Investissements : ID4Feed, nouvel acteur de l’éco-extraction

Moins d’un an après la parution de notre premier article (voir RAA – mai 2018), la startup française ID4Feed, spécialisée dans la production d’additifs à base de plantes et d’extraits de plantes, vient de franchir une étape clé dans son développement en faisant l’acquisition de la Plateforme d’éco-extraction de Valréas (PEEV) où elle prévoit d’investir 1,2 million d’euros en 2019 afin d’y développer des technologies originales et innovantes d’extraction et de galénisation d’extraits végétaux.

Maria Marco, directrice de la Plateforme d'éco-extraction de Valréas (PEEV) : « Grâce à la taille de nos équipements, nous pouvons transposer les essais réalisés en laboratoire à l'échelle du pilote semi-industriel. »

Maria Marco, directrice de la Plateforme d’éco-extraction de Valréas (PEEV) : « Grâce à la taille de nos équipements, nous pouvons transposer les essais réalisés en laboratoire à l’échelle du pilote semi-industriel. »

Valréas se situe au nord du Vaucluse et au cœur de l’Enclave des Papes acquise par les Papes d’Avignon au début du XIVsiècle. En 2014, afin de redynamiser l’emploi local suite à l’arrêt d’industries historiquement présentes (cartonnage, ameublement), la communauté de communes Enclave des Papes-Pays de Grignan, dont Valréas est le centre, décide de créer la Cité du végétal, pépinière d’entreprises dédiées à la valorisation du végétal. C’est dans ce contexte qu’est née, fin 2014, la Plateforme d’éco-extraction de Valréas (PEEV), comme nous le rappelle sa directrice Maria Marco : « La PEEV est née à l’initiative de plusieurs membres fondateurs, dont l’université d’Avignon et plusieurs pôles de compétitivité régionaux comme le Pass de Grasse (Parfums, arômes, senteurs, saveurs), Terralia, Trimatec, et avec le soutien des régions Paca et Rhône-Alpes. »

Dès le départ, les objectifs de la nouvelle plateforme sont clairs : introduire des technologies innovantes d’éco-extraction, développer de nouveaux ingrédients issus de matières végétales et naturelles et destinés aux secteurs de l’agroalimentaire, de la cosmétique, de la santé et de la nutrition animale, et mettre au point des procédés et savoir-faire dits durables, plus performants d’un point de vue économique et écologique, notamment utilisant moins de solvants et d’énergie. « La plateforme PEEV démarre réellement son activité en septembre 2016, avec des clients venus des secteurs de la parfumerie, de la cosmétique et de la nutraceutique », rappelle Maria Marco qui ajoute que la nouvelle structure a accueilli une thèse de l’université d’Avignon de 2015 à 2018. « Notre plateforme se distingue par la diversité et la taille des équipements. Un million d’euros d’investissements ont été réalisés de 2014 à 2016. Elle offre à nos clients la possibilité de passer des essais en laboratoire à l’échelle semi-industrielle », précise Maria Marco. « Nous accompagnons nos clients dans une démarche d’éco-extraction à la fois écologique, économique et compétitive et travaillons en relation étroite avec le laboratoire Green d’Avignon dirigé par Farid Chemat », ajoute Fanny Mary qui a rejoint la PEEV il y a un an, en qualité de responsable recherche et développement.

De la plante au microbiote intestinal

La PEEV n’ayant pas trouvé son modèle économique, ID4Feed, l’un de ses premiers partenaires historiques, a proposé en 2018 d’en faire l’acquisition. « Nous avons été présents à toutes les phases de développement de la plateforme », rappelle François Gautier, directeur général d’ID4Feed qui a signé sa reprise le 25 janvier. « Notre objectif est de continuer le développement de la PEEV par un modèle économique viable au service d’industries aussi variées que la nutrition animale, la chimie fine, la pharmacie ou la cosmétique », affirme François Gautier qui prévoit d’investir 1,2 million d’euros pour développer la PEEV de Valréas et devenir ainsi un nouvel acteur de l’éco-extraction. « Nous nous situons à l’interface entre le monde des extraits végétaux et la nutrition animale », résume François Gautier qui souhaite mieux répondre aux besoins spécifiques de la nutrition santé.

« Les additifs fonctionnels développés et commercialisés par ID4Feed agissent au niveau du cycle oxydo-inflammatoire de l’intestin des animaux », rappelle Camille Rozier, responsable R&D d’ID4Feed en charge du développement des projets scientifiques.

« L’avantage de la PEEV est de pouvoir développer en un seul site des technologies innovantes d’extraction et de galénisation d’extraits végétaux, et en allant de la plante jusqu’à l’étude du comportement de leurs extraits dans l’environnement digestif des animaux », ajoute François Gautier qui apporte au projet ses nombreux partenariats existant tant en amont (sélection variétale) qu’en aval (avec le laboratoire Green, l’école vétérinaire ou le Centre d’études sur les substances naturelles de Lyon).

« Nous avons accès à un écosystème unique au monde, créé autour d’Avignon et dédié à l’extraction végétale et aux métabolites secondaires des plantes », conclut François Gautier. L’Enclave des Papes n’a pas fini de faire parler d’elle…

P. Caldier

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