De gauche à droite : Catherine Lotte, gérante de l’entreprise, Jacques Lotte, responsable technique chargé des granulés de bois, Sylvie Chapuis, secrétaire comptable, et Jean-François Lotte, responsable production.

Société Lotte : la proximité sur un marché porteur

L’entreprise familiale rhodanienne, placée sur les fonts baptismaux en 1886, fabrique des aliments équins depuis une trentaine d’années. Ses approvisionnements et ses débouchés s’inscrivent dans un périmètre régional porteur.

De gauche à droite : Catherine Lotte, gérante de l’entreprise, Jacques Lotte, responsable technique chargé des granulés de bois, Sylvie Chapuis, secrétaire comptable, et Jean-François Lotte, responsable production.

De gauche à droite : Catherine Lotte, gérante de l’entreprise, Jacques Lotte, responsable technique chargé des granulés de bois, Sylvie Chapuis, secrétaire comptable, et Jean-François Lotte, responsable production.

Gérante de l’entreprise rhodanienne éponyme, Catherine Lotte raconte : « Nous sommes une famille de meuniers : chaque enfant de meunier cherchait à s’implanter. Notre arrière-grand-père l’a fait à la Giraudière (NDLR : commune de Brussieu) : c’était un moulin à eau. » Les aïeux de notre interlocutrice se trouvaient à trois kilomètres de là. La dirigeante poursuit : « Le meunier pratiquait le troc : il achetait des céréales locales et revendait de la farine aux boulangers. Notre grand-père a continué à faire de la farine boulangère. Mais, en plus, il a commencé à écraser des céréales pour les vaches laitières. » En 1963, l’homme disparut alors qu’il avait décidé de construire un bâtiment dédié aux aliments pour animaux : son fils reprit le flambeau. « À l’époque, nous fabriquions beaucoup d’aliments pour vaches laitières mais nous avions la passion des chevaux… » Dans les années 1980, un vétérinaire du nom de Gilles Grosmond demanda à l’entreprise de créer un aliment pour chevaux.

Le dernier collecteur privé du Rhône

Catherine Lotte prit les rênes en 1994. « Notre activité baissait mais je savais que le marché équin représentait un potentiel. » À l’époque, l’entreprise réalisait un chiffre d’affaires de 400 000 euros et employait trois personnes. « Nous avons travaillé notre logo et la qualité des produits. Parallèlement, nous avons développé une gamme importante. » Le fabricant rhodanien revendique vingt-cinq formules, dont dix qui tournent beaucoup. « Nous nous approvisionnons dans un rayon de trente kilomètres : une démarche écologique par laquelle nous offrons des débouchés aux agriculteurs locaux. Nous sommes le dernier collecteur privé du Rhône : notre statut d’entreprise familiale est synonyme de souplesse pour la production et les livraisons. » Il y a environ un an, dans le cadre d’un partenariat avec la Maison François Cholat (lire article RAA 720), la société Lotte a abandonné la production d’aliments destinés aux volailles. « Nous voulions éviter les problèmes d’intrants incompatibles dans la chaîne de production, explique Catherine Lotte. Chacun reste indépendant : nous produisons les aliments équins de la Maison François Cholat. En retour, nous échangeons nos clients agricoles : notre partenaire possède de nombreux magasins mais ne dispose pas de la technicité pour faire de l’aliment équin. En revanche, il est réputé pour les autres espèces. »

Une mise en place progressive

En périphérie de Lyon, dans la Bresse, l’Isère, la Vienne et les pays de Savoie, « les chevaux remplacent les vaches », constate Catherine Lotte. Dans la région, on trouve beaucoup de centres équestres. « Deuxième sport en France en nombre de licenciés derrière le football, l’équitation est devenue une activité populaire. En outre, le cheval est utilisé à des fins thérapeutiques. » À l’échelle de la région Auvergne-Rhône-Alpes, l’entreprise rhodanienne possède une part de marché de 10 % (NDLR : 25 % sur la région lyonnaise) : la marge de progrès est donc significative. Du 31 octobre au 4 novembre, la capitale des Gaules a accueilli Équita’Lyon, salon international du cheval. L’évènement marque la naissance de la gamme Lohla. Celle-ci sera mise en place progressivement : dans un premier temps, les marques des deux entreprises continueront d’exister. Ainsi, du côté de Lotte, floconnés (vrac et sacs), tourteaux (soja, tournesol et colza), huile de colza, graines de lin et son de blé seront toujours de mise. Sans oublier les granulés de céréales. « Par rapport aux céréales broyées, on a une meilleure assimilation dans l’organisme et on limite les risques de mycotoxines : le produit a été testé sur des chèvres et nous le déployons sur les chevaux. » Les projets de Catherine Lotte sont les suivants : « Nous spécialiser dans l’aliment équin et continuer la collecte de céréales : nous pouvons stocker chez Cholat. Par ailleurs, livrer dans un rayon de cent cinquante kilomètres va dans le sens de l’écologie. »

G. Hardy

Inscrivez-vous à la newsletter
gratuite de La Revue de l’Alimentation Animale.