Les élèves ont pu découvrir quatre métiers dont la production ou encore technicien-chimiste en laboratoire.

Classe en entreprise : CCPA accueille les collégiens de Janzé

Comment pallier le déficit d’image de la nutrition animale auprès des jeunes ? En les recevant, en les accueillant et en leur montrant la diversité des métiers de l’alimentation animale. Tel est le pari fait par CCPA qui recevait une classe de troisième pendant trois jours en mars dernier dans le cadre du programme Classe en entreprise.

Kerrigane, Maëlle, Elena, Clémence, Félicien, Armand et Mathéo… ils connaissent tous la grande tour de CCPA : elle jouxte leur lieu de rencontre favori, le McDonald’s ! Les collégiens de Janzé s’étaient déjà interrogés sur cette entreprise : « Ma mère m’avait dit que c’était une entreprise vétérinaire, genre que tous les vétérinaires venaient ici pour se réunir… N’importe quoi ! ». « Comme c’est blanc, moi je croyais que c’était une usine de lait ! » Kerrigane et Lenny savent aujourd’hui ce qui se trame dans la grande tour blanche qui domine de ses 40 mètres de haut toute la campagne environnante : avec l’ensemble de leur classe de 3eF du collège Jean-Monnet, ils viennent de passer une semaine au sein de l’entreprise. Pour leur plus grand plaisir.

Les élèves ont pu découvrir quatre métiers dont la production ou encore technicien-chimiste en laboratoire.

Les élèves ont pu découvrir quatre métiers dont la production ou encore technicien-chimiste en laboratoire.

Prendre le temps

La semaine école-entreprise est un programme porté par l’Éducation nationale et en Ille-et-Vilaine par l’union des entreprises Medef. « Nous avons été sollicités par l’animatrice de ce programme, explique Caroline Junod, responsable marketing du groupe CCPA. Nous essayons d’être actifs sur ce thème de la découverte de nos métiers : nous faisons des portes ouvertes régulièrement, nous recevons des stagiaires, nous accueillons les familles et les amis du personnel, etc. Ce programme nous a semblé une occasion de plus, un peu différente, d’ouvrir nos portes à la communauté qui nous environne. »

De nombreuses entreprises reçoivent déjà des collégiens, lycéens et étudiants, généralement le temps d’une visite guidée de quelques heures. Beaucoup déplorent que ces visites soient peu préparées avec l’équipe des professeurs et au final assez peu bénéfiques ni pour les élèves, ni pour les entreprises elles-mêmes. Dans le cadre du projet école-entreprise, l’ambition est toute autre : « Après un premier contact en décembre, nous avons reçu en janvier les trois professeurs engagés dans le projet : mathématique, SVT et physique-chimie. » Elles ont visité l’entreprise et découvert la diversité des métiers de la firme-services. Elles ont sélectionné quatre fonctions qu’elles souhaitaient présenter à leurs élèves : conducteur de ligne de production, formulateur, technicien de laboratoire et marketing-communication. Un responsable de chaque métier a été désigné pour échanger avec les professeurs leur permettant d’élaborer un programme de visite pour les élèves et de construire leurs cours à partir des données de l’entreprise.

Des cours en entreprises

Patricia Le Bras est professeur de mathématique et professeur principale de la classe. « J’avais besoin de renseignements très pratiques et précis afin de construire un cours en totale cohérence avec les visites que nous ferions avec les élèves : nombre de cellules de stockage, leur affectation et la capacité de chacune, capacité de la ligne d’ensachage, etc. » Ainsi les élèves ont pu plancher sur les questions suivantes : « Chaque équipe de production travaille en 3×8 sur une base de 39 heures par semaine. Chaque équipe fabrique 60 tonnes de prémix par jour. 60 % de la production est à destination du marché français le reste à l’export. La répartition sur le marché national est de 1/3 de sac de 25 kg, 1/3 de vrac, 1/3 de big-bag. Question : Combien de sacs sont fabriqués chaque semaine pour le marché français ? À raison de 15 minutes pour ensacher 1 tonne combien de temps a duré l’ensachage de ces sacs ? » « Nous avons pu aborder les notions de moyenne et de moyenne pondérée, de médiane. Nous avons travaillé sur les volumes grâce aux masses volumiques des matières premières…, c’est vraiment très concret pour les élèves. »

