Firmes-services : quelle nutrition pour quel modèle de production ?

Raisonnée, durable, de précision… la nutrition se définit par toutes sortes d’adjectifs que les firmes-services déclinent à l’envie. Les filières d’élevage s’interrogent sur leurs modèles de production et sont remises en cause de manière brutale par une société qui, même si elle est partiale, n’en demeure pas moins inquiète, et peut être naïve ? Pas toujours simple d’apporter des réponses scientifiques à des débats émotionnels !

Groupe CCPA

Des nouveautés, des logiciels et des preuves du terrain

Karine Bébin, spécialiste avicole et cunicole chez CCPA, présente le nouveau prémélange Méga Tender.

Karine Bébin, spécialiste avicole et cunicole chez CCPA, présente le nouveau prémélange Méga Tender.

Karine Bébin, spécialiste volaille chez CCPA, présente le nouveau produit Méga Tender. « Il a pour objectif de répondre aux attentes qualité des opérateurs dans le secteur de la viande et des consommateurs, explique-t-elle. Il vise clairement les soucis de qualité tels le white strippring et wooden breast qui affectent les filets des souches lourdes à fort rendement musculaire. Ces défauts se révèlent à l’abattage et touchent particulièrement les lots ayant de bonnes performances zootechniques en élevages. » Formulé à base d’extraits de plantes, Méga Tender est un prémélange qui s’utilise en prémix et s’incorpore directement dans l’aliment des poulets, entre 0 et 28 jours pour des poulets abattus entre 1,9 et 2,5 kg et jusqu’à 35 jours pour ceux abattus entre 2,5 kg et 3,5 kg. Les résultats présentés par Karine Bébin montrent que l’utilisation de Méga Tender diminue la prévalence et la gravité de ce genre de défaut. Toujours en volaille, CCPA lance son nouvel outil de modélisation de la croissance des poulets de chair : Scenari. « Il s’agit de modélisation nutritionnelle, à partir des données personnelles de production et des objectifs de croissance en fonction des débouchés. Scenari simule et modélise les performances, décrit-elle. Le logiciel établit plusieurs propositions et les spécialistes avicoles proposent en fonction du scénario choisi par le client, la meilleure stratégie alimentaire pour y répondre. »

En ruminants, Jean Pascard, chef produit ruminants CCPA, présente les nouveaux résultats de recherche sur Axion Start. Ce prémélange d’additifs est désormais proposé dans une déclinaison en top feeding, Delta Axion Start. Ils agissent sur la persistance laitière et la santé mammaire : « Un essai en ferme expérimentale mené en 2017, en partenariat avec l’unité de recherche du docteur Barry Bradford, à l’université du Kansas (Etats-Unis), a testé l’effet d’une supplémentation en Axion Start sur 80 vaches laitières multipares après vêlage. L’essai a démontré une augmentation significative de la production laitière de 13 % sur les 17 semaines de lactation et une diminution des cellules somatiques, même sur des animaux avec des taux cellulaires bas, décrit-il. En parallèle, un essai mené par le professeur Frédéric Dessauge de l’Inra de Rennes a révélé l’impact d’Axion Start sur l’augmentation de la longévité des cellules mammaires, contribuant à la persistance laitière. »

Didier Andrieu, spécialiste du service ruminant, donne des données sur le déploiement de CréaScan, l’outil d’aide à la décision appliquée à l’élevage laitier. « L’éleveur attend aujourd’hui de son technico-commercial un regard extérieur sur son élevage. Or le technicien ne peut être efficient que s’il a connaissance des données de l’élevage. CréaScan évalue les résultats de production obtenus (données de production et d’analyses des acides gras du lait qui sont incrémentées de manière automatique). Cela permet au technicien d’en effectuer un suivi dans le temps et de détecter des éventuels écarts de performances techniques. Le logiciel envoie des alertes au technico-commercial qui peut ainsi en avertir l’éleveur et le conseiller dans des actions correctives à mettre en place. » CCPA annonce un déploiement au rythme de dix nouveaux élevages connectés par mois depuis janvier 2018 : « Le seul frein est la réticence des techniciens qui ne comprennent pas que leur métier est en train d’évoluer. C’est dommage car CréaScan permet vraiment de remettre la notion de conseil au cœur de la relation avec l’éleveur », conclut Jean Pascard.

En porc, Alice Hamard, responsable du service, présente la dernière recrue de l’équipe : Anne-Sophie Valable, nouvelle spécialiste porc. « Nous avons créé ce poste pour accompagner notre développement et sommes désormais six personnes au service porc. Notre dynamisme est porté par notre développement à l’international, en Espagne particulièrement avec la récente acquisition de Nutega. » Elle rappelle le lancement, il y a un an déjà, de l’aliment sous la mère Attirance SPC qui bénéficie de matières premières qui subissent « un traitement thermique spécifique qui confère au blé des propriétés de digestibilité très élevées ». Cet aliment est le premier d’un programme 100 % blanc : « Cet aliment sous la mère prépare les porcelets à un sevrage en toute sérénité, souligne Alice Hamard. Ensuite, les aliments de la gamme AxEcla, sur lesquels nous avons une vraie antériorité, prennent le relai et assure le bon démarrage. Une formule 2e âge permet de clore la phase de post-sevrage en alliant performance et sécurité digestive. Aujourd’hui, plus de 75 % des aliments porcelets sont blancs. »

En porc charcutier, l’actualité est la validation par des preuves terrain de la pertinence du prémélange CreaAdvance : « Formulé à partir d’une association synergique d’extraits végétaux, il simule le processus digestif pour une valorisation optimale de la ration. » Alice Hamard présente une synthèse de résultats terrain cumulant des essais portant sur 3 500 porcs.

Du côté des spécialités, elle présente la nouvelle spécialité nutritionnelle Deltavit Delta Iron, un fer oral « parfaitement assimilé par les porcelets ». Disponible sous forme de poudre, il apporte du fer sous trois formes, sulfate, chélate et fumarate, et contient « des ingrédients appétents et des nutriments aidant à l’assimilation du fer ». Pour expliquer l’importance de cette problématique, elle cite une récente étude établissant que 18 % environ des porcelets arrivent anémiés au post-sevrage.

