Marchés des matières premières : bilan 2014 et perspectives pour 2015

L’an passé, sous l’effet de récoltes mondiales exceptionnelles et de stocks importants, les prix des matières premières utilisées en alimentation animale ont considérablement chuté, avant un brusque renversement de situation au cours du mois d’octobre. L’année 2014 a également été marquée, au niveau national, par la poursuite de l’érosion des tonnages et l’augmentation de la part des matières premières riches en protéines dans les aliments composés.

La céréale la plus utilisée reste le blé tendre, suivie du maïs. Elles devraient respectivement représenter 46 % et 35 % des céréales utilisées en 2014-2015. (Copyright : Snia)

La céréale la plus utilisée reste le blé tendre, suivie du maïs. Elles devraient respectivement représenter 46 % et 35 % des céréales utilisées en 2014-2015. (Copyright : Snia)

Les entreprises françaises de nutrition animale ont produit l’an passé 21,1 millions de tonnes d’aliments composés pour animaux d’élevage. Les volailles arrivent en tête, avec 8,7 millions de tonnes d’aliments consommés en 2014, soit 41 % de la production industrielle, devant les porcs (24 %) et les bovins (22 %). La part des céréales utilisées en alimentation animale s’élève à environ 10 millions de tonnes, soit 37 % des utilisations de céréales dans le pays, et 49 % des approvisionnements totaux. Les chiffres tirés du dernier rapport d’activité du Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (Snia) mettent en évidence la poursuite de l’érosion de ces tonnages, étroitement liée aux difficultés de l’élevage : -0,7 % par rapport à 2013.
La céréale la plus utilisée reste le blé tendre, suivie du maïs. Elles devraient respectivement représenter 46 % et 35 % des céréales utilisées en 2014-2015. La part des orges semble se maintenir à un niveau bas, à hauteur de 11 % environ. Ces dernières souffrent toujours d’un manque de compétitivité par rapport aux deux céréales principales. Depuis la campagne 2012-2013, le triticale compte pour 6 à 7 % des céréales.

Substitution des matières premières
« Le fait marquant pour l’année écoulée est la progression de la part des matières premières riches en protéines », souligne Bruno Toussaint, du Snia. La progression des tourteaux de tournesol s’élève à près de 20 %, soit une augmentation de 19,6 % en un an. « Le tourteau de tournesol représente aujourd’hui 7 % des matières premières, et 1 500 000 tonnes. C’est significatif. » Cette progression de la part des matières premières riches en protéines peut s’expliquer, selon Bruno Toussaint, « par la baisse de la fabrication d’aliments pour monogastriques, importants consommateurs de céréales, et l’augmentation des volumes d’aliments pour bovins, plus riches en protéines et en matières azotées ». Un phénomène de substitution des matières premières est également avancé. « Phénomène qui se vérifie essentiellement par rapport au soja. Les fabricants diminuent son taux d’incorporation, soit en raison de la prime OGM très élevée, soit dans une démarche sans OGM ou encore pour baisser la part d’importation et développer un approvisionnement plus local. En 2014, des initiatives marquantes ont vu le jour pour promouvoir les matières premières de France métropolitaine. » L’origine France correspond aujourd’hui à environ 80 % du panier de matières premières.
Le tourteau de soja, progressivement remplacé par les tourteaux de colza et de tournesol, devrait représenter près de 44 % des tourteaux consommés en France en 2014-2015, contre 63,1 % il y a sept ans. Hors tourteaux, la consommation des graines oléoprotéagineuses s’élève à 171 600 tonnes, soit une baisse de 0,7 % par rapport à 2013. L’incorporation de pois, après une très légère hausse en 2013, atteint le niveau historiquement faible de 38 673 tonnes. Cela s’explique par un manque de disponibilité du pois et par la compétitivité supérieure des autres matières premières. « Il faut également noter l’évolution des produits déshydratés : pulpe de betterave, luzerne…, ajoute Bruno Toussaint. Leur volume a augmenté de 67 % en un an. Mais cette augmentation est relative, car ils ne représentent que 2 % du total des matières premières. »
Feedsim Avenir, Association pour la promotion de la recherche et de l’analyse économique sur l’agriculture et l’agro-industrie du Grand Ouest, constate, pour le début d’année 2015, une tendance inverse : la baisse des incorporations de tourteaux (-5,7 %), marquée en aliments porcin et bovin, et la progression des incorporations de céréales (+2,4 %) et de coproduits (+4,8 %). La demande cumulée estimée des usines du Grand Ouest en tourteaux de tournesol et de colza s’élève, sur les quatre premiers mois de l’année, à 432 000 t, celle en tourteaux de soja est estimée à 681 000 t. La demande en blé est supérieure à 1 million de t sur la même période, contre 780 000 t pour le maïs.

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Ermeline Mouraud

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 688 juillet-août 2015

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