35e Space : l’édition des retrouvailles et du bien-être

Après une édition 100 % numérique en 2020 pour cause de crise sanitaire, le Space fait son grand retour au parc des expositions de Rennes, du 14 au 16 septembre, avec également une 4e journée « derrière les ordinateurs ». Le bien-être sera le thème phare de cette 35e édition.

Après une année de pause forcée, l’équipe organisatrice retrouve le Space, « très motivée, avec une énergie décuplée ».

« À l’épreuve de la crise sanitaire, le monde agricole a montré sa capacité à tenir », a souligné Marcel Denieul lors du point presse organisé début juin pour présenter la 35e édition du Space, qui se tiendra au parc des Expositions de Rennes en septembre prochain. « C’est une édition particulièrement attendue, a ajouté le président du Space, non seulement parce que les éleveurs ont très envie de se retrouver et d’échanger, mais aussi parce que leur métier évolue et qu’ils ont la volonté de se mettre au goût du jour. »
Le salon de l’élevage et des productions animales offre aux professionnels un moment privilégié pour réfléchir à l’avenir de la filière, prendre le temps de considérer les attentes sociétales avec l’éclairage d’experts sur ces questions.
C’est en quelque sorte une occasion de pendre de la hauteur et alimenter le débat, souligne Didier Lucas. Le président de la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor coordonnera sur le salon « l’Espace pour demain », la plateforme de recherche et développement du Space se présentant comme un lieu de débat sur des sujets qui orientent l’avenir des filières. « Méconnaissance des filières » « Le bien-être animal s’inscrit de plus en plus au cœur des préoccupations de la société, parfois dans des proportions incompréhensibles. L’élevage est trop souvent malmené, beaucoup de critiques portent sur les pratiques et traduisent une méconnaissance des dimensions techniques des modes d’élevage, allant jusqu’à oublier la fonction nourricière de notre profession. » Et d’ajouter : « Il ne faut pas oublier le bien-être de l’éleveur ». Et c’est justement parce que celui-ci est indissociable du bien-être animal que le thème du salon s’intitule « bien vivre le bien-être ».

Des temps de débat filière par filière seront donc organisés sur chaque jour du salon, avec des témoignages d’éleveurs, des présentations d’innovations sur la thématique du bien-être (équipements ou nouvelles technologies pour le suivi des animaux…).

« Redonner du sens »

Pour Thierry Coué, président de la FRSEA Bretagne, les sujets de société concernent les producteurs agricoles au premier chef. « Le contexte sanitaire particulier est un problème auquel l’élevage a aussi été confronté : l’agriculture a continué de produire, et il faut s’en féliciter. Les éleveurs sont dans le doute, car ils investissent pour leur exploitation, font beaucoup de projets, mais la stabilisation des prix et l’acheminement des matières premières restent compliqués. Nous avons besoin de redonner du sens à ce que l’on fait : le Space y contribue et il permet d’aller à la rencontre d’experts qui présentent ce qui est mis en place pour répondre aux attentes du consommateur. » Dans 15 ans, on n’aura renouvelé que la moitié des exploitations agricoles, relève encore Thierry Coué : « Quelles solutions donner aux jeunes qui veulent s’installer ? Le maintien du budget PAC est globalement satisfaisant mais un rééquilibrage des aides s’impose pour l’élevage de plaine ». Et de conclure : « Les agriculteurs bretons sont ceux qui touchent le moins d’aides en France : ils ont fait preuve de résilience mais leur revenu a baissé. Nous espérons que la réforme Egalim permettra aux agriculteurs de bénéficier du retour de valeur qui leur est dû ».

Innov’Space 2020 et 2021

Les innovations techniques sont un des points forts et majeurs du salon. Maintenus durant l’édition virtuelle de 2020, les Innov’Space n’ont toutefois pas pu être présentés au public, c’est pourquoi les lauréats 2020 pourront en faire la promotion cette année. « Affichant un haut niveau de technicité, les Innov’Space sont une marque de contribution à la dynamique et au progrès », a souligné Anne-Marie Quemener.

Le salon mettra aussi bien évidemment en valeur la présentation d’animaux via les concours, « grand temps fort du salon » selon Jean-Yves Rissel, responsable des présentations animales, qui confie qu’il a été difficile cette année de concentrer toutes les présentations (13 races bovines) sur trois jours mais que « le plaisir de se retrouver a prévalu et un consensus a rapidement été trouvé ».

Le salon mettra aussi en valeur la présentation d’animaux via les concours, « grand temps fort du salon » selon Jean-Yves Rissel.

Fort contenu digital

Si les organisateurs ont estimé que les conditions pour organiser un Space « normal » étaient réunies, grâce à un protocole rigoureux et au pass sanitaire notamment, ils ont toutefois réduit l’édition à trois jours sur place. Le quatrième jour, vendredi, se déroulera en effet entièrement « derrière les ordinateurs », sur le principe d’événements digitaux, avec webinaires, vidéos, visites d’élevages… « En 2020, l’organisation du Space a montré une fois de plus sa capacité à innover et à s’adapter au contexte, aussi différent soit-il, en mettant en place une édition digitale. Forts de cette expérience, nous proposons donc cette année un contenu digital encore plus important. » À propos des outils numériques, Anne- Marie Quémener souligne aussi que le Space est depuis toujours précurseur en la matière, étant notamment « le premier salon à avoir mis en place une application mobile en lien avec la programmation ». Cette année, hormis tout ce qui est déjà présent (appli mobile avec plan interactif, espace podcast…), il s’agit désormais de « faciliter les rencontres grâce à ces outils et l’intelligence artificielle ». Ainsi la billetterie entièrement digitalisée va permettre de mieux connaître les participants et de les orienter vers ce qui les intéresse, grâce à la mise en place d’une « market place » que les exposants auront enrichie au préalable. Il y aura également une plateforme de rendez-vous BtoB, en particulier pour participants internationaux, un espace podcast diffusant les « voix de l’élevage ».

« Énergie décuplée »

Anne-Marie Quéméner note, par le nombre élevé d’inscriptions (80 % du taux habituel à la mi-juin), que « les exposants sont au rendez-vous, engagés à nos côtés ». Sur plus de 900 inscrits, on comptait près de 90 nouvelles entreprises. Les organisateurs ont fait remarquer que ceux qui ne viennent pas cette année ont généralement une présence bien marquée à travers le monde et ont décidé d’annuler tous les salons de dimension internationale. L’équipe organisatrice du salon annonce qu’après un an de pause forcée, elle retrouve le Space, « très motivée, avec une énergie décuplée ».

Sarah Le Blé

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