Idena

La nutrition-santé comme réponse aux enjeux sociétaux

Une partie de l’équipe Idena, avec Emmanuel Bedier, directeur commercial.

Une partie de l’équipe Idena, avec Emmanuel Bedier, directeur commercial.

Emmanuel Bedier, directeur commercial d’Idena se réjouit de l’année 2017 : « Nous avons enregistré de bonnes croissances, malgré le contexte du prix des vitamines assez perturbant. Notre installation de production de liquide a trouvé son rythme de croisière pendant cette première année de fonctionnement. Dans le contexte actuel, nous nous sentons vraiment à notre place : notre concept historique de nutrition-santé trouve des applications dans toutes les revendications sociétales actuelles concernant les productions animales. C’est le cœur de notre métier qui s’exprime pleinement. » Idena multiplie les partenariats, avec les centres de recherche dans le cadre de sa R&D, mais aussi avec des industriels et des organisations de production pour adapter ses solutions au terrain : « Nous nous adaptons aux besoins de chacun, de chaque région, car à chaque nouveau périmètre correspondent de nouvelles problématiques et exigent des réponses spécifiques. Cette capacité d’adapter nos solutions renforce notre crédibilité et nous ouvre toujours de nouvelles perspectives. »

En mars dernier, l’équipe volaille d’Idena a accueilli Anne Mahieu, spécialiste volaille : « Mon expérience des outils statistiques et ma connaissance des filières complètent le savoir-faire de mes collègues, Amandine Canin, Pierre Desbordes et Renaud Domitille dans le domaine de la génétique, la santé et les ingrédients. Aujourd’hui, la demande sociétale est forte et nous sommes prêts car nous avons une antériorité sur le domaine des ingrédients d’origine naturelle dont nous avons une connaissance approfondie des mécanismes d’action. Nos solutions bénéficient d’antériorité et de dossiers techniques très solides. » Elle cite le logiciel Evodit qui est un outil très global et complet qui permet d’explorer des solutions et des programmes nutritionnels avec les organisations de production. « C’est un outil qui se décline facilement pour chaque OP, avec une souplesse de fonctionnement qui permet une grande appropriation par les structures. C’est un bel outil associant expertise nutritionnelle et analyse des données. » Bien sûr, Idena travaille également sur le dossier des pododermatites : « Les connaissances évoluent, nous adaptons nos conseils et nos solutions au fonctionnement de chaque filière. »

En porc, Samuel Eon et Laurent Hugonin déclinent l’approche sur plusieurs piliers : « La démédication est toujours un enjeu, la nutrition raisonnée et durable, le respect des nouvelles attentes sociétales, notamment en termes de bien-être et la qualité des produits finis. » Il cite en exemple le programme alimentaire des truies qui intègre dans toutes les phases d’élevage le fil conducteur de la nutrition « raisonnée » : Folico pour des truies productives et des portées de qualité, Forcix SW en réponse aux problématiques spécifiques. En engraissement, le sujet de la performance économique est au cœur des développements : « Mais sans oublier la qualité de la viande car aujourd’hui, les consommateurs et les transformateurs déplorent la perte de goût et de saveur : la qualité gustative est liée à la teneur en matière grasse, on peut piloter le ratio muscle/gras par la gestion fine des acides aminés. » « Dans un monde où les filières sont de plus en plus intégrées, et c’est également le cas de nos marchés à l’export, nous devons rester à l’écoute des demandes du marché », concluent-ils.

Inzo°

Une réponse « au cœur des filières »

Erik Sulmont, responsable du département ruminant Inzo° présente les nouveautés.

Erik Sulmont, responsable du département ruminant Inzo° présente les nouveautés.

Erik Sulmont, responsable ruminants, présente les principales nouveautés d’Inzo° dans le domaine des ruminants. La nouvelle gamme minérale Physio a été retravaillée avec une indexation autour de six thématiques : reproduction, immunité, sécurité digestive, production, boiteries et pattes, vêlage. « Chaque minéral est désormais identifié par une note de 100 à 135 sur chacune de ces thématiques. Cette note est calculée en fonction des composantes nutritionnelles de l’aliment minéral suivant un cahier des charges spécifique. L’index optimum est 100. Les index supérieurs à 100 sont améliorateurs. » Cette nouvelle segmentation de la gamme basée sur les avantages offre une hiérarchie plus lisible et adaptée aux objectifs de l’éleveur. Elle facilite l’argumentaire des technico-commerciaux. La gamme est par ailleurs présentée par couleur : vert pour les laitières, rouge pour les allaitantes, orange pour les jeunes bovins et bleue pour les petits ruminants. « Le lancement de la gamme s’accompagne de la mise en place d’un nouveau site internet dédiée à la gamme Physio. »

Pour renforcer le technico-commercial dans son rôle d’expert de la production laitière, Inzo° propose un nouvel outil d’aide à la décision : Dairy Expert. Il récupère de façon automatique les données disponibles des élevages laitiers, notamment celles du contrôle laitier. « Le technicien effectue sa visite, fort de conseils factuels et visibles, basés sur les résultats de production des animaux, souligne Erik Sulmont. Les diagnostics sont facilités en identifiant les sujets prioritaires à traiter avec l’éleveur lors de la prochaine visite et le logiciel préconise un plan d’actions à mettre en place intégrant produits et services proposés par la structure partenaire. En fonction de la situation en élevage, les rendez-vous peuvent être anticipés ou retardés. »

Toujours en vaches laitières, Inzo° présente un nouveau programme pour aborder le péri-partum : Transi Up. Il se compose de la solution PhysiA Energy Drink, une solution de drenchage volontaire à distribuer le plus tôt possible dans les 2 heures maximum après vêlage. Puis, pendant les cent premiers jours de lactation, un aliment complémentaire d’origine végétale, alternative au propylène glycol. « Attract’IV est une association unique de sucres, extraits végétaux et bétaïne qui permet de soutenir le démarrage en lactation, améliorer rapidement le bilan énergétique et favoriser la reprise d’état et optimiser la reproduction. » Le dernier élément, PhysiA Epaliq, se distribue en phase de cinq jours pour soutenir les fonctions hépatiques, développer l’énergie en début de lactation et favoriser la reproduction : « Dans cet objectif, PhysiA Epaliq apporte sucres, choline, niacine et carnitine. »

