Novacarb s’affiche en partenaire durable dans la nutrition animale

Le chimiste Novacarb, producteur de bicarbonate de sodium, s’intéresse au marché de la nutrition animale depuis quelques années. Le 24 mai dernier, la société organisait à Rennes ses 3èmes rencontres européennes « Bicarbonate de sodium et nutrition animale », l’occasion de renforcer ses liens avec les fabricants et de rappeler les applications du bicarbonate de sodium en nutrition animale.

Producteur de carbonate de sodium (près de 600 000 tonnes/an) et de bicarbonate de soude (110 000 tonnes/an), Novacarb cherche à conforter sa position de partenaire « durable » au sein du marché de l’alimentation animale, et organise en ce sens chaque année depuis 3 ans des rencontres européennes autour de l’utilisation du bicarbonate de soude en nutrition animale. Établi à Laneuveville, près de Nancy, Novacarb a fait cette année le déplacement jusqu’au cœur des productions animales, dans le Grand Ouest, pour organiser sa journée à Apigné, près de Rennes (35). (…)

La nutrition animale constitue quant à elle une part de l’activité de plus en plus prégnante, aux dires de Pascal Bandelier, directeur général de Novacarb : « L’intérêt pour la nutrition animale est relativement récent (depuis 2005, NDLR) mais il est de plus en plus fort. » Le directeur en veut pour preuve l’investissement en 2010 de 15 M€ pour le nouvel atelier de production « Bianca », mis en service début 2011 et qui augmente la production de bicarbonate de soude de 50 000 tonnes/an, dont la moitié à destination de la nutrition animale. La société est par ailleurs certifiée Guide des Bonnes Pratiques et HACCP, ainsi que ISO9001, ISO14001, OHSAS 18001. « Le feed représente aujourd’hui environ 45 % de nos ventes, confie Pascal Bandelier. Et nous envisageons d’élargir notre gamme. » (…)

Indispensable innovation

Afin d’illustrer son implication dans les problématiques de la nutrition animale, Novacarb tenait à inclure un volet scientifique à cette journée, afin de faire un point sur « les tendances actuelles et futures en nutrition des ruminants et monogastriques ». Yves Nys, de l’Inra de Tours, s’est penché sur l’innovation en aviculture, tout en resituant la production avicole dans son contexte économique mondial (…). Les contraintes environnementales jouant aujourd’hui un rôle de plus en plus important, les surfaces nécessaires à la production entrent en compétition parfois tendue avec les autres productions animales ou végétales. « Tous ces éléments rendent l’innovation permanente indispensable », souligne le chercheur.

Une partie de l’équipe de Novacarb avec Pascal Bandelier, PDG de Novacarb, au centre.

Et de citer les recherches consistant d’une part à adapter les poulets, sélectionnés selon leur utilisation de l’énergie, d’autre part à adapter les matières premières, en calculant l’activité phytasique d’aliments divers, ou enfin en intervenant sur les systèmes d’élevage, en adoptant par exemple un programme d’alimentation séquentielle. Ce dernier point semble livrer des résultats intéressants en termes d’indice de consommation et d’ingestion. Les essais portaient sur des ISABrown en cages collectives (5 poules/cage), de 16 à 46 semaines d’âge, nourries à hauteur de 121 g/p/j dont 50 % de blé, ainsi qu’avec un aliment complémentaire en quantité restreinte (60 g/j) soit 2 400 kcal ME/kg, 23 % CP ; 7,2 % Ca. Si le taux de ponte et le poids des œufs sont comparables entre lots témoins (traitement classique), lots avec traitement mélangé et lots avec traitement séquentiel (16 cages par traitement), l’indice de consommation est quant à lui amélioré de 5 à 10 % avec l’alimentation séquentielle. (…)

Après avoir abordé les recherches prometteuses en nutrigénomique, Yves Nys a conclu en soulignant le besoin de renforcer les recherches en nutrition : « Les priorités sont inversées par rapport à 2000 où il s’agissait de développer la génétique moléculaire en Europe. Aujourd’hui la nutrition est la clef pour développer un nouveau système de production durable, pour maintenir une compétition économique entre pays et continents et pour contribuer à nourrir une population croissante en respectant la durabilité des systèmes. »

Bicarbonate et rôle tampon

Philippe Garrès, de l’institut Codrah (Company Organization Development Research Animal Human), spécialisé en sodium et bicarbonate, a ensuite privilégié une approche chimique et physiologique pour définir le rôle du bicarbonate en nutrition animale. « L’homéostasie régulée par les différents organes assure stabilité et constance de l’organisme. Cette homéostasie est basée sur trois équilibres : hydrique, électrolytique et acido-basique. » La régulation de ce dernier doit prendre en compte les facteurs internes (respiration, activité musculaire, oxydation des lipides et sucres) comme les facteurs externes (stress thermique, santé et alimentation, quand celle-ci est synonyme de surcharge d’acides par exemple). « Le bicarbonate et l’acide carbonique sont des tampons chimiques qui agissent au niveau intra et extra-cellulaire et contribuent ainsi favorablement à rétablir l’équilibre acido-basique de l’organisme, rappelle Philippe Garrès » (…)

Sarah Le Blé

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 657 – juin 2012

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