transformer la viande fraîche que nous recevons des abattoirs. La troisième étape est en cours de finalisation. Nous manquions de capacités de production. Nous avons d’abord créé une équipe de weekend. Puis nous avons investi dans une quatrième ligne de fabrication de croquettes. Celle-ci est adaptée aux produits haut de gamme. L’année prochaine, nous agrandirons notre atelier de transformation de viande fraîche. Au total, cela représente plus de vingt millions d’euros d’investissements en cinq ans.

Affinity Petcare France emploie une centaine de personnes avec un faible turn-over.

Affinity Petcare France emploie une centaine de personnes avec un faible turn-over. Crédit : Affinty Petcare

RAA : Quelles sont les certifications de votre usine ?

J.-F.L. : Depuis 1994, l’usine est certifiée Iso 9 000. Au fil des années, celle-ci a évolué, notamment en ce qui concerne la satisfaction du consommateur. Mais l’attestation la plus importante est la certification Iso 22 000, que nous possédons depuis 2010. Celle-ci concerne la sécurité alimentaire. Et, prochainement, elle comportera des aspects sur la prévention de la fraude. Il nous paraît essentiel que les animaux ne soient pas malades.

RAA : Vous employez une centaine de salariés et vous avez connu une vague de recrutements assez massive !

J.-F.L. : L’entreprise est en croissance. D’autre part, nous avons quarante ans. Or le turn-over de nos salariés est faible. Conséquence : nous compensons les départs en retraite. Ces cinq dernières années, nous avons recruté quarante-cinq personnes. En 2019, nous prévoyons neuf recrutements. Désormais, nous avons besoin d’une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences : la moitié de nos effectifs a moins de cinq ans d’ancienneté. Dans les quatre ans qui viennent, entre vingt-cinq et trente salariés partiront en retraite.

RAA : Qu’est-ce qui fait l’atout de votre site, en plein Centre-Val de Loire ?

J.-F.L. : Les premiers propriétaires souhaitaient s’implanter au milieu d’une région céréalière pour avoir les ingrédients à proximité. Et dans la mesure où nous sommes situés au cœur de la France, nous pouvons distribuer sur l’ensemble du territoire. Quarante ans plus tard, le schéma reste valable. C’est dans les gènes de l’usine d’être très bien situé. En outre, le bassin d’emploi de Blois-Vendôme est à connotation industrielle. Or il est important d’avoir autour de nous des sous-traitants et des savoir-faire.

RAA : Quels sont les projets de l’entreprise ?

J.-F.L. : Affinity Petcare poursuit la stratégie qui a semblé fonctionner jusque-là : proposer des produits d’une qualité irréprochable. Le consommateur veut plus d’authenticité. Certains ingrédients, notamment les colorants, seront retirés même s’ils n’étaient pas mauvais. Nous allons nous tourner vers des ingrédients plus naturels.

Propos recueillis par G. Hardy

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