En bovin viande, Inzo° met en avant son système d’étude des élevages allaitant, BoviPlan, dont les premiers résultats ont été présentés. « Nous avons travaillé sur un groupe de 36 éleveurs avec la structure Dijon Céréales/Soréal à Pouilly en Auxois, explique Erik Sulmont. L’analyse des données a été menée sur la période d’octobre 2016 à septembre 2017. Les saisies semestrielles ont été l’occasion de faire le point sur les effectifs, les vêlages, la mortalité des veaux, les achats, les ventes et la consommation de concentrés. « Les résultats technico-économiques moyens font apparaitre une différence importante sur la quantité de viande vive produite. On observe une corrélation positive entre les kilos de viande vive produits et la marge nette dégagée par l’atelier viande. » Quant aux points techniques qui influencent la marge nette, BoviPlan établit qu’ils sont les suivants : « La maîtrise du taux de mortalité, la minéralisation et la ration des vaches avant et après vêlage, le nombre de veaux sevrés : 7 en moins pour le quart inférieur du fait d’un taux de mortalité plus élevé par rapport à la moyenne. Pour l’élevage moyen de 105 mères, cela représente 7 900 € de perte nette sur la vente des broutards. »

Plus généralement en formulation ruminant, les équipes d’Inzo° ont travaillé cette année sur la protéine métropolitaine : pois et fèverole. « Notre procédé Sweetan améliore les valeurs alimentaires de la fèverole : +15 % de PDIN, +85 % de PDIE, +194 % de PDIA. » Inzo° travaille le sujet dans un esprit de filière qui va de la production de fèverole avec contractualisation de surfaces dédiées au sein des coopératives, jusqu’au contrat de traitement et aux débouchés laiteries. Le traitement Sweetan permet par ailleurs « d’enrichir les tourteaux de colza en lysine digestible, ce qui les rend similaire en niveau de lysine à un tourteau de soja ».

En volailles, les équipes se sont réorganisées sous la houlette de Maxime Quentin, le nouveau responsable du service. Deux nouvelles recrues ont donc rejoint l’équipe déjà formée par Céline Guérini, Philippe Jamoneau, Ludovic Chossat, Gaël Le Gall et Jean-Manuel Marion : il s’agit de Marjolaine Lalane qui quitte le service formulation et de Laure Bignon qui vient de l’Itavi. Côtés nouveautés, le service présente son offre en pondeuses bio : « Nous développons depuis longtemps une gamme complète de produits nutritionnels qui respecte les besoins physiologiques des animaux dans toutes les conditions d’élevage. Cette année, la gamme de produits nutritionnels s’étend à l’agriculture biologique. » La gamme des K.mix se décline donc en version bio sur les références suivantes : Liver-Pool, une solution qui agit sur le métabolisme lipidique hépatique ; Reprovitol, un complément oligo-vitaminique utile au maintien des réserves de l’animal et/ou aux besoins spécifiques des périodes à risque ; Save-control qui améliore les performances en limitant les processus d’oxydation accélérée avec l’âge et les stress de production ; Vertu, solution naturelle pour préserver l’équilibre digestif et prévenir le parasitisme et Kalikok dont les actifs végétaux améliorent le métabolisme calcique notamment en fin de production. La production standard bénéficie, de son côté, d’une nouveauté pour la persistance de production avec K.mix Persistance. « Formulée à base d’extraits de plantes, son action directe et spécifique sur le développement folliculaire améliore la ponte en fin de cycle de production : jusqu’à quatre œufs supplémentaires entre 55 et 75 semaines de pontes », présente Maxime Quentin. En volaille de chair, la nouveauté nutritionnelle de cette année est le K.mix Up2Days, aliment néonatal, utilisé dès l’éclosion et pendant les deux premiers jours. « Il aide le poussin, très immature sur le plan enzymatique, à développer rapidement ses capacités digestives. Cet aliment permet ainsi de faciliter la transition de l’alimentation lipidique issue du jaune de l’œuf à une alimentation formulée dont la source principale d’énergie est l’amidon. »

En lapin, Chantal Davoust, responsable du service, rappelle les travaux engagés dans la démédication et souligne leur lien avec les démarches de bien-être : « Nous avons mené des essais sur notre solution K.Mix Alterna, en le testant dans le cadre de la colibacillose. Nous avons montré le renforcement de son efficacité quand il est distribué sur toute la période d’engraissement et dès huit jours avant sevrage. » Sur le dossier bien-être Inzo° a acquis la licence du programme Ebene développé par l’Itavi et travaille à son déploiement sur le terrain.

MG2Mix

Une nouvelle usine pour ses trente ans

Une partie de l’équipe d’MG2Mix : « Au complet, nous sommes désormais 36 personnes, dont 19 nutritionnistes », souligne Vincent Gerfault, directeur général.

Une partie de l’équipe d’MG2Mix : « Au complet, nous sommes désormais 36 personnes, dont 19 nutritionnistes », souligne Vincent Gerfault, directeur général.

Vincent Gerfault, directeur général de la firme-services MG2Mix, dresse le bilan d’une bonne année 2018 : « Notre chiffre d’affaires, estimé pour 2018, est de 45-46 millions d’euros, il était de 41,5 millions d’euros en 2017. Évidemment, il traduit l’inflation du prix des vitamines, mais il reflète aussi une croissance de nos activités. L’export représente désormais 60 % de notre chiffre d’affaires avec de nouvelles destinations en Afrique et en Asie. Nous avons des projets bien avancés au Nigeria par exemple. La situation s’est également régularisée en Algérie. » L’année dernière, le gouvernement algérien avait décidé d’imposer des quotas d’importations sur les aliments pour animaux. MG2Mix avait déjà un partenaire sur place disposant de capacités industrielles : « Nous avons donc opté pour livrer désormais des noyaux plus concentrés à 0,1 ou 0,2 %, explique Vincent Gerfault. Cette stratégie s’est révélée gagnante à plus d’un titre car elle nous a permis de libérer de la place sur notre outil de production. Fort de cette nouvelle capacité, nous avons signé de nouveaux contrats et retrouvé notre volume, continuant à fonctionner en trois huit. » En 2017, MG2Mix produisait 27 000 t, en 2018 la production annuelle a atteint 30 500 t. L’équivalent tonnage est donc passé de 3,1 millions de t à 3,4 millions de t soit une hausse de +8 %. Cette année, MG2Mix a constitué un véritable service pour explorer le marché de l’aquaculture : « Nous sommes bien présents en Asie, notamment en volailles, il nous y fallait une offre en aquaculture, c’est désormais chose faite. » Pour l’heure, le mix produit fait toujours la part belle à la volaille qui représente 60 % de l’activité. Le reste se répartissant équitablement entre les ruminants et le porc, en attendant la montée en puissance de l’aquaculture !

