Veaux de boucherie : la filière caractérise ses matières premières

L’institut de l’élevage et l’Inra ont présenté, à l’occasion du Space, les nouvelles tables de valeurs nutritionnelles des matières premières pour les veaux de boucherie, réunissant tous les acteurs de la filière (1).

 « Alors que 2010 avait été une bonne année pour la production et la consommation de veaux de boucherie, 2011 a été synonyme de rechute », rappelle Jean-Marc Chaumet, du département économie de l’institut de l’élevage. La production française de veaux de boucherie a reculé de 2 % en têtes, soit 1 475 millions d’animaux. Cela représente un volume également en recul de 2 %, avec 203 000 téc ; les poids carcasse étant en moyenne quasi-identiques à ceux de 2010 (134 kg).

crédit : Interbev/Civ@GeorgesHumbert

La majorité de ces veaux de boucherie (1,2 M) sont de race laitière ou croisés. Ils sont élevés par 2 800 ateliers, dont l’une des caractéristiques est d’être de petite taille. « Un quart des élevages a produit entre 300 et 400 veaux en 2011, c’est l’intervalle de taille le plus représenté. Il a réalisé 25 % des livraisons, commente Jean-Marc Chaumet. Mais cette catégorie d’élevage est en nette diminution, avec plus de 300 disparitions ou agrandissements entre 2008 et 2011. Les petits élevages livrant moins de 200 veaux représentaient quand même encore plus de 45 % des ateliers en 2011 et réalisaient 20 % de la production. » Au total en France, 400 ateliers ont disparu en 4 années. Pour autant, ces chiffres ne traduisent pas le potentiel de production : « Le taux de rotation des veaux dans les élevages est variable selon les races et les régions. En outre, il a sans doute été réduit lors du découplage de la prime à l’abattage à partir de 2010, des éleveurs ayant choisi de limiter leurs mises en place en cours d’année. » Le nombre global de places peut cependant être estimé grossièrement à 600 000 en France.

 La France, leader européen

Malgré une production en baisse, la France reste le premier producteur de veaux de moins de 8 mois au niveau européen. L’essentiel du volume est produit dans les deux principaux bassins laitiers : Ouest et Sud-Ouest. L’Ouest concentre également les capacités d’abattage : « La Bretagne concentre 40 % des abattages de veaux laitiers de l’Hexagone, avec l’apport considérable d’environ 60 % des veaux engraissés en Pays de la Loire et en Basse-Normandie. En seconde position, l’Aquitaine réalise 17 % des abattages totaux, avec l’apport du tiers des animaux engraissés en Poitou-Charentes et en Midi-Pyrénées. »

Quant à la situation pour l’année 2012 « sur les 5 premiers mois, la production est en recul de 1 % en têtes et stable en volume. Les mises en place sur le 1er semestre ont été quasi équivalentes à celles de l’année dernière, laissant prévoir une production stable sur le second semestre », prédit Jean-Marc Chaumet.

 Valeurs nutritionnelles

Pour nourrir ces veaux, les fabricants d’aliments français ont produit, en 2011, 352 300 t d’aliments d’allaitement, soit un volume en recul de 7,2 %, selon les données Coop de France / Snia. Si les consommations d’aliments solides demeurent toujours très hétéroclites, allant de quelques dizaines de kilos à plus de 150 kg, la distribution d’aliments d’allaitement est relativement stable, autour de 300 kg par animal.

En revanche, la formulation de ces aliments est de plus en plus complexe, faisant appel à toujours moins de poudre de lait écrémée et toujours plus de protéines laitières. Pour mieux comprendre la digestion de ces nouvelles matières premières et mettre à jour ses connaissances au regard de la coagulation ou non des régimes, la filière a entrepris un vaste travail de caractérisation. Ce programme, financé par Interveaux, Interbovi et FranceAgriMer, a été conduit entre 2009 et 2011 à la station expérimentale du Rheu, en partenariat avec l’Inra, UMR Pegase de Saint-Gilles. Il a concerné 11 matières premières parmi les principales sources de protéines, de glucides et de lipides : poudre de lait écrémé, lactose, poudre de lactosérum doux, poudre de babeurre, concentré de protéines sériques, gluten de blé hydrolysé, concentrat protéique de soja, huile de palme, huile de coprah, suif et amidon de blé prégélatinisé.

« L’idée était d’aboutir à de nouvelles tables de valeurs nutritionnelles, décrit Christophe Martineau, ingénieur de l’Institut de l’Élevage, et responsable de la station veau de boucherie du Rheu en charge de ce programme. Ces caractérisations de digestibilité permettent de prendre en compte l’influence de la coagulation des caséines et des matières grasses dans la caillette sur la digestion des nutriments, dans le but d’améliorer l’équilibre entre les apports et les besoins nutritionnels du veau de boucherie. »

 Faire évoluer les formulations

Ces onze matières premières ont été introduites à des taux variables dans deux séries de huit formules d’aliment d’allaitement…

(1) Le résumé de l’étude est paru dans Veau Flash, publication de l’Idele, téléchargeable sur le site internet www.idele.fr – Christophe Martineau pour l’Institut de l’élevage et Étienne Labussière, pour l’Inra-UMR Pegase Saint-Gilles

Françoise Foucher

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 660 – octobre 2012

La paille favorise l’ingestion et la croissance

L’apport d’aliment solide dans la ration du veau de boucherie s’avère être une piste intéressante pour réduire le coût alimentaire. Particulièrement dans un contexte de prix des matières premières laitières élevés. Le point délicat dans cette technique est de limiter l’absorption de fer de l’aliment solide afin de maîtriser l’anémie. La station du Rheu a mené un essai zootechnique afin de tester l’impact de la présence de paille ou de tannin de châtaigniers dans l’aliment solide. L’aliment était composé de 70 % de céréales et 25 % de protéagineux et fut distribué aux veaux à hauteur de 30 kg à 140 kg, avec 10 % de paille ou avec incorporation de 0,2 % de tannin.

Il s’avère que la quantité d’aliment élevée, même distribuée seule dans le cas des lots témoin, influence positivement le poids vif et le poids carcasse, et montre une tendance à améliorer l’indice de consommation…

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