Mireille Le Floc’h, la professeur de SVT, s’est mise en relation avec le laboratoire et a conçu un cours sur les bactéries et les antibiotiques : « Comment s’appelle le 1er antibiotique ? Par qui a-t-il été découvert et en quelle année ? Comment les bactéries peuvent-elles devenir résistantes aux antibiotiques ? » Elle a aussi travaillé sur la notion de développement durable en entreprise. Emmanuelle Briard en physique chimie s’est réjouie de l’équipement mis à disposition des élèves par le laboratoire : « Ils ont pu manipuler des pipettes électroniques, des pHmètres, des balances de précision, etc. Nous n’avons pas ce genre de matériel en classe et pour eux c’est très motivant. Mon cours était basé sur les expériences à réaliser avec le personnel du laboratoire. Les techniciens les ont accompagnés dans leurs expériences. » À l’unanimité, c’est ce que les élèves ont préféré : « Les expériences c’est super, s’exclame Korrigane. C’est le métier le plus intéressant de chez CCPA. Par contre dans l’usine… comment dire… ça ne sent pas bon hein ! Bon moi je veux être esthéticienne mais quand même cela m’a intéressé de découvrir tous ces métiers que je ne connaissais pas. » Océane, elle, aimerait être vétérinaire. Elle connaissait déjà CCPA pour y avoir effectué son stage de découverte : « J’ai appris plein de nouvelles choses, explique-t-elle. Le laboratoire c’est super. Mais aussi la composition des aliments des animaux : les acides aminés, tout ça… » Pour Kerrigane qui se destine à un métier social, dans l’accompagnement et l’aide à la personne « la formulation ce n’est pas pour moi : tout le temps derrière un ordinateur, ah non ! Par contre, le marketing et la communication ça a l’air bien, c’est varié et puis on rencontre plein de gens ! » Nathan lui adore l’automatisme, le métier de conducteur de ligne l’a passionné : « Globalement c’était génial ces journées en entreprise. Mais moi ce que j’ai préféré c’est l’usine, avec la salle de contrôle et le panneau des commandes. Ouais c’était super ! »

Erwan Gilet, le directeur général du groupe CCPA est venu conclure ces journées d’accueil des collégiens.

Erwan Gilet, le directeur général du groupe CCPA est venu conclure ces journées d’accueil des collégiens.

Panorama des métiers

Outre les leçons, dispensées dans une salle de l’entreprise, des visites des quatre ateliers et des discussions avec les référents de chaque métier étaient organisées pour les élèves. Le dernier jour de la semaine était consacré à la restitution de leur expérience. Par groupe de trois ou quatre, ils devaient prendre la parole devant leurs camardes, leurs professeurs et les salariés qu’ils avaient côtoyés, pour présenter les métiers qu’ils avaient découverts.

Le groupe d’Hadrien, Clémence et Célia présente le métier de formulateur : « Leur métier, c’est d’élaborer le menu des animaux, ce sont des diététiciens. Pour faire ce métier, il faut être bon en math et connaître les animaux et leurs besoins. L’inconvénient c’est qu’il faut rester assis à son bureau toute la journée. L’avantage, c’est qu’on trouve facilement un travail dans ce métier. »

Le groupe d’Océane, Morgane, Gabin et Jason a choisi de présenter les métiers de la communication et du marketing : « On a fabriqué un poster en forme de Caddy de supermarché parce que le marketing, c’est market comme le marché ! Dans ce métier, il faut savoir bien écrire et bien parler parce qu’on rencontre beaucoup de gens et qu’il faut présenter l’entreprise et ses produits. Il faut être dynamique et organisé aussi parce qu’on fait pleins de choses différentes. C’est un métier varié, on s’occupe de la publicité avec des logiciels spéciaux, du design des produits, des fois il faut fabriquer des objets avec le logo de l’entreprise. On ne connaissait pas ce métier et il est super intéressant. »