Vincent Gerfault annonce un investissement de 7 millions d’euros pour doubler la capacité de production à l’horizon 2019 : « Les travaux ont commencé par l’agrandissement des bureaux et le chantier va bientôt concerner la nouvelle tour. L’enjeu est, à terme, de disposer de deux lignes totalement différenciées afin de dédier un outil à la production de prémix blanc, sans anticoccidien, et répondre ainsi aux exigences du marché européen de plus en plus fortes sur cette problématique. » Le projet devrait être livré pour le Space 2019… qui coïncidera avec l’anniversaire des trente ans de MG2Mix.

Autre investissement majeur des derniers mois, MG2Mix s’est doté d’une nouvelle station expérimentale pondeuse : « Il s’agit d’une salle dotée de 250 places au sein de l’élevage qui assure déjà la recherche en canard pour nous, précise Vincent Gerfault. Nous pouvons y comparer trois régimes alimentaires avec un niveau statistique suffisamment puissant. Cet outil nous permet de démultiplier nos essais et il nous est également utile comme outil de formation pour nos nouvelles recrues. Nous pouvons y recevoir nos clients et valoriser nos recherches. » Dans le cadre de sa gamme Natuvia qui chapeaute les solutions naturelles alternatives aux antibiotiques, le service volaille annonce plusieurs nouveautés : « D’abord, le lancement d’une bourse de recherche avec l’Inra de Nouzilly dans le cadre d’une convention Cifre sur le thème de la coccidiose, qui permet à Mélanie Beucher d’être recrutée », décrit Vincent Gerfault. En volaille, un programme de recherche est également engagé pour identifier les fibres alimentaires pertinentes en volailles de chair et de pontes et leurs effets sur les performances zootechniques et la santé intestinale. Une enquête est lancée sur les entérocoques, bactéries très présentes sur le terrain en volailles de chair, qui représente une pression sanitaire. Une autre enquête concerne le comportement de picage chez le canard de barbarie. Côté produit, le service volaille a lancé un nouvel aliment démarrrage à la galénique innovante : « Il se présente sous forme de gel dont la prise se fait à froid, il est donc simple à mettre en place à l’aide d’une spatule et facile à consommer par le poussin. »

En porc, le service géré par Nicolas Cottais, présente son nouveau programme alimentaire post-sevrage sans antibiotique Fripig : « Nous avons non seulement ôté toute supplémentation antibiotique mais également réduit le cuivre et anticipé l’interdiction d’utilisation du zinc à dose pharmacologique, présente Vincent Gerfault. Le programme est basé sur des matières premières aux propriétés ciblées ainsi que sur des additifs spécifiques pour moduler le microbiote. » MG2Mix présente des résultats d’essais et d’élevages qui montrent une amélioration de la consommation, dans un contexte digestif maîtrisé, avec des porcelets plus lourds au sevrage, un GMQ amélioré et un indice de consommation baissé. En truies, MG2Mix a validé ses nouvelles réflexions sur la maîtrise des coûts de formulation : « La gestion des mises bas est un de nos points forts. Nous avons une offre complète comprenant aliment, concepts de formulations, additifs et solutions nutritionnelles adaptées, avec des succès en élevage : augmentation du nombre de porcelets sevrés par la réduction du pourcentage de mort-nés sur nés totaux, grâce à des animaux plus toniques et des mises bas réussies. » En charcutiers, la firme-services présente de nombreux résultats d’essais de son programme NutriAdapt testé dans la station d’essais dont elle dispose depuis une année : « Equipée de Dac, cette station nous permet de récolter beaucoup d’informations, riches d’enseignements. Nous montrons une réduction de l’indice de consommation, une amélioration du GMQ, une amélioration du coût de kilo de croît et nous avons poussé les observations jusqu’à l’abattoir où nous démontrons un effet améliorateur sur la qualité des carcasses. »

Le service ruminants, piloté par Mickaël Routier, présente les nouveaux modules disponibles sur son application d’aide à la décision I-Farm : « Le module prévision de la production laitière à trois mois s’appuie sur des facteurs tels que la persistance laitière, le renouvellement, etc. Il fonctionne en lien avec la laiterie qui valorise cette capacité des éleveurs à respecter les volumes annoncés. » Un nouveau module bilan fourrager est relié au logiciel de rationnement et permet aux éleveurs de bien adapter la distribution afin de faire durer leur stock et éviter les à-coups alimentaires. I-Farm intègre depuis deux ans un critère de management de la reproduction : « Il prend en compte l’amélioration, le maintien ou le recul du mois moyen de lactation et permet d’anticiper le renouvellement à partir de la proportion des femelles gestantes. Ce critère a permis de révéler dans certains élevages des problèmes de fertilité que nous proposons de résoudre avec un nouveau concept minéral spécifique qui s’administre dès le tarissement et au cours des premiers mois de lactation. Il stimule la fertilité grâce à des composants comme la bétaïne, le pidolate de calcium et des extraits de plante spécifiques. »

MiXscience

Innov’Space pour le Podoscope

Hubert Rerolle, nouveau directeur commercial MiXscience ,présente les nouveautés et l’Innov’Space avec Claire le Dain, spécialiste volailles, et Élodie Tersiguel, spécialiste porc.

Hubert Rerolle, nouveau directeur commercial MiXscience ,présente les nouveautés et l’Innov’Space avec Claire le Dain, spécialiste volailles, et Élodie Tersiguel, spécialiste porc.

