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Ajouté le 7 décembre 2009 dans Nutrition-Formulation

Atlilis NA/Ajinomoto Eurolysine : le point sur leurs nouveautés

Altilis NA et Ajinomoto Eurolysine ont organisé conjointement, le premier jour du Space, une réunion technique. Une partie des exposés a traité des besoins et/ou des réponses en tryptophane, valine et isoleucine pour différentes espèces. Les partenaires d’Altilis NA ont partagé leurs connaissances sur les protéines de plasma et sur la thermostabilité des enzymes.

Réponse au TRP chez le porc en croissance

Ester Vinyeta, du Schothorst Feed Research (Pays-Bas)

« Le ratio Tryptophane (Trp) sur Lysine (Lys) recommandé (CVB, 2007 et NRC, 1988) et exprimé en Digestibilité iléale apparente (DIA) pour les porcs en croissance-finition varie entre 17 et 19 %, a expliqué Ester Vinyeta, du Schothorst Feed Research. Cependant, de récentes études en porcelets indiquent des effets positifs d’une augmentation du ratio Trp/Lys de 18 à 22 %. Peu de données récentes sont disponibles concernant le besoin en Trp pour les porcs en croissance-finition. » Ainsi, l’objectif d’une étude menée par le centre de recherches hollandais a été de réaliser une dose réponse des porcs en croissance-finition au ratio Trp/Lys.

L’expérience a concerné deux phases d’étude : croissance (de 23 à 50 kg PV) et finition (de 50 à 110 kg PV). Dans chacune des phases, les porcs ont été soumis à 4 régimes alimentaires. Chacun des 8 traitements comprenait 36 porcs (femelle) répartis en 6 cages. Les porcs des traitements 1 à 4 ont reçu pendant 6 semaines des aliments ayant des niveaux croissants de ratio Trp/Lys DIA (de 14 à 23 %). Après quoi tous ont été alimentés en finition avec un aliment dont le ratio Trp/Lys DIA était de 19 %. Les porcs des traitements 5 à 8 ont reçu un aliment croissance ayant un ratio Trp/Lys DIA de 19 % pendant 5 semaines, puis des aliments finition ayant des niveaux croissant de Trp/Lys (de 14 à 23 %).

Résultats : quelle que soit la phase, l’augmentation du ratio Trp/Lys a permis une augmentation de la consommation et du gain de poids suivant une loi de réponse quadratique. De même, une diminution quadratique de l’IC a été obtenue. En outre, les animaux nourris avec le plus bas niveau de Trp ont eu besoin respectivement de 110 kg par rapport aux autres traitements. L’augmentation du ratio Trp/Lys n’a pas amélioré significativement le taux de viande maigre des porcs à l’abattoir.

Dans cet essai, les besoins en Trp permettant de maximiser les performances de croissance ont été déterminés selon deux méthodes de régression statistique : avec le modèle linéaire plateau, les besoins en Trp/Lys sont estimés à 19 et 17,5 % en croissance et finition respectivement, alors que le modèle quadratique détermine des besoins à 22 et 20 %. Les valeurs Trp/Lys correspondantes exprimées en digestibilité iléale standardisée sont, pour le modèle linéaire plateau, de 20 et 18,5 %, et pour le modèle quadratique de 22,5 et 21 %.

Besoins et réponses à la valine pour différentes espèces

La L-Valine feed grade est disponible sur le marché UE depuis juin dernier (voir la RAA n° 269 page 38). La disponibilité de ce nouvel acide aminé permet de répondre plus facilement aux besoins des animaux en valine tout en contrôlant les niveaux de protéines alimentaires (pour diminuer les rejets azotés dans l’environnement et contribuer à la sécurité digestive des animaux). Yvan Primot (Ajinomoto Eurolysine) a proposé un état des lieux des connaissances concernant les besoins et réponses à la valine sur trois espèces d’intérêt :

Yvan Primot, Ajinomoto Eurolysine : " le besoin en valine (Val : Lys) chez les principales espèces d'intérêt est de 75% chez le veau de boucherie, 90% chez la truie en lactation et de 80% (dig) chez le poulet de chair."
  • veau de boucherie : les données publiées sur le besoin des veaux sont rares et variables, toutefois les données les plus récentes donnent des besoins Val/Lys supérieurs à 70 %. D’après la concentration du lait de vache et les quelques données bibliographiques, le besoin en valine du veau de boucherie par rapport à la lysine serait d’environ 75 %.
  • truie en lactation : d’après une compilation de huit essais, le besoin Val/Lys des truies en lactation est d’environ 90 %. L’augmentation des apports en valine permet d’améliorer la performance de la portée.
  • poulet de chair : des essais réalisés par Corzo et al. en 2004 et 2007 confirment les données publiées dans les années 90 et suggèrent un besoin de 80 % chez les poulets en croissance. La compilation de ces essais récents, associée à une précédente revue bibliographique sur les besoins en acides aminés des poulets, permet de proposer la protéine idéale suivante chez le poulet de chair entre 0-42 jours : Lys 100/AAS 75/Thr 65/Val 80/Ile 67/Arg 105/Trp 17/ Leu 105/His 40.

En conclusion, a expliqué Yvan Primot, l’utilisation de L-Valine aide à couvrir les besoins des animaux et améliore ainsi les performances de croissance (GMQ, IC), d’allaitement, et de développement musculaire (poids des filets). De plus, elle permet de baisser la protéine dans les aliments afin d’optimiser plus précisément les acides aminés « secondaires ».

