RAA22

Matières premières et β-mannanes : un enjeu clé en nutrition-santé

Comment réduire l’impact des β-mannanes sur les performances des animaux ? En améliorant nos connaissances sur les matières premières et en sensibilisant sur l’impact des β-mannanes sur les performances, la santé et le bien-être des animaux. Tels sont les objectifs des équipes de la société Elanco qui ont présenté cette année lors du Space, les résultats d’une étude sur les teneurs en β-mannanes dans les matières premières utilisées dans plus de vingt pays.

« La société Elanco a développé depuis plusieurs années une expertise en matière d’intégrité intestinale des volailles, introduit Aurélien Desroches, référent technique enzymes. Cette approche vient aujourd’hui se renforcer avec la proposition à nos clients de solutions nouvelles qui répondent à leurs attentes. L’optimisation du coût alimentaire f ace à des matières premières qui augmentent et l’amélioration des paramètres digestifs pour la santé et le bien-être des animaux sont des axes de travail sur lesquels nous mettons toute notre énergie ! » Elanco investit depuis plusieurs années en nutrition-santé. « L’année 2019 promet de belles innovations dans ce domaine ! »

Nouvelles données matières premières

 

Aurélien Desroches, référent technique enzymes chez Elanco lors du Space 2018.

Aurélien Desroches, référent technique enzymes chez Elanco lors du Space 2018.

Aurélien Desroches a présenté les résultats d’une étude réalisée en 2017 par Elanco dont le but est de connaître la teneur en β-mannanes des principales matières premières utilisées dans une vingtaine de pays (EMEA, Asie, Amérique latine et Amérique du Nord). « L’objectif a été de passer au crible un maximum de matières premières représentatives de celles utilisées en nutrition animale, afin d’en déduire le risque engendré par les β-mannanes dans les aliments complets. » À ce jour, 236 échantillons ont pu être analysés dont 20 en France (voir la synthèse des résultats français dans le tableau ci-contre). « La teneur en β-mannanes solubles est la plus représentative de l’impact sur les performances des animaux. On retrouve les plus fortes concentrations dans les coproduits oléagineux comme le tourteau de soja ou celui de tournesol. Les drêches de céréales sont également bien pourvues en β-mannanes solubles. Les résultats de ces analyses montrent que dans les matières premières couramment employées dans les formulations, la teneur en β-mannanes est suffisante pour déclencher une réponse immunitaire inadaptée et donc un gaspillage d’énergie qui ne profitera pas à la croissance de l’animal. »

Et si on décortique davantage ? « Les aliments présentent quand même des teneurs en β-mannanes élevées. Ceci est dû au fait qu’on retrouve les β-mannanes principalement au niveau de l’endosperme et non au niveau des coques. »

Savoir, oui, mais après ?

Ces nouvelles données permettent aux organisations de producteurs d’effectuer avec Elanco un diagnostic précis du risque β-mannanes dans les formules. Aujourd’hui, cette approche est possible en poulet, dinde et porc. « Une fois cette évaluation effectuée, on peut apprécier l’intérêt technique d’utiliser une solution comme l’enzyme Hemicell. De manière générale, les aliments avec des teneurs d’au moins 12 % de tourteau de soja présentent un réel intérêt technique pour utiliser la solution, conseille Aurélien Desroches. L’enzyme agit en hydrolysant les liaisons β-1,4 qui relient les molécules de mannose entre elles, ce qui permet de diminuer significativement la taille des molécules qui ne sont alors plus reconnues par le système immunitaire. »

Son utilisation est conseillée tout au long du programme alimentaire de l’animal. Elle permet ainsi d’économiser jusqu’à 3 % d’énergie métabolisable. « Depuis 2014, nous proposons cette solution. Les données que nous avons cumulées depuis qu’elle est utilisée sur le terrain montrent des bénéfices à la fois économiques mais également sur la santé digestive et le bien-être des animaux. » Les résultats terrain montrent qu’avec l’utilisation d’une β-mannanase, « il est possible d’économiser jusqu’à 3 % d’énergie métabolisable, tout en apportant des bénéfices additionnels sur la santé intestinale (qualité de la litière améliorée, moins de pododermatites, etc.) ».

Dernièrement, Elanco a également présenté lors des EPC (European Poultry Conferences) les résultats d’une compilation de trente expériences effectuées dans quatorze pays dont la France. Cette méta-analyse reposait notamment sur l’utilisation de l’outil de pilotage de la santé digestive proposé par Elanco : HTS (Health tracking system). « Depuis plus de 15 ans, Elanco réalise des autopsies et des notations de lésions intestinales de poulets. Avec cet outil, il est possible d’étudier l’intégrité intestinale des volailles et son évolution. Plus de 33 000 poulets ont été notés en France de 2015 à 2017 !  » La méta-analyse a permis d’apprécier les différences lésionnelles entre des poulets élevés en conditions terrain, nourris avec un régime classique et des poulets supplémentés avec Hemicell. «Ainsi des écarts significatifs, testés statistiquement, ont été mis en évidence pour la plupart des critères. Dans le cadre de cette étude, Hemicell a permis d’améliorer de manière significative le score d’intégrité intestinale I² (P<0,0001), de réduire l’incidence et la sévérité des pododermatites (P<0,001) et de réduire les lésions intestinales. » Les résultats sont disponibles auprès d’Elanco.

« Nous pouvons annoncer le lancement début 2019, d’Hemicell HT, une nouvelle génération de β-mannanase résistante à la granulation. En effet, le 17 octobre 2018, l’autorisation de cette enzyme en Europe a été publiée en qualité d’additif zootechnique au sein du groupe fonctionnel des améliorateurs de digestibilité. » Hemicell HT est autorisé pour les poulets de chair, les poulettes élevées pour la ponte et des espèces mineures de volailles autres que les volailles de ponte, les dindes de chair, les dindes élevées pour la reproduction, les porcelets sevrés, les porcs d’engraissement et les espèces porcines mineures.

Caroline Villéger

Inscrivez-vous à la newsletter
gratuite de La Revue de l’Alimentation Animale.