Hubert Rerolle a pris la direction commerciale de MiXscience au cours de l’année écoulée. Il rappelle la démarche Sahm, Sustainable animal health management ou GSD, Gestion sanitaire durable, sous laquelle se décline toute l’offre de la firme-services. « Cette approche s’intègre dans le mouvement global de réduction des antibiotiques afin de lutter contre l’antibiorésistance. Elle repose sur cinq piliers : amélioration de la conduite d’élevage, renforcement des mesures de biosécurité, soutien via l’aliment des défenses naturelles des animaux, solutions alternatives pour le bien-être digestif, respiratoire et locomoteur, et utilisation raisonnée des antibiotiques. » Élodie Tersiguel, spécialiste porc, décline les applications de la démarche GSD/Sahm en porc : « Les nouveaux produits nutritionnels en truies et porc, Flexo Calm et Flexo Mun, en déclinent les concepts. Flexo Calm participe à la réduction des réactions liées au stress grâce à une formulation combinant extraits de plantes magnésium et antioxydant. Il se distribue avant la mise en groupe afin de réduire les comportements agressifs, avant la mise bas des cochettes sensible au stress de cette étape, mais également aux porcs charcutiers. Flexo Mun, lui, contient des extraits de plantes qui soutiennent le système digestif et des antioxydants pour maintenir les défenses naturelles de l’animal. » Elle cite également le lancement du logiciel FlexiFeed, un logiciel de formulation, simple et intuitif, destiné aux éleveurs Fafeurs.

En volailles, Claire Le Dain présente le Podoscope, outil d’audit sanitaire en volaille récompensé par un Innov’Space cette année. « Un des critères d’évaluation du bien-être animal retenu au niveau européen est le taux de pododermatites, cette lésion au niveau du coussinet plantaire des poulets. Notre outil d’aide à la décision a pour but d’identifier les leviers de progrès et prioriser les actions à mettre en place par une évaluation de leur impact sur le taux de pododermatites. Il établit un plan d’action avec une prédiction de la réduction de la prévalence des pododermatites, ce qui est un objectif clair et stimulant pour l’éleveur. » Le Podoscope intègre trois thématiques : le sol, l’eau et la gestion de l’ambiance. Il s’utilise à partir d’une simple tablette, smartphone ou depuis un ordinateur.

En ruminants, Hubert Rerolle présente l’intégration du Protonat 2C dans un minéral granulé permettant de l’intégrer dans les mash. « Protonat 2C est un mélange d’huiles essentielles et extraits de plantes destiné aux veaux et génisses pour les accompagner dans la gestion du risque parasitaire, rappelle-t-il. Dans sa version granulé, il est enrichi en vitamines et facteurs appétents. » L’autre nouveauté en ruminant est le développement d’une nouvelle méthode d’analyse par le Nir des fourrages frais non broyés : « Cette technique est plus rapide qu’avec un échantillon séché et broyé avec la même fiabilité de résultat. Les résultats sont disponibles en quatre jours ouvrés maximum. Avec cette méthode, c’est la totalité de l’échantillon qui est analysé ce qui renforce la représentativité du résultat. »

Prisma

Des compétences dédiées au marché français

Le service volaille de la firme-services Prisma, présente son travail sur le thème des pododermatites.

Le service volaille de la firme-services Prisma, présente son travail sur le thème des pododermatites.

« Nos compétences sont 100 % dédiées au marché français. Nous tâchons d’apporter des solutions qui offrent de la différenciation à nos clients, résume Alain Abhervé-Guéguen, directeur des firmes-services Prisma et Agro01. Nous renouvelons nos offres en nous basant sur une R&D très innovante et très à l’écoute des problématiques du marché. Nous identifions les tendances et les appliquons à des solutions terrain : la prise en compte du bien-être animal ne se fait pas sans impliquer la qualité de travail pour l’éleveur, les solutions naturelles se placent en substitution des stratégies médicamenteuses mais elles ne doivent pas s’opposer. Nous essayons autant que possible de réfléchir en termes de transversalité afin de faire bénéficier à l’ensemble des segments des approches innovantes identifiées. »

Olivier Gestin et Edith Cren, du service volaille de Prisma, présentent la réponse de la firme-services à la problématique des pododermatites qui affectent le bien-être des animaux, mais aussi leurs performances de croissance, la qualité des carcasses et constituent des points d’entrée pour les bactéries pathogènes dans l’organisme : « La litière, sa qualité et surtout son humidité, est le premier facteur prédisposant de l’apparition de pododermatites en élevage, expliquent-ils. Mais c’est un problème multifactoriel très complexe à appréhender. Le management est travaillé par les éleveurs avec leurs organisations de production. Nous travaillons sur le facteur nutritionnel. Nos premiers résultats dans nos stations d’essais sont très encourageants : nous avons testé des solutions nutritionnelles qui permettent d’améliorer l’état des litières et réduire la prévalence des pododermatites sans affecter les niveaux de croissance des volailles. » Prisma a basé son offre, baptisée Zen, sur une nouvelle norme de formulation et un additif, Tempo Feet Up.

C’est également de formulation volaille dont parle Alexandra Calvez, référente formulation au service support technique. « Ces dix dernières années, les formules d’aliments pour volailles ont beaucoup évolué, réduisant le recours au soja et diversifiant les sources de protéines. Ainsi dans une formule d’aliment pour poulet label, la part du tourteau de soja dans l’apport protéique est passé de 85 % à 25 %. En pondeuse, il est passé de 70 % à 35 %. C’est spectaculaire. Il fallait réviser notre indicateur de l’énergie métabolisable pour l’adapter à ces nouvelles pratiques. » La nouvelle valeur d’énergie métabolisable volaille AME 3.0 ou Energie volaille adulte, est basée sur l’exploitation des données de digestibilité étudiées sur les coqs entiers à la station expérimentale de Saint-Nolff. Elle intègre des équations spécifiques pour chacune des nouvelles matières premières. « Ce nouveau nutriment est disponible pour les volailles adultes, nous ferons également ce travail pour les volailles en croissance. Il change la hiérarchie des matières premières attribuant à certaines une meilleure valorisation. »

Concernant les ruminants, Jérôme Michaud, le responsable du département, explique la nouvelle approche intestinale appliquée à l’ensemble des espèces, bovins lait et bovins viande : « Après s’être concentré sur le rumen, les recherches en ruminant commencent à considérer l’intestin. Malgré la finesse de nos descriptions grâce à nos nombreux index, Top Flore, index pH ou index Interaction, les écarts entre le lait produit et le lait réel peuvent encore s’expliquer par le fait que l’absorption intestinale n’est pas appréhendée correctement. » Prisma repositionne donc l’ensemble de ses gammes sur cet aspect dénommé pour l’occasion Gut Care : « L’intestin est le deuxième lieu d’absorption des nutriments, souligne-t-il. Il implique des effets sur l’efficacité alimentaire mais également l’immunité et la santé. C’est un vaste nouveau champ d’exploration. »