Protéines de plasma et applications en porcelet

Javier Polo (APC Europe, Espagne) : " En porc, il convient idéalement d'ajouter 4 à 8% de plasma dans l'alimentation sous la mère avant le sevrage et pendant les deux premières semaines après le sevrage."

Depuis début 2009, Altilis NA distribue les produits sanguins fabriqués par APC Europe (protéines de plasma et hémoglobine). Les protéines de plasma ont été les premières à avoir été réautorisées après l’interdiction d’utiliser les protéines provenant d’animaux d’élevage en UE (règlement (CE) nº 1292/2005), a expliqué Javier Polo, d’APC Europe. Le sang utilisé pour la fabrication du Spray dried porcine plasma (SDPP) provient d’animaux qui ont été déclarés « aptes à la consommation humaine » ; donc exempts d’agents pathogènes et de micro-organismes. Les protéines constituent la fraction la plus importante du plasma et 95 % d’entre elles sont des albumines et globulines.

Le processus de fabrication du plasma passe par une série d’étapes (dilution, centrifugation, concentration, séchage par atomisation…) qui évitent tout risque résiduel de transmission de maladie par la consommation de SDPP dans l’alimentation. L’une des mesures de sécurité la plus efficace est le séchage par atomisation à haute température. Plusieurs données démontrent que ce procédé peut être considéré comme un traitement de pasteurisation dans le processus de fabrication du SDPP.

La période la plus vulnérable dans la vie du porc est le sevrage : durant une courte période, les porcelets sont sans la protection naturelle du lait de truie, et leur estomac n’est pas encore prêt à digérer les aliments secs ni à détruire les agents pathogènes qu’ils peuvent ingérer. La surconsommation qui suit fréquemment la période de non-consommation des porcelets peut conduire à des épisodes de diarrhée et d’entérites. Or il a été montré que le SDPP offre une protection équivalente à celle des antibiotiques facteurs de croissance (aujourd’hui interdits en Europe) contre les diarrhées et infections, rapporte Javier Polo. D’autre part, leur utilisation dans l’alimentation postsevrage améliore le GMQ de plus de 20 % et l’ingéré quotidien moyen d’un pourcentage analogue.

En conclusion, Javier Polo a signalé que « les résultats d’essais indiquent clairement que le plasma SDPP fournit une protéine naturelle, sûre et de haute qualité, qui prolonge la protection maternelle du lait de la truie pendant deux semaines après sevrage, améliorant le bien-être et la santé des porcelets pour leur permettre d’exploiter leur potentiel de croissance pendant les phases de la production suivantes. »

Évaluer la thermostabilité des enzymes

Altilis NA commercialise les produits de Danisco, qui a obtenu une autorisation pour un produit plus concentré de sa phytase thermostable : Phyzyme XP 10000 TPT. Ce produit enrobé apporte une sécurité par rapport à la présence de la phytase après la granulation des aliments pour porcs et pour volailles. Il est aussi utilisé dans des usines qui appliquent des procédés de traitement thermique, dont certains sont connus pour être très agressifs pour les ingrédients thermosensibles.

Greg Cooney, Danisco Animal Nutrition (Canada) : "l'évaluation de la stabilité d'une enzyme dans une usine d'aliments doit être réalisée en suivant un protocole précis pour éviter toute erreur d'interprétation."

Pour Greg Cooney, (Danisco Canada), afin de tirer tous les bénéfices de la technologie des enzymes, il est essentiel qu’elles soient réparties uniformément dans l’aliment. Pour atteindre cet objectif, il est essentiel de choisir un produit enzymatique et un mode d’incorporation appropriés.

Enzymes liquides ou en poudre ?

Lors du processus de fabrication de l’aliment, une température de granulation trop élevée peut altérer certains micro-ingrédients sensibles à la chaleur. Les enzymes sont particulièrement connues pour être sensibles aux températures et pressions de traitement élevées pendant le processus de fabrication des aliments. Lorsque les conditions de granulation ne sont pas compatibles avec les limites de température recommandées par le producteur d’enzymes, il est courant que le choix se tourne vers des enzymes liquides sprayées sur l’aliment après granulation. Cette technique pouvant s’avérer complexe et coûteuse, de nombreux industriels préfèrent l’utilisation d’enzymes sous forme de poudre thermostable incorporées directement en mélangeuse.

Enrobage des enzymes

Diverses techniques d’enrobage ont été mises au point afin de protéger les enzymes contre la chaleur, l’humidité et les pressions élevées durant la fabrication des aliments. Un bon enrobage doit protéger les molécules d’enzyme pendant tout le procédé de fabrication des aliments, mais doit également libérer le produit dans le tube digestif pour que l’efficacité soit optimale. Ceci est particulièrement important pour les phytases car une réduction de l’efficacité peut avoir des conséquences sur les performances et la santé des animaux si le niveau de phosphore de l’aliment est insuffisant.

Mesurer la tenue de l’enzyme

L’évaluation de la thermostabilité d’une enzyme sous forme poudre dans le processus de fabrication de l’aliment exige une méthodologie rigoureuse. Il est essentiel de connaître l’équipement et de comprendre le processus de conditionnement d’une ligne de production pour identifier certains des problèmes qui peuvent se présenter lors d’un test de thermostabilité : modèle du conditionneur, durées de rétention, pressions de vapeur produites et hausses de température en résultant dans le conditionneur.

La Revue de l'Alimentation Animale - Décembre 2009 - N° 632

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