Timab Phosphates : deux nouvelles usines en Espagne

Timab Phosphates vient de rajouter à son périmètre industriel deux nouvelles usines en rachetant l’activité phosphates du groupe espagnol Ercros. Les sites de Flix et Carthagène portent la capacité totale de production de la filiale du Groupe Roullier à 670 000 t et placent Timab Phosphates sur la première marche des opérateurs européens sur le marché des phosphates minéraux.

« Timab Phosphates opère depuis 1976 sur le marché des phosphates alimentaires à partir de son usine de phosphates inorganiques de Saint-Malo qui demeure, à ce jour, la seule usine de phosphates inorganiques en France », rappelle Bruno Vialon, directeur commercial Europe Phosphates. Timab Phosphates est une filiale du groupe familial Roullier, groupe impliqué dans la nutrition végétale, animale et humaine. Si l’activité la plus connue du groupe est la nutrition végétale, sous l’entité Timac Agro qui représente l’activité principale du groupe, Timab Phosphates* de son côté se concentre uniquement sur les marchés de la nutrition animale.

Cinq usines

La force de production de Timab Phosphates est centrée sur l’Europe et le bassin méditerranéen : l’usine de Carthagène. (Crédit photo : Timab)

La force de production de Timab Phosphates est centrée sur l’Europe et le bassin méditerranéen : l’usine de Carthagène. (Crédit photo : Timab)

Après avoir construit en 2003 puis 2008 deux usines à Gabès en Tunisie, le groupe a repris en 2014 les deux sites industriels du groupe espagnol Ercros dédiés à la production de phosphates bicalcique (DCP) et monocalcique (MCP) : à Carthagène (province de Murcie) et Flix (province de Tarragone.) « L’intégration de ces deux usines espagnoles fait partie du plan de développement à l’international de Timab Phosphates, explique Bruno Vialon. Elle s’inscrit dans notre démarche de recherche de partenariats sur le long terme et d’étude de tout projet structurant dans notre filière. » Timab Phosphates complète sa gamme avec des produits de négoce : « Cette activité de négoce s’opère également dans le cadre de partenariats sur la durée : dans notre métier, la constance et le relationnel sont primordiales. »

Saint-Malo, l’usine historique du groupe, produit toute la gamme des phosphates monocalcique, bicalcique anhydre, monobicalcique et deux spécialités : le phosphate magnésien Mag26 et l’innovation Néophos lancée fine 2013. Avec ses 10 références, en tenant compte des granulométries, l’usine de Saint-Malo est la plus complexe. Gabès I et Gabès II sont les plus grosses unités et cumulent une capacité de 270 000 t de production de phosphates monocalcique et bicalcique. Flix est dédiée à la production de phosphate bicalcique dihydraté, et Carthagène de phosphate monocalcique.

L’ensemble des usines est certifié Iso et FCA (Feed chain alliance, ancienne appellation de GMP Ovocom). « Les 2 usines espagnoles étaient déjà Iso et elles ont été certifiées FCA en 2014 pour Carthagène et en octobre dernier pour Flix », précise Karine Le Grand, responsable technique nutrition animale Timab Phosphates.

Avec ces cinq usines, Timab Phosphates s’affiche comme le premier opérateur européen sur le marché des phosphates minéraux avec une capacité de production de 670 000 t et le numéro 3 mondial. Son chiffre d’affaires est de plus 250 millions d’euros, pour un effectif de 250 personnes.

Proximité commerciale et différenciation

Comme Gabès I et Gabès II, de même que Saint-Malo, l’usine de Cartagène est située dans une ville portuaire. Bruno Vialon rappelle aussi que « si la proximité industrielle est nécessaire dans ce marché de produits pondéreux soumis aux contraintes logistiques, la proximité client passe par une proximité commerciale ». Présent dans 90 pays sur tous les continents, Timab Phosphates dispose d’une filiale à Barcelone, Timab Iberica dont Bruno Vialon est le directeur, et de bureaux en Malaisie, au Mexique, aux Émirats Arabes Unis, en Inde, aux États-Unis, etc. « Depuis 2 ans, les métiers de Timab se sont beaucoup spécialisés, explique Karine Le Grand. Les services commerciaux se sont organisés en équipes locales, les services techniques et qualité ont été orientés pour accompagner les produits et les marchés. Cette organisation permet une proximité plus forte avec les clients et un accompagnement technique mieux ciblé. Car si les phosphates sont considérés comme des commodités, notre offre diversifiée nous permet de nous adapter aux problématiques de nos clients, en fonction des espèces qui seront destinataires des produits, ou de leurs spécificités industrielles. »

Autour de Bruno Vialon, directeur commercial Europe Phosphates : à gauche Aziz Jebira, coordinateur qualité international, et Vincent Mallard, chef de marché France, et à droite Jennifer Montignon, responsable de la zone France, et Karine Le Grand, responsable technique nutrition animale.

Autour de Bruno Vialon, directeur commercial Europe Phosphates : à gauche Aziz Jebira, coordinateur qualité international, et Vincent Mallard, chef de marché France, et à droite Jennifer Montignon, responsable de la zone France, et Karine Le Grand, responsable technique nutrition animale.

La création d’un poste de responsable technique nutrition animale en 2011 s’est traduite par la multiplication des études nutritionnelles et qualifications technologiques des gammes destinées aux fabricants de minéraux et fabricants d’aliments composés. « Nous sommes montés en compétences », se réjouit Bruno Vialon. « Le DCP produit à Flix n’est pas exactement le même que le DCP produit à Saint-Malo, illustre par exemple Karine Le Grand. Des différences de process de production permettent au DCP de Flix de présenter un taux de fer très bas, ce qui le rend particulièrement adapté à la nutrition des veaux de boucherie dont on veut contrôler la couleur de la viande. »

À Saint-Malo, Gabès I et II, et Carthagène, la matière première principale est l’acide phosphorique qui arrive sous forme de liquide avant de réagir à l’usine avec une base. L’usine de Flix travaille sur un procédé chlorhydrique, elle est la seule usine de ce type en Europe. « La roche phosphatée broyée y est mise en réaction avec de l’acide chlorhydrique, décrit-elle. Pendant la décantation, la fraction insoluble est retirée et un ajout de calcium permet de faire précipiter le milieu. Après séchage et filtration, le DCP dihydraté présente une grande pureté et une digestibilité améliorée par rapport à un DCP anhydre. Sa présentation en poudre de haute coulabilité garantit l’homogénéité des mélanges. »

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Françoise Foucher

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 692 – décembre 2015

 

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