« L’aliment de précision est un Graal pour les nutritionnistes, nous n’y sommes pas encore, reconnaît humblement Hervé Fortune, chef produit porc. Notre responsabilité de firme-services est de mettre à la disposition des fabricants des critères de formulation qui leur permettent de s’adapter à toutes les situations d’élevage. » Prisma propose un nouvel indicateur : la charge énergétique glycémiante CEG de l’aliment qui permet d’adapter les apports à l’utilisation du glucose par la truie en gestation. Son évolution est corrélée à la croissance fœtale. « À partir de cet indicateur, les fabricants peuvent privilégier des sources différentes de glucose, selon les stades physiologiques. Dans un régime bi-phase, le CEG est généralement faible sur le premier aliment et plus élevé pour le second. L’enjeu est de mettre en adéquation de façon dynamique les apports nutritionnels et les besoins des animaux. » Cette démarche de formulation accompagne l’outil de rationnement Pig 3D Truie qui apporte de la précision dans le calcul de plan de rationnement. Elle s’accompagne aussi en élevage d’un audit des besoins du troupeau de truies grâce à une application de prédiction des besoins. Fort de ces outils, Prisma annonce des gains de poids de portées (de l’ordre de 3,5 kg) via des améliorations de l’ingestion des truies en lactation.

Provimi

Un Innov’Space pour IntellaMeat en volailles

L’équipe ruminant de Provimi axe son travail sur la longévité de la carrière productive des vaches laitières.

L’équipe ruminant de Provimi axe son travail sur la longévité de la carrière productive des vaches laitières.

« Notre axe de travail en vache laitière est l’efficacité alimentaire et la longévité des animaux, rappelle Ghislain Boucher, chef de produit ruminant pour Provimi. Pour travailler ces axes, le soutien hépatique est primordial. » D’où la sortie de la solution nutritionnelle Livermix Or, un noyau enrichi en extraits végétaux naturels. « Les substances actives de Livermix Or agissent en synergie au niveau de la stimulation de l’appétit, permettant d’améliorer l’efficacité alimentaire et ainsi d’augmenter significativement la production laitière, en moyenne de 2,47 kg de lait sur les 60 premiers jours de lactation, lors d’un essai portant sur 200 vaches conduites au robot de traite. » Les essais montrent également une baisse de la concentration sanguine d’acides gras non estérifiés, reflétant une moindre mobilisation des réserves de graisses corporelles : « Cela suggère donc une meilleure couverture du déficit énergétique en début de lactation et un meilleur fonctionnement hépatique. »

Ghislain Boucher rappelle également l’évolution du logiciel de mélange à la carte MaxiMix qui permet d’associer un aliment minéral avec des additifs, des matières premières ou des spécialités nutritionnelles appelées Pack. « Cet outil permet de personnaliser la minéralisation en fonction des objectifs fixés par l’éleveur, avec un gain de temps, d’argent et d’efficacité à la clé. » La version 2018 propose des minéraux plus techniques, « enrichis en vitamines et oligo-éléments chélatés pour une base minérale encore plus efficace » et des additifs nutritionnels plus concentrés et plus économiques pour une offre « complète et sans superflu ».

Marion Mahé, chargée de marketing au sein de l’équipe ruminant, présente l’évolution du programme Preparto, dans sa version 2.0 : « Nous avons renforcé le soutien hépatique et l’effet sur la diminution de la Baca ». L’offre se complète d’un nouveau minéral Mozïc G55 enrichi en sélénium organique afin de couvrir plus efficacement les besoins des animaux en préparation vêlage. « La longévité de la carrière d’une vache laitière est un levier de progrès très puissant : la moyenne de longévité est de 2,5 lactations en France, c’est trop peu. La préparation au vêlage est une étape essentielle dans cette problématique, or le frein majeur à la mise en place de programmes spécifiques est l’organisation du travail : à nous de proposer des solutions simples à mettre en œuvre pour encourager les éleveurs dans cette voix. » Pour cela, Provimi développe des outils d’aide à la vente sur le terrain : une grille d’audit rapide qui synthétise tous les indicateurs indispensables pour évaluer la gestion du tarissement jusqu’au vêlage et établir des axes d’amélioration et un calculateur qui permet de chiffrer le retour sur investissement permis par le programme Preparto 2.0.

L’équipe volaille de Provimi a remporté un Innov’Space avec IntellaMeat, une solution nutritionnelle qui permet de diminuer l’incidence des défauts de carcasses. Pierre Le Rossignol, responsable du département présente le contexte : « La vitesse de croissance des poulets de chair a beaucoup évolué ces dernières années sans que la volaille ne voit ses capacités cardio-vasculaires s’adapter à ce rythme de croissance. Il en résulte des défauts d’oxygénation et de vascularisation des muscles ce qui se traduit par l’apparition de troubles musculaires tels que les stries blanches, white stripping ou le syndrome du filet de bois, wooden breast. Ces défauts structurels de la qualité des carcasses peuvent entraîner de lourdes pertes économiques avec des saisies et déclassements partiels ou totaux en abattoir. » La solution proposée par Provimi est une association d’extraits de plantes, de son additif Proviox et d’une nouvelle technologie, Proxymum adaptée à une matière première qui permet une meilleure vascularisation et oxygénation des cellules musculaires. Cette solution nutritionnelle se positionne en complément d’un management attentionné qui garantit aux volailles un bon accès à la nourriture et à l’eau et d’un suivi des courbes de croissance. « IntellaMeat a été développée par nos équipes françaises, avec le support de nos essais menés dans notre station expérimentale de Cugand et elle sera déclinée au niveau européen au sein du groupe », se félicite Pierre Le Rossignol. Les résultats des essais montrent une amélioration significative de la qualité de filets des poulets supplémentés et une réduction du prix de revient de la tonne de filet.

