Vue du broyeur du laboratoire de Zetadec.

Zetadec : optimiser les process de fabrication

Depuis sa création en 2007, la société de conseil de Wageningen a développé une réelle expertise autour des technologies de la fabrication de l’aliment.

C’est en réalité en 1998 que démarre l’histoire de Zetadec. Menno Thomas, fils d’agriculteur, passe cette année-là une thèse sur la qualité physique des granulés dans le cadre de ses études, à la prestigieuse université de Wageningen où il se spécialise en nutrition animale. Après avoir travaillé sept ans au sein du FIS (Feed innovation service), un centre de recherches néerlandais sur l’aliment du bétail, Menno crée Zetadec, une entreprise de conseil en R&D dans le domaine de l’alimentation animale, la nutrition humaine et la biomasse. « Zetadec est spécialisée dans l’interaction des matières premières et les technologies de transformation », affirme Oriane Guérin qui a rejoint l’entreprise en 2010 en qualité de chercheuse junior et experte en technologie de l’aliment, après un cursus de formation allant de l’EIP de Purpan à l’université de Wageningen, et deux séjours d’environ six mois chacun respectivement au Pays de Galle et en France chez MG2Mix. « Au début, nous n’étions que deux au sein de Zetadec », rappelle Oriane qui précise que l’équipe se compose aujourd’hui de quatre personnes et demie. La société a son siège à Wageningen, à deux pas de l’université, et en plein centre de l’Agro business park qui réunit des sociétés innovantes principalement spécialisées en agriculture ou agroalimentaire.

L'équipe de Zetadec a fêté son dixième anniversaire à Wageningen, le 5 octobre dernier, lors d'un mini-symposium.

L’équipe de Zetadec a fêté son dixième anniversaire à Wageningen, le 5 octobre dernier, lors d’un mini-symposium. Crédit photo : Zetadec

Modèles de prédiction

Le nouveau slogan de l’entreprise « Understand, improve » résume bien la philosophie et l’offre de Zetadec qui a fêté son dixième anniversaire à Wageningen, le 5 octobre dernier, lors d’un mini-symposium. « En dix ans, nous avons grandi doucement, mais sûrement », nous explique Oriane Guérin qui souligne la plus grande flexibilité de l’entreprise depuis sa création. La thèse de Menno Thomas portait sur l’influence des process de transformation sur les matières premières contenues dans un granulé (conditions pour obtenir une bonne dureté, durabilité ou granulométrie, importance des protéines, de l’amidon, impact de la quantité d’eau sur les fibres, tests d’extrusion, etc.). « On continue à s’en servir tous les jours et nous avons approfondi ces dix dernières années les hypothèses de cette thèse », lance Oriane au début de notre discussion.

Le travail de Zetadec consiste à comprendre ce qui se passe concrètement au niveau des ingrédients lors de la fabrication d’un aliment, en analysant plusieurs paramètres tels que la température et humidité. Cette caractérisation des particules en fonction des paramètres de fabrication permet d’aboutir à la création de modèles dont le but est de prédire les meilleurs paramètres de production d’une formule et d’optimiser les process de fabrication. « On se met dans la peau du client en lui apportant des solutions réalistes aux questions qu’il nous pose », résume Oriane. Les clients de Zetadec sont principalement des fabricants d’aliment des Pays-Bas, mais aussi d’autres régions du monde comme l’Asie ou l’Afrique du Nord. « Notre objectif est de les aider à produire mieux, plus vite et moins cher », ajoute Oriane qui estime qu’à l’avenir la durabilité des process de fabrication sera davantage prise en compte. Les demandes des clients sont très variées : « Développer un produit avec enrobage d’ingrédients actifs, afin de retarder leur relâchement dans le tube digestif de l’animal, estimer l’élasticité et la masticabilité des granulés, car dureté et durabilité ne sont pas toujours hélas un bon indicateur de qualité des granulés ou encore réaliser des tests de production de granulés afin d’évaluer l’effet de l’ajout d’ingrédients fonctionnels spécifiques. »

Outre son équipe d’experts, l’un des atouts de Zetadec est son laboratoire de recherche. Doté de trois chambres climatiques, ce dernier permet de vérifier les hypothèses de Zetadec en testant la stabilité d’additifs dans des conditions d’humidité et de température différentes. Dans le cadre d’un essai, le laboratoire permet de mesurer la densité, la dureté, la porosité et la granulométrie. Zetadec peut ainsi aider ses clients à optimiser leur process de production ou à conceptualiser de nouvelles lignes de production pour de nouveaux produits, tout en réalisant des tests opératoires, de l’échelle du laboratoire à l’échelle industrielle.

Des pistes d’avenir

Les chantiers qui s’ouvrent pour les dix ans à venir sont multiples pour Zetadec. Les modèles de prédiction pourraient être améliorés en intégrant de nouveaux paramètres comme l’intensité du mixage du conditionneur ou en analysant le comportement de plusieurs ingrédients d’une formule au lieu d’un seul actuellement. « Nous pourrions approfondir nos hypothèses et optimiser nos modèles de prédiction, résume Oriane. Par exemple prédire, avant le broyage, la taille des particules d’un maïs obtenu après le broyage pour un process donné. » Le panel des clients de Zetadec s’est même élargi aux équipementiers avec lesquels l’entreprise travaille de plus en plus en partenariat, pour créer et mettre au point des machines adaptées aux nouvelles attentes des professionnels de l’alimentation animale.

Vue du broyeur du laboratoire de Zetadec.

Vue du broyeur du laboratoire de Zetadec. Crédit photo : Zetadec

« Nous sommes ouverts à de nouvelles collaborations », précise au passage Oriane Guérin qui estime qu’il existe beaucoup de possibilités de développement du côté des technologies. Le traitement des données de production d’une usine d’aliment et l’analyse statistique de ces dernières pour trouver des sources d’amélioration des technologies de fabrication sont également des demandes en pleine croissance de la part des clients de Zetadec. L’entreprise est de plus en plus engagée dans des formations, ces dernières étant destinées tant aux étudiants qu’aux clients eux-mêmes de plus en plus demandeurs, du fait d’un manque de connaissances sur les technologies de l’aliment.

« Dans la nutrition animale, on a accordé jusqu’à présent plus d’importance aux valeurs nutritives des aliments en oubliant les effets des technologies de transformation sur la digestibilité », rappelle Oriane qui estime que davantage de littérature sur ce sujet existe sur le food. « On essaye de faire le lien entre la théorie et la pratique et de combler le fossé existant entre les deux. »

Dans sa présentation faite lors de la cérémonie du dixième anniversaire de la société, Menno Thomas a résumé tous ces challenges des dix ans à venir : « Continuer à développer des projets de recherche et développement et à fournir des services à l’industrie, conseiller les clients par des visites d’entreprise où qu’elles soient dans le monde et les aider à réduire leurs coûts, développer la formation. Outre le feed, Zetadec développe également de plus en plus des activités de recherche et de conseils dans le domaine des fertilisants liquides. Une entreprise du secteur a frappé à la porte de Zetadec pour optimiser son process de fabrication. Une belle façon d’avoir une vision encore plus globale, du sol aux ingrédients alimentaires. »

Philippe Caldier

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