Stéphane Michel, directeur général de Talian : « La nouvelle usine va nous apporter plus de souplesse et d'efficacité de production. »

Talian : la passion de l’aliment liquide sur mesure

Créée il y a plus de trente ans, la société Talian a inauguré en août 2017 un nouveau site de production d’aliments complémentaires liquides à Crécy-sur-Serre près de Reims. Un outil qui devrait passer de 20 000 tonnes de production en 2017 à 30 000 tonnes d’ici dix ans.

Franck Fourdrain, responsable technique et commercial : « Les aliments complémentaires liquides apportent de l'énergie sans encombrement. »

Franck Fourdrain, responsable technique et commercial : « Les aliments complémentaires liquides apportent de l’énergie sans encombrement. »

« Les aliments liquides apportent des solutions pour valoriser les fourrages produits sur l’exploitation et nous souhaitons leur redonner une vraie dimension technique. » Ces propos de Franck Fourdrain, responsable technique et commercial arrivé le 1er octobre 2016 au sein de l’entreprise Talian, résume bien la philosophie de l’entreprise. Elle est dirigée depuis septembre 2014 par Stéphane Michel qui nous reçoit dans ses bureaux situés à Reims. Le site de production initial de Talian, basé chez un agriculteur à La Ferté Chevresy dans l’Aisne arrivant à saturation, le groupe coopératif Céréna, l’actionnaire principal et unique de Talian depuis trois ans, décide d’investir dans un nouveau site de production basé à Crécy-sur-Serre, à une soixantaine de kilomètres au nord ouest de Reims. « La nouvelle usine se trouve en plein cœur des sources de matières premières », commente Stéphane Michel. Produisant un peu moins de 20 000 tonnes (t) d’aliment complémentaire liquide par an, Talian arrive en deuxième position sur le marché français des aliments liquides estimé à environ 100 000 t par an.

Une capacité de 30 000 t/an

Construite sur un site vierge, l’usine de Crécy-sur-Serre compte neuf cuves de matières premières (mélasse de canne, solubles de protéines, produits issus de levurerie, etc.) et vingt-quatre cuves de produits finis.

« Les aliments complémentaires liquides sont issus de matières premières non OGM », affirme Franck Fourdrain qui ajoute que les fournisseurs de matières premières doivent obligatoirement être certifiés GMP+ et les transporteurs externes Qualimat. Les aliments sont fabriqués sur une base de mélasse de canne à sucre, associés avec diverses sources de protéines, telles que les solubles de levurerie boulangères, urée alimentaire, mais également des sources énergétiques telles que le glycérol, ainsi que des additifs oligo-vitaminiques et arômes. « Nous travaillons sur d’autres matières premières innovantes comme le sirop de glucose de céréales », ajoute Stéphane Michel, avec comme objectif de diversifier les sources de sucre et de ne pas être trop dépendant de la mélasse. « Le sirop de glucose de céréales apporte de la viscosité, reste compétitif, et il est compatible avec la mélasse de canne », commente Stéphane Michel.

La nouvelle usine de Crécy-sur-Serre a une capacité de production de 30 000 t par an. De 14 500 t en 2014, la production de Talian est passée à 18 500 t en 2016 et elle devrait atteindre 20 000 t en 2017. « Nous sommes sur un marché en développement et nous visons une production de 30 000 t d’ici dix ans », nous confie Stéphane Michel qui ajoute que toutes les formules sont rigoureusement contrôlées suivant un cahier des charges strict, de l’entrée des matières premières à la sortie des produits finis. L’engagement qualité de l’entreprise est une réalité au travers de nombreuses certifications qualités acquises depuis des années. Talian est certifiée GMP+ depuis janvier 2016 et met en place une certification interne dans le cadre HACCP. L’entreprise est par ailleurs en attente d’une certification Oqualim prévue pour décembre 2017, la certification non OGM étant également attendue pour début 2018.

Stéphane Michel, directeur général de Talian : « La nouvelle usine va nous apporter plus de souplesse et d'efficacité de production. »

Stéphane Michel, directeur général de Talian : « La nouvelle usine va nous apporter plus de souplesse et d’efficacité de production. »

Optimiser les formules

De la formule la plus riche en sucres à celle la plus riche en protéines, en passant par des formules équilibrées, l’offre de Talian vise à apporter à la carte suivant les besoins des éleveurs les éléments nutritifs nécessaires au bon fonctionnement du rumen. L’entreprise travaille avec la firme-services Techna pour valider et optimiser ses formules tout en travaillant sur la recherche et développement pour proposer les meilleurs noyaux de prémix. « L’un de nos atouts est notre présence sur le terrain », insiste Franck Fourdrain en relation quotidienne avec une cinquantaine de distributeurs réalisant conseils nutritionnels et appui technique en élevage.

« L’aliment complémentaire liquide dans les rations, selon les formules, apporte de façon simultanée azote soluble et sucres solubles, ayant un vrai effet starter au niveau du rumen », explique Franck Fourdrain qui souligne que l’aliment liquide a de multiples intérêts.

L’aliment complémentaire liquide apporte notamment le complément de sucres nécessaires correspondant aux besoins des animaux. « Une vache laitière a besoin de consommer 1 kg de sucre par jour, et sur ce total 600 à 700 g par jour sont apportés de façon naturelle par les fourrages et les concentrés, la différence étant apportée par l’aliment liquide », explique Franck Fourdrain qui ajoute que les trois formules les plus courantes sont le Protalcanne 40/4 (rations déficitaires en azote dégradable), le Protalcanne 24/18 (pour un apport équilibré de protéines et sucres solubles) et le Protalcanne 13/31 (conseillé dans les rations pour ruminants déficitaires en sucres et énergie).

Pour livrer ses clients, Talian dispose de cinq camions (trois semi-remorques et deux porteurs) pouvant livrer jusqu’à douze formules différentes. « Nous livrons nous-mêmes nos clients dans le Nord-Est, mais nous faisons appel à un transporteur pour les autres régions », précise M. Fourdrain.

Quels sont les projets de l’entreprise ? La mise en place d’un réseau de fermes pilotes devrait permettre d’aller encore plus loin sur le plan technique. Sur le plan commercial, l’entreprise entend se développer dans les Hauts-de-France, en Basse-Normandie, ainsi qu’à l’export, principalement dans le Benelux.

Se différencier techniquement et convaincre les clients restent un challenge quotidien pour Talian. « Notre nouvelle usine va renforcer nos atouts, avec une plus grande variété de formules et plus de souplesse dans l’adaptation de nouvelles formules, tout en nous permettant de travailler plus vite et mieux », conclut Stéphane Michel.

Philippe Caldier

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