En porc, la thématique de travail ces derniers mois a porté sur l’amélioration du bien-être. Première déclinaison en porc charcutier : « ConverMax est un mélange original de magnésium et d’extraits végétaux, décrit Yvon Lechevestrier, responsable du département. Via un effet sur le système nerveux central, son objectif est de favoriser le calme des porcs à l’engraissement. Résultats : moins de gaspillage d’énergie et des performances de croissance améliorées pour une plus forte rentabilité. » Les huit essais présentés par Provimi, réalisés en France et en Espagne mettent en évidence une amélioration de l’indice de conversion de 0,12 point en moyenne. « Les effets sont visibles très rapidement, les éleveurs constatent des lots plus calmes. Ils sont aussi visibles à l’abattoir par l’amélioration des carcasses présentant moins de griffures. »

En truies allaitantes, l’innovation LivaPig s’inscrit dans l’offre truies Provimi : Livelle. Cette solution développée à l’échelle du groupe Cargill s’incorpore dans les aliments distribués aux truies depuis l’entrée en maternité jusqu’au sevrage. Elle s’inscrit dans la gestion de l’hyperprolificité qui voit le taux de survie des porcelets se dégrader et le taux de mort-nés s’élever. « Le but est de favoriser la vasodilatation, ce qui permet d’apporter plus d’oxygène aux porcelets en fin de gestation et pendant la mise bas et de faire parvenir plus de nutriments à la glande mammaire. On soupçonne ainsi un effet sur la production laitière. Le deuxième mode d’action est l’amélioration de la résistance physique des truies, ce qui permet une réduction de la durée de mise bas », décrit Yvon Lechevestrier. Il présente une synthèse de résultats des nombreux essais réalisés en stations expérimentales et en élevages qui montrent un gain jusqu’à 0,5 porcelet né vif en plus par porté, une amélioration de +45 g de poids à la naissance et jusqu’à 230 g en plus au sevrage et une réduction de la mortalité avant sevrage jusqu’à -4,3 %.

Maud Le Gall termine la présentation des nouveautés avec un point sur RescuePig, une solution d’alimentation complémentaire pour les porcelets sous la mère : « C’est un système complet comprenant des produits nutritionnels et un système de distribution automatisé depuis la préparation de la recette jusqu’à la mise à disposition dans les augettes. L’enjeu est de placer plus de porcelets avec la truie en réduisant le recours aux adoptions. L’objectif est d’obtenir des portées plus uniformes constituées d’animaux plus lourds, mieux préparés au sevrage… sans travail supplémentaire pour l’éleveur. » Maud Le Gall a présenté de récents résultats récoltés en élevages qui objectivisent l’amélioration du nombre de sevrés/portées et la réduction du pourcentage de pertes.

Techna France Nutrition

Expertise et précision au service de la nutrition

Les responsables de départements de Techna France Nutrition, de gauche à droite : Gwenaël Rebours, responsable lapin, Sébastien Donnet, responsable formulation, Christian Debevere, responsable porc, Lionel Raulin, responsable ruminants, Emmanuel Aproux, responsable volailles, Emmanuel David, responsable nutrition zootechnie.

Les responsables de départements de Techna France Nutrition, de gauche à droite : Gwenaël Rebours, responsable lapin, Sébastien Donnet, responsable formulation, Christian Debevere, responsable porc, Lionel Raulin, responsable ruminants, Emmanuel Aproux, responsable volailles, Emmanuel David, responsable nutrition zootechnie.

Emmanuel David, manager du pôle nutrition zootechnie, retrace le récent développement de la firme-services Techna France Nutrition : « La firme-services est l’un des cinq métiers du groupe. En 2017, nous représentons 4,6 millions de tonnes d’aliments reconstitués ce qui représente une croissance de notre activité de +7 % par rapport à 2016. Elle est de +6 % déjà sur les six premiers mois de 2018. » Techna est présent dans 35 pays, l’export est en croissance de +8 %.

La première activité de Techna est la volaille qui pèse 2,8 millions de tonnes d’aliments reconstitués dans le mix produit : avec 1,1 million de tonnes en poulet de chair et 600 000 t en pondeuse et une position de leader sur le marché en dinde. L’activité aquaculture, où Techna est présente depuis dix ans, a été réintégrée dans le périmètre des activités de la firme-services : « Cela permet un meilleur partage de compétence, souligne Emmanuel David. Notre organisation est basée sur la mise en commun des expertises détenues par plus de 60 spécialistes au sein de nos équipes, tant en nutrition par espèce, qu’en laboratoire, qu’en formulation ou en technologie. »

Sébastien Donnet, responsable du département formulation : « La notion de nutrition de précision demeure le cœur de notre activité. Elle repose sur l’évaluation des matières premières qui reste le socle du développement de nos expertises. » Il rappelle la multiplicité des critères de caractérisation mis au point par Techna, notamment les plus récents sur les acides aminés non essentiels. Il souligne que la matrice de formulation intègre les nouvelles recommandations de l’Inra Systali, de même que les systèmes étrangers de formulation. Il explique que la matrice intègre des données technologiques, comme leurs aptitudes à la granulation.

Le département volaille compte un nouveau responsable depuis le 1er avril, en la personne d’Emmanuel Amprou qui remplace Antoine Rousseau désormais en charge du développement des filières avicoles. Emmanuel Amprou revient sur l’intégration du bien-être animal dans les démarches techniques proposées par la firme-services. Sur le dossier du picage, qui, notamment en canard de barbarie, nuit au bien-être mais génère aussi un impact économique notable, avec des déclassements, des indices dégradés et des pertes, le premier travail de Techna est d’analyser le comportement pour repérer les signes précurseurs. « Nos observations, nos enquêtes terrain et nos audits d’élevage nous ont permis de relever des indicateurs précoces comme le type des plumes piquées ou la prostration des animaux. Il est important d’agir tôt car le mimétisme aggrave ce problème de façon exponentielle. » Les réponses sont ensuite d’ordre nutritionnelles (l’ingéré protéique, le ratio énergie métabolisable/protéines brutes, les fibres) et éthologiques (enrichissement précoce du milieu, gestion de la lumière, l’activité, l’ambiance, la densité, etc.). La thématique des pododermatites fait également clairement partie des problématiques de bien-être des volailles : « Nous travaillons sur la qualité des litières et la maîtrise des consommations d’eau et sur notre approche nutritionnelle basée sur le ratio énergie/protéine particulièrement sur la première phase de croissance de l’animal. »

