Séminaire Zinpro : comprendre les interactions entre microminéraux et microbiote

Pour son 5e séminaire volaille européen, Zinpro Corporation s’est plié aux exigences sanitaires du moment et a choisi le format numérique et organisé cette année un webinaire. Plusieurs experts internationaux ont présenté leurs connaissances sur le thème du rôle des oligo-éléments sur la composition du microbiote intestinal et sur la perméabilité de l’intestin. Un rôle clé qui n’est pas sans effet sur les performances et le bien-être, selon ces spécialistes.

Filip Van Immerseel, professeur à l’université de médecine vétérinaire de Gand, en Belgique, a expliqué comment les interactions entre le microbiote et l’hôte chez le poulet sont affectées par les facteurs alimentaires, notamment la supplémentation en zinc.

Le professeur Filip Van Immerseel, de l’Université de médecine vétérinaire à Gand, en Belgique, a d’abord présenté les interactions existant entre le microbiote, son hôte chez le poulet et les facteurs alimentaires. Il a commencé par souligner l’intérêt des technologies « omiques » dans la connaissance de la flore microbienne : « Elles ont révolutionné notre compréhension du microbiote intestinal ».

Nutriments et santé intestinale

Filip Van Immerseel rappelle que le microbiote intestinal mâture est un milieu complexe, très divers, de plus en plus riche à mesure qu’on progresse dans le tube digestif d’une volaille, depuis son jabot jusqu’à son colon. Il est d’abord fortement influencé par l’environnement de l’éclosion puis par les challenges ultérieurs rencontrés par les volailles. « Les bactéries strictement anaérobies sont les indicateurs d’un microbiote stable, explique-t-il. Celles qui produisent du butyrate sont essentielles pour la santé intestinale ; leur développement est réduit chez les animaux qui font face à des challenges sanitaires. D’un autre côté, les entérobactéries sont les marqueurs d’un microbiote dysbiotique. » La dysbiose est une modification dans la composition de la flore microbienne intestinale accompagnée d’une inflammation intestinale, de changements morphologiques qui conduisent à des pertes de performances. Les nutriments, apportés par le régime alimentaire, sont le substrat des modifications fermentaires dans le tube digestif. Elles affectent la composition du microbiote mais aussi la taille des villosités et donc la digestibilité des nutriments.
Rendant compte d’un essai mené à l’Université de Gand, le professeur Van Immerseel a expliqué comment des complexes d’acides aminés de zinc (Availa Zn) réduisent les populations d’entérobactéries et favorisent la santé intestinale. Cet essai mené dans un contexte de stress thermique met en évidence l’amélioration de la barrière intestinale sous l’effet d’une supplémentation en complexe de zinc. « Un examen plus approfondi du microbiote de l’iléon montre que la supplémentation sous forme de zinc complexé à un seul acide aminé réduit davantage les populations de souches bactériennes nuisibles qu’une supplémentation en zinc de forme inorganique », a-t-il présenté. Le même effet s’observe sur la longueur des villosités et la perméabilité de la barrière intestinale.

Le cas des salmonelles

Le docteur Charles Hofacre, président du Southern Poultry Research Group aux États-Unis et professeur émérite de l’université de Géorgie, a fait un point sur la santé intestinale et le risque salmonelle chez les volailles.

Entrant plus précisément dans la composition des bactéries pathogènes, le Dr Charles Hofacre, président du Southern Poultry Research Group aux États-Unis et professeur émérite de l’université de Géorgie, s’est penché sur les salmonelles, qui constituent un problème majeur dans la production de volailles. Il souligne que la santé intestinale joue un rôle majeur dans la gestion de ce risque – parallèlement à des interventions parfois nécessaires pour réduire le problème.
Charles Hofacre rappelle que les coccidies jouent un rôle dans la colonisation par les salmonelles. Il montre les résultats d’un essai qui démontre que si l’entérite nécrotique en elle-même n’augmente pas la colonisation du tube digestif par salmonelle, elle a néanmoins un impact indirect car elle engendre des troubles de la croissance et donc des oiseaux plus petits et plus faibles qui sont plus exposés au risque de salmonelle.
« Il est illusoire d’espérer éradiquer la salmonelle dans le caecum des oiseaux, affirme-t-il. C’est une bactérie présente chez toutes les volailles, dans des quantités faibles. Le contrôle efficace du risque de salmonelle consiste à limiter sa prolifération et contenir la population de salmonelles. Dans ce contexte, il faut prendre toutes les mesures possibles pour réduire l’exposition des oiseaux à la bactérie. Cela passe en premier lieu par des niveaux élevés de biosécurité, une attention particulière lors de l’introduction des intrants dans l’élevage, puis la mise en place d’une série d’interventions de management du lot d’animaux. »

Charles Hofacre énumère la diversité des interventions dans cette lutte contre la prolifération des salmonelles, incluant la vaccination avec des vaccins vivants ou inactivés, l’usage de flore de barrière, le traitement de l’eau et de l’aliment par des acides organiques, les antibiotiques, la supplémentation en oligo-éléments et la modulation immunitaire : « Toutes ces mesures d’intervention ont leur place et doivent être utilisées en association pour une meilleure efficacité ».

