Tervalis-Global Feed : du phosphate andalou pour le marché français

Le phosphate alimentaire est un indispensable des formules des aliments pour animaux. Depuis quelques années, l’accent est mis sur sa qualité qui doit être irréprochable. Plus précisément, la digestibilité et la biodisponibilité du phosphore ainsi qu’un dosage plus précis, afin d’éviter les surconsommations et les effets sur l’environnement, sont scrutés. Global Feed, marque de la société espagnole Tervalis, produit du phosphate mono et bicalcique dans les règles de l’art. Elle nous a ouvert les portes de son site de production andalou.

Depuis 4 ans, le Groupe Tervalis produit sur le site de Huelva en Espagne, des engrais liquides et granulés, des phosphates monocalciques et bicalciques pour la nutrition animale, et du sulfate de fer monohydraté.

Depuis 4 ans, le Groupe Tervalis produit sur le site de Huelva en Espagne, des engrais liquides et granulés, des phosphates monocalciques et bicalciques pour la nutrition animale, et du sulfate de fer monohydraté.

Huelva est une station balnéaire andalouse, située sur la côte sud atlantique espagnole, à une petite heure en voiture de Séville et non loin de la frontière portugaise. La ville possède de nos jours un important pôle industriel : industries chimiques, raffineries de pétrole, métallurgie du cuivre, transformation de la cellulose et centrales thermiques. Le secteur tertiaire et la pêche industrielle y sont également très importants. C’est dans ce cadre, il y a 4 ans, que le Groupe Tervalis a racheté un site de production d’engrais ayant appartenu à Rhône-Poulenc. S’étalant sur plus de 20 hectares, il a été réhabilité et adapté aux méthodes de production du groupe afin de répondre aux exigences en matière de qualité et sécurité. Le site permet de fabriquer trois types de produits : engrais liquides et granulés, sous la marque Fertinagro, des phosphates monocalciques (MCP) et bicalciques (DCP) pour la nutrition animale, sous la marque Global Feed, et du sulfate de fer monohydraté (à 30 % de fer) sous la marque Minéral Feed. Sergio López, responsable du marché français pour Global Feed : « Ce site nous permet de répondre au besoin du marché phosphate et de compléter l’offre actuelle, en Europe. Nous sommes présents en Espagne et au Portugal, et depuis 2013, en France. Si nous souhaitons rester compétitifs, il faut que notre outil de production permette d’optimiser les coûts logistiques et de fabrication en investissant régulièrement. »

Un site performant

« L’usine offre une capacité de production de 100 000 t/an de MCP et DCP, présente Isabelle Vazquez, responsable qualité du site de Huelva. Aujourd’hui, la production réelle se situe autour de 70 000 à 80 000 t/an. Notre équipe tourne selon un planning s’étalant 7 jours/7 et en 6×4. »

Depuis 2013, l’usine fabrique du sulfate de fer puis, depuis 2015, le phosphate et les engrais liquides et granulés. La zone de process se divise en trois parties, chacune attribuée à un type de produit.

Chaque fabrication, engrais ou phosphate, possède ses propres outils afin d’éviter toutes contaminations croisées. Ici les silos de stockage du phosphate.

Chaque fabrication, engrais ou phosphate, possède ses propres outils afin d’éviter toutes contaminations croisées. Ici les silos de stockage du phosphate.

Les MCP et DCP sont fabriqués à partir d’une réaction entre du carbonate de calcium et de l’acide phosphorique. « Le réseau portuaire important de la ville de Huelva nous permet d’être approvisionnés en matière première rapidement, telle que l’acide phosphorique qui arrive par bateau tous les vingt jours en moyenne. Ce dernier est d’ailleurs garanti pour une utilisation en alimentation animale répondant ainsi à la réglementation en vigueur. »

Le process général est maîtrisé : chaque matière première est dosée et acheminée dans un mélangeur. Après un temps de réaction précis, la matière arrive dans un sécheur où de l’air pur chaud, produit grâce à la combustion de gaz naturel, va permettre son séchage complet. Le temps, les températures intérieure et extérieure, et le taux d’humidité sont contrôlés régulièrement à cette étape. Le produit peut passer dans un refroidisseur si cela est jugé nécessaire, sinon il continue son chemin jusqu’au tamisage. Cette étape permet d’apprécier la future granulométrie souhaitée (semoulette ou poudre). À noter également qu’avant de passer sur le tamis, le phosphate obtenu subit un contrôle électromagnétique permettant d’éliminer toutes les particules métalliques. Le produit final est enfin conditionné et stocké en vrac ou en big-bag puis en sacs selon les demandes.

« Chaque fabrication, engrais ou phosphate, possède ses propres outils afin d’éviter toutes contaminations croisées. Toutes ces machines sont automatisées et contrôlées par un logiciel de production. Sous forme de synoptique, toutes les informations sont répertoriées en salle de contrôles et gérées par ordinateur. Toutes les heures, nous vérifions le taux d’humidité, le pH, la consommation de carbonate de calcium et d’acide phosphorique. En cas de dysfonctionnement, un protocole d’alerte permet d’arrêter tout le process instantanément. La maintenance du site est assurée tous les jours. »

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Caroline Morice

Retrouvez l’intégralité de l’article dans la RAA 692 – décembre 2015

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