Le département porc enregistre une croissance de +10 % cette année, « principalement en France et basé au départ sur le porcelet », retrace Christian Debevere, responsable de l’activité. Les produits et concepts qui portent ce développement sont le résultat de la recherche d’Euronutrition, à Saint-Symphorien, « une des rares stations où l’on peut faire des essais sur les truies ». La stratégie mise en œuvre par Techna France Nutrition est de cibler la nutrition de la truie pour améliorer la robustesse du porcelet : « Cette stratégie repose sur l’observation et l’étude approfondie d’un certain nombre de transferts qui s’opèrent de la mère au porcelet. Parmi ceux-ci : l’immunité passive transmise par la truie via le colostrum, la sécurité digestive, l’orientation positive du microbiote et l’amélioration du statut immunitaire du porcelet, ce que l’on appelle l’immunité active. » Le deuxième volet de cette stratégie est basé sur la prise colostrale dont la qualité immunitaire supérieure amplifie la capacité des porcelets à répondre aux infections de pathogènes externes. « Nos essais ont montré l’impact de Regastim, à base d’extraits de plantes, sur le renforcement de la robustesse des porcelets. Ceci se traduit par une consommation d’aliment supérieure, sans altération de l’indice et aussi par l’amélioration notable des performances de croissance : +1,5 kg de poids vif en fin de post-sevrage. »

En ruminant, Lionel Raulin, responsable du département, expose le nouveau rapport disponible dans EasyMap, l’outil de suivi des données d’élevages déployés chez plus de 700 éleveurs aujourd’hui. « Il concerne le suivi de la reproduction. Il est basé sur le fait que la maîtrise de l’intervalle vêlage-vêlage et du stade moyen de lactation du troupeau sont des leviers importants de la rentabilité en élevage laitier. En effet, les analyses EasyMap montrent que l’IVV varie peu selon la production laitière du troupeau, avec une donnée moyenne de huit jours d’écart entre les élevages à 7 000 kg/an et ceux supérieure à 10 000 kg/an à 305 jours de production. En revanche pour un même niveau de production, la variabilité de l’IVV est très importante. C’est donc une marge de progrès qui concernent tous les élevages et un nouveau volet d’expertise pour le technico-commercial. »

Deuxième sujet présenté par Lionel Raulin : « La tendance non-OGM dans la production laitière. Plutôt que d’essayer de faire un correcteur azoté sans soja, nous proposons d’imaginer… un autre aliment ! Nous nous basons sur nos connaissances des matières premières, des traitements technologiques disponibles et de notre savoir-faire en formulation. » Quant à l’approche minérale en ruminant, Techna France Nutrition rappelle la grande hétérogénéité des fourrages en macro et oligo-éléments et préconise des apports basés sur des analyses dans chaque élevage.

En lapins, Gwenaël Rebours, le responsable du département expose comment Techna France Nutrition accompagne les mutations de la filière cunicole sur le plan technique, économique, environnemental et sociétal : « Qu’il s’agisse de nutrition, de démédication, de stratégies de conduite d’élevage, du bien-être animal, du rendement ou de la qualité de la viande, nos thématiques de travail s’inscrivent largement dans les objectifs que s’est fixés la filière au travers de son pacte d’avenir lapin 2018-2025. » La firme-services aborde le bien-être animal sous deux angles que sont le comportement du lapin et ses besoins alimentaires : « Nous nous intéressons au type de logement, parc partiel, mixte ou intégral, et à la conduite d’élevage, pratique du tout plein-tout vide, adaptation de l’âge d’abattage. Nous concevons des cahiers des charges nutritionnels spécifiques et sur-mesure qui prennent en compte le meilleur équilibre possible entre les apports énergétiques et fibreux afin d’allier performance et sécurité digestive. » Techna propose également des solutions spécifiques : buchettes de fibres pour satisfaire le besoin de ronger, maîtrise de l’agressivité, etc.

Trouw Nutrition France

Alimentation de précision

Trouw Nutrition France est une entreprise appartenant au groupe Nutreco. Son siège est aux Pays-Bas et une équipe française, composée de sept personnes, est en place depuis deux ans. Elle se positionne aujourd’hui comme firme-services et comme l’un des leaders mondiaux dans le domaine de l’alimentation des animaux et des poissons (Skretting). « La qualité, l’innovation et la durabilité sont des principes directeurs ancrés dans la culture de Nutreco, de la recherche à l’achat des matières premières en passant par les produits et services pour l’agriculture et l’aquaculture », définit Remko Wirken, directeur générale.

L’équipe a mis en avant au Space plusieurs points dont son nouveau système de modules NutriOpt. « Nous proposons un outil nutritionnel offrant une vision globale et intégrant les connaissances acquises afin de permettre à nos clients d’optimiser deux éléments : les coûts de l’alimentation et le rendement de la production. Il englobe un certain nombre d’éléments clés qui se complètent et s’ajoutent tout en optimisant l’alimentation animale, le rendement et les coûts associés grâce à une analyse, une modélisation et des calculs précis et en temps réel. » Chaque étape est liée. À partir des objectifs de chaque client, sont proposés des modules d’expertises et de savoir faire de Trouw Nutrition tels que les modèles alimentaires des animaux, des données matières premières, les analyses Nir à partir de leur calibration, une matrice de formulation, des données mycotoxines, des points de contrôles qualité, etc.

Le concept « Life start sets life performance » est également présenté. « Nous continuons à aider les producteurs à investir dans les rendements futurs grâce à une nutrition optimisée à destination des jeunes veaux dans les premières étapes clés de leur vie. Offrir aux jeunes animaux des niveaux aussi élevés de lait de remplacement que dans les régimes conventionnels, engendre des animaux en meilleure santé et une croissance plus rapide. »

Enfin un produit a été mis à l’honneur, le Selko, un mélange d’acides organiques qui « protège les coproduits contre la détérioration par des micro-organismes tels que les levures, les moisissures et les entérobactéries, prolonge la durée de conservation et préserve la valeur nutritionnelle en créant un environnement favorable pour le Lactobacillus ».

F. Foucher et C. Villéger

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