Il montre l’effet des régimes alimentaires sur la composition de la flore du petit intestin et détaille le principe de la flore de barrière : les premières bactéries installées occupent le terrain, limitant le développement des bactéries pathogènes. Il montre les effets positifs de la supplémentation en probiotiques et préconise ce genre d’interventions dès trois jours d’âge.
Ce ne sont pas les seules stratégies pour moduler la flore intestinale. Charles Hofacre cite des études récentes portant sur la combinaison de vaccins vivants avec un complément de zinc apporté sous différentes formes : « Ces études ont montré que l’association d’un complexe de zinc avec un acide aminé, Availa Zn, et d’un vaccin donne un meilleur niveau de contrôle du nombre de salmonelles, que ce soit dans les carcasses, le foie ou la rate et dans le caecum », présente-t-il.

Une bonne santé intestinale

Le docteur Leonardo Linares est nutritionniste spécialiste de la volaille chez Zinpro Corporation. Il a présenté l’intérêt d’une supplémentation en zinc complexé à un acide aminé (Availa Zn) sur la santé intestinale des volailles.

Le Dr Leonardo Linares, nutritionniste spécialiste de la volaille chez Zinpro Corporation, a confirmé ses propos en soulignant l’importance de la santé intestinale pour aider les oiseaux à mieux résister aux challenges, particulièrement dans le contexte de la réduction de l’utilisation des antibiotiques qui rend ce sujet encore plus crucial. « L’intestin est le plus grand organe immunitaire. Une bonne santé intestinale est intimement liée à une production avicole rentable, commente-t-il. Des volailles en bonne santé avec un intestin efficace sont plus performantes et absorbent mieux les nutriments. Ce qui est essentiel pour la durabilité et la rentabilité. »
Une barrière intestinale solide est également importante pour la sécurité alimentaire. Leonardo Linares commente les résultats d’un essai récent comparant la supplémentation en sulfate de zinc ou en Availa Zn (zinc complexé à un acide aminé) qui montrent que la source de zinc avait un impact direct sur la paroi intestinale. « Aux jours 10 et 28 de l’essai, les poulets de chair Ross 308 supplépeptides antimicrobiens. Le zinc contribue également à maintenir une meilleure intégrité des jonctions serrées entre les cellules épithéliales. Cela permet de maintenir l’étanchéité entre les entérocytes, ce qui limite le passage des toxines ou des microorganismes dans la circulation sanguine. »

Le rôle protecteur du zinc

Leonardo Linares a également rappelé : « Il a été démontré qu’une supplémentation en zinc complexé à un acide aminé est associée à un niveau plus faible d’inflammation intestinale qui, à son tour, réduit les niveaux de stress oxydatif mesurés par les niveaux de MDA dans le plasma et les niveaux d’ovotransferrine dans la lumière de l’iléon. Des taux élevés d’ovotransferrine indiquent une mauvaise intégrité intestinale. La réduction du stress oxydatif signifie que les volailles ont une réponse immunitaire plus rapide et un rétablissement plus prompt après une infection. »
Lors d’un échange et une session de questions-réponses, ces trois spécialistes s’accordent pour affirmer qu’une meilleure absorption du zinc joue un rôle dans toutes les parties du corps possédant un tissu épithélial monocouche, y compris les poumons et les vaisseaux sanguins : des jonctions plus serrées dans les alvéoles jouent un rôle dans la réduction des difficultés respiratoires. Elles contribuent également à réduire l’incidence des hématomes qui affectent la qualité des carcasses.
Pour clôturer le webinaire, Leonardo Linares résume : « Nos essais prouvent que la supplémentation avec Availa Zn augmente l’utilisation du zinc par les volailles, ce qui a pour effet d’améliorer la santé intestinale, favoriser une réponse immunitaire plus forte et conduire à de meilleures performances, un état de bien-être amélioré et un niveau de sécurité alimentaire supérieur ».

Françoise Foucher

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