Fabrice Putier, directeur de Tecaliman, et Frédéric Mauny, de So Lead Consulting, chargé de l’étude de faisabilité de la plateforme technologique dédiée à la nutrition animale.

Plateforme technologique pour la profession : Tecaliman lance une étude de faisabilité

La profession de la nutrition animale française réfléchit à la possibilité de se doter d’une plateforme technologique partagée entre tous les acteurs de la filière. Véritable vitrine internationale du savoir-faire de la nutrition animale française, cet outil du futur est en réflexion. Une étude de faisabilité est en cours de réalisation, pilotée par Tecaliman et menée par le cabinet So Lead Consulting.

La filière de la nutrition animale française se prépare à faire face à de nombreux enjeux : disponibilité des matières premières, nouvelles sources de protéines, volatilité des prix, etc. Tous les acteurs sont conscients que la maîtrise des savoir-faire et la capacité à innover et à maîtriser la sécurité alimentaire, seront déterminants dans la situation qui se dessine. « C’est dans ce contexte que la profession réfléchit à la possibilité de se doter d’une nouvelle plateforme expérimentale adaptée, afin de lever les lacunes actuelles et promouvoir l’alimentation animale du futur et ainsi, devenir la vitrine française des bonnes pratiques en alimentation animale », explique Fabrice Putier, le directeur de Tecaliman. Le centre technique Tecaliman a réalisé une enquête en 2017 qui a révélé plusieurs lacunes importantes au sein de la filière : « La France compte bien quelques stations existantes de fabrication d’aliments expérimentaux mais elles sont obsolètes, reconnaît-il. Nous manquons aussi cruellement d’une véritable vitrine pour mettre en valeur la qualité de l’expertise française en nutrition animale. Les professionnels manquent d’un dispositif de recherche pour réaliser des études sur des nouveaux matériels, et les fabricants d’aliments n’ont pas la possibilité de réaliser des tests de comparaison de matériels instrumentés. Même notre outil pilote au sein de Tecaliman est de faible taille, il nous faut pouvoir travailler sur un véritable atelier pilote de taille préindustrielle. »

Sur ce constat, le conseil d’administration de Tecaliman, en partenariat avec les syndicats, a souhaité étudier le projet d’une plateforme technologique partagée, version mini-usine expérimentale. « Cet outil disposerait de deux ateliers : l’un pour aliments classiques, permettant la fabrication de lots dans des conditions minimales de reproductibilités industrielles très instrumentées, avec acquisitions de données, l’autre pour aliments sensibles en zone confinée répondant aux normes pour tester des produits sensibles voir pathogènes. Chaque atelier serait conçu de façon très flexible permettant l’ajout ou substitutions de divers matériels et technologies. À cet ensemble viendrait s’adosser un module administratif permettant d’accueillir aussi des formations », décrit Fabrice Putier.

Quelle faisabilité ?

Pour tester la faisabilité de ce projet, une étude est en cours, financée par la profession. Elle a été confiée au cabinet So Lead Consulting. Frédéric Mauny décrit sa mission : « Mon but est maintenant de réfléchir à la faisabilité technique et financière de cet outil dont le budget est estimé à ce jour à plus de 5 millions d’euros. L’implantation géographique et le mode de gouvernance seront aussi déterminants dans la faisabilité et seront à valider par les professionnels et le conseil d’administration de Tecaliman. Le résultat de cette étude de faisabilité doit être rendu en juin 2018. »

L’étude de faisabilité a aussi pour objet d’élaborer un business plan prévisionnel. « Le montage financier permettant l’investissement reste à définir, complète Fabrice Putier. Nous envisageons un tour de table faisant appel à des capitaux privés, mais la contribution de financements publics sera a priori nécessaire pour boucler l’opération. » Cette plateforme a pour vocation à terme d’être autosuffisante financièrement dans son fonctionnement et par conséquent de générer ses propres recettes. Celles-ci pourraient résulter de la facturation des essais technologiques, des cotisations et adhésions des membres, de la facturation d’aliments fabriqués, de la vente de prestations et de services, etc.

Pour valider la faisabilité de ce projet, le cabinet So Lead va prendre désormais contact avec toutes les parties prenantes de la filière afin de valider leur engagement concret dans cette plateforme : « Dans les semaines qui viennent, l’ensemble des acteurs de la profession ainsi que les fabricants d’aliments, vont être contactés afin de leur présenter le projet de la plateforme, prendre en compte leurs besoins, valider la nécessité d’un tel outil et leur demander de quelle manière ils pensent contribuer à ce projet par la possibilité de prestations de services et ainsi valider le business model de la future plateforme. »

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