Le groupe de Sam, Kerrigane et Corentin ont présenté le métier de conducteur d’installation : « Pour ce métier, il n’y a pas de formation spéciale, il faut apprendre en interne. Il faut être précis dans son travail et savoir expliquer les problèmes qu’on rencontre. Il faut être rigoureux parce que c’est un métier compliqué. L’intérêt, c’est qu’on fait beaucoup de choses, qu’on travaille en équipe et qu’on ne reste pas dans un bureau, on est mobile. »

Mathias, Lou, Julie et William ont présenté le métier de technicien-chimiste en laboratoire : « Leur métier, c’est de vérifier que les antibiotiques sont efficaces, alors ils font des dosages et ils obtiennent des jolies couleurs dans les boîtes de Pétri. Il faut être précis et patient pour faire ce travail. L’inconvénient, c’est qu’on est toujours debout et qu’on doit manipuler des produits dangereux. » Chacun raconte ce qui lui a plu et leurs témoignages traduisent leur enthousiasme pour l’expérience.

Expérience à renouveler

« Ils ont bien travaillé, conclut Valérie Grumetz, inspectrice de l’Éducation nationale chargée de l’information et de l’orientation venue assister à leur restitution. En troisième, ils sont en plein dans leur orientation, c’est une occasion pour eux de nourrir leur réflexion et de prendre conscience de la réalité de l’entreprise. » « C’est une chance pour eux de découvrir le monde de l’entreprise, ils le savent car leurs camarades des autres classes de troisième du collège aimeraient bien être à leur place ! », renchérit la principale adjointe de l’établissement Noëlle Robert.

C’est la quatrième fois que l’académie de Rennes participe à ce programme : « Nous sollicitons à la fois les écoles et les entreprises, explique la référence de la direction académique. Les écoles qui s’engagent souhaitent en général renouveler ensuite l’opération car c’est un investissement important pour les professeurs et c’est toujours une belle expérience pour les élèves. » C’est aussi un investissement important pour l’entreprise : « Nous avons pu utiliser un matériel de présentation des métiers que nous avions déjà conçu dans le cadre de portes ouvertes sur notre site, expliquent Caroline Junos et Véronique Abgrall du service marketing. Mais il faut reconnaître que cela nécessite beaucoup de préparation et de disponibilité pour les accueillir : les élèves ont visité les ateliers en groupes de petite taille ce qui facilite les échanges avec les professionnels, mais cela multiplie aussi le temps que l’on doit y consacrer. On mobilise beaucoup d’énergie ! » Pas facile non plus de pouvoir proposer une salle suffisamment grande pour accueillir les élèves en classe et la logistique nécessaire pour assurer les repas de midi, etc. « Cela implique des entreprises de taille plutôt grande, reconnaît l’inspectrice. C’est aussi dans ces grandes entreprises que l’on peut montrer une variété de métiers. »

« C’est essentiel d’ouvrir nos portes et de recevoir des élèves, conclut Caroline Junod. Le secteur de la nutrition animale souffre d’un déficit d’image : c’est à nous de le combler en montrant ce que nous faisons, en donnant envie à des jeunes de nous rejoindre. Ils rentrent chez eux le soir et ils expliquent à leurs parents ce qu’ils ont vu. Alors oui c’est prenant, mais c’est un travail sur le long terme. Nous avons tous du mal à recruter. Montrer la diversité de nos métiers et le dynamisme de notre secteur est le meilleur moyen de susciter des vocations. » Erwan Gilet, le directeur général du groupe CCPA est lui aussi venu assister à leur restitution : « Dans 5 ou 10 ans, quand vous chercherez des stages ou un emploi, nous serons heureux de vous revoir ! »